Xiaomi revient sur le marché des tablettes Android avec la Pad 8, une ardoise qui joue clairement dans la cour des grands : écran 11,2 pouces à 144 Hz, Snapdragon 8s Gen 4, châssis tout métal. Le tout pour un prix qui commence sous les 450 euros, soit le prix d’un iPad classique bien moins équipé. Sur le papier, l’équation est séduisante. À l’usage, c’est un peu plus nuancé.

La Xiaomi Pad 8 et son clavier ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
La Xiaomi Pad 8 et son clavier ©Mathieu Grumiaux pour Clubic
Les plus
  • Design premium, finitions de qualité
  • Écran fluide 144 Hz généreux pour le prix
  • Performances solides au quotidien
  • Autonomie excellente, près de 14 heures
  • Rapport qualité/prix difficile à battre sur Android
Les moins
  • Chauffe rapide dès que le processeur est sollicité
  • Audio déséquilibré, saturation dès le volume moyen
  • Publicités omniprésentes dans les apps Xiaomi
  • Recharge lente malgré le 45W annoncé

Xiaomi n’a jamais vraiment quitté le marché des tablettes, mais avec la Pad 8, la marque change clairement de registre. On n’est plus sur une tablette d’entrée de gamme habillée pour faire illusion : le châssis en métal, la dalle haute définition, le processeur haut de gamme : tout ici respire le produit premium.

Alors évidemment, une belle fiche technique ne fait pas tout. J’ai utilisé la Pad 8 pendant une dizaine de jours pour voir ce qu’elle vaut vraiment à l’usage, entre le multimédia, la productivité et le jeu. Et le verdict est globalement positif, avec quelques points qui méritent qu’on s’y arrête.

Test réalisé sur un exemplaire prêté par le constructeur.

Design et fabrication : sobre, solide, mais des haut-parleurs en demi-teinte

La Xiaomi Pad 8 fait partie de ces produits qui font immédiatement bonne impression. Le châssis en aluminium est bien fini, les bords sont nets, l’ensemble inspire confiance, et ce n’est pas qu’une question de regard. En main, ça tient vraiment la comparaison avec ce qui se fait de mieux dans ce segment.

Une tablette qui ressemble à toutes les autres ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Le design est sobre, presque trop sage. On pense forcément à d’autres tablettes en la prenant en main, mais difficile d’en tenir rigueur à Xiaomi : les codes esthétiques du marché sont ce qu’ils sont, et la Pad 8 les applique avec sérieux plutôt qu’avec originalité. Ce n’est pas choquant, juste un peu prévisible.

Les boutons sont bien placés, power en haut, volume sur le côté, et le port USB-C permet une sortie vidéo externe, ce qui est toujours appréciable sur une tablette de ce gabarit. En revanche, pas de microSD et aucune certification de résistance annoncée, deux absences qui peuvent peser selon l’usage. Le poids de 485 grammes ? Honnêtement, ça ne m’a pas posé problème. C’est dans la norme pour une tablette 11 pouces, et on s’y fait rapidement sans ressentir de méchantes douleurs dans les bras après quelques dizaines de minutes d’utilisation. La Xiaomi Pad 8 est disponible en trois coloris : gris, bleu et vert.

Un dos bleu clair très sobre, mis à part le gros bloc photo assez disgracieux ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Le clavier dock mérite qu’on s’y arrête, d’autant que je l’ai eu en main pour ce test. La qualité de fabrication est au rendez-vous : les matériaux inspirent confiance, la frappe est agréable, les touches bien dimensionnées pour un usage quotidien. Sur le papier, la promesse d’une expérience « du niveau de productivité d’un PC » est alléchante. Mais l’absence de trackpad change tout. Sans lui, on se retrouve constamment à lever la main pour toucher l’écran, ce qui casse le rythme dès qu'on essaie de travailler sérieusement. Il faut connecter une souris en Bluetooth, et se promener avec un accessoire dans le sac. Les raccourcis clavier, bien que présents, manquent de cohérence et d’ergonomie. Le résultat est un accessoire agréable pour de la saisie occasionnelle, mais qui ne tient pas vraiment la promesse affichée. Je ne lâcherai pas mon PC pour cette tablette afin d’accomplir une pleine journée de travail.

Le clavier propose une frappe très correcte et peut dépanner en déplacement ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Les quatre haut-parleurs compatibles Dolby Atmos constituent une bonne base pour une tablette orientée multimédia. Pour de la vidéo et des films, les voix sont bien mises en avant et restent intelligibles, ce qui est l’essentiel pour ce type d’usage. Mais dès qu’on monte un peu le volume, les limites apparaissent : les graves manquent clairement, et la saturation s’installe dès le volume moyen. Ce n’est pas catastrophique, mais c’est dommage sur une tablette qui se destine avant tout à la consommation de contenus.

Le mode immersif n’arrange pas vraiment les choses : il accentue le déséquilibre plutôt qu’il ne le corrige, avec des effets spatiaux trop présents et des voix qui passent parfois en retrait. L’égaliseur intégré permet de limiter les dégâts, sans pour autant transformer radicalement le rendu. Pour un usage occasionnel ça passe, mais les plus exigeants iront vite chercher une paire d’écouteurs pour regarder leurs films et séries dans de meilleures conditions.

Le logo est bien là, mais pour le rendu, c'est une autre histoire ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Écran : fluide et généreux, avec quelques limites

L’écran de la Xiaomi Pad 8 est clairement l’un de ses arguments les plus solides. La dalle LCD 11,2 pouces affiche une définition de 3 200 x 2 136 pixels pour une densité de 336 PPI : c’est piqué, c'est propre, et le taux de rafraîchissement de 144 Hz se ressent vraiment à l’usage. La fluidité est là, que ce soit en navigation, en scroll ou en jeu. Ce n’est pas qu’une valeur sur la fiche technique.

Oui, c'est du LCD, pas de l’OLED. Certains concurrents proposent des noirs plus profonds et des contrastes plus marqués. Mais à ce prix et pour cet usage, multimédia, lecture, productivité, l’absence d’OLED n'est pas une frustration, plutôt un compromis. D’autant plus que la dalle est lumineuse, les couleurs sont bien rendues, et la compatibilité HDR10 et Dolby Vision fait son travail sur la plupart des contenus.

Des couleurs parfois un peu trop flatteuses, mais un écran qui fait plus que le job ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Le HDR reste cependant moyen dans les faits, et la luminosité maximale autour de 800 nits manque un peu d’ambition pour vraiment convaincre sur des contenus à fort contraste. L’autre point faible, c’est l’absence de traitement antireflet : en intérieur, ça ne pose pas vraiment de problème, mais en extérieur ou sous une lumière directe, les reflets se font vite envahissants.

Performances: de la puissance sous le capot, mais une chauffe à surveiller

Le Snapdragon 8s Gen 4 embarqué dans la Pad 8 ne rigole pas. Les benchmarks Geekbench le confirment : 2067 en single-Core et 6235 en multi-core, soit des scores qui se situent dans le haut du panier pour une tablette Android. Côté GPU, l’Adreno 825 affiche 13 411 points en OpenCL et 18 457 en Vulkan, avec un score Wild Life Extreme à 4100. Sur le papier, c’est solide.

À l’usage quotidien, ça se ressent. HyperOS tourne avec une fluidité sans accroc, les applications s’ouvrent instantanément, le multitâche passe sans broncher. La puissance est là et elle se manifeste dès les premières minutes d’utilisation. Pour de la navigation, de la lecture, de la vidéo ou de la productivité avec le clavier dock, la Pad 8 ne se fait jamais prendre en défaut.

Là où ça se complique, c’est dès que le processeur est vraiment sollicité. La chauffe arrive vite, et pas uniquement en jeu : une session d’export, un téléchargement en arrière-plan combiné à une utilisation active, et la tablette monte en température de façon perceptible. La dissipation thermique est clairement le talon d’Achille de la machine. Xiaomi propose bien un mode Game Turbo pour optimiser les performances en jeu, mais à l’usage, la différence reste difficile à percevoir concrètement.

©Mathieu Grumiaux pour Clubic

En jeu, le constat est similaire. Genshin Impact tourne principalement en réglages élevés à 30 FPS, ce qui reste la norme sur ce type de matériel. Passer à 60 fps est possible, mais les saccades apparaissent assez vite, vraisemblablement liées à la montée en température. Sur de longues sessions, c’est gênant et ça nuit réellement au confort de jeu.

Sur la photo, soyons brefs. Soyons honnêtes : personne n’achète une tablette pour faire de la photo. La Xiaomi Pad 8 embarque un capteur arrière de 13 Mpx et un capteur frontal de 8 Mpx, et ça fait le travail pour ce qu’on attend d’une tablette. Les clichés sont corrects en bonne lumière, avec une tendance à la sur-saturation sur les couleurs vives. La vidéo monte jusqu’en 4K à 30 fps, le microphone est moyen. Pour de la visio ou un usage ponctuel, c'est suffisant. Pour le reste, votre smartphone fera toujours mieux.

C'est un peu cramé, mais le bloc photo peut dépanner ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Logiciel et IA : HyperOS est séduisant, la publicité beaucoup moins

La Xiaomi Pad 8 tourne sous Android 16 avec HyperOS 3, et après de nombreuses tablettes développées, on sent que le constructeur maitrise son sujet. L’interface est fluide, clairement optimisée pour le grand écran : dock permanent en bas, fenêtres flottantes, gestion du multitâche pensée pour le format tablette. On sent que Xiaomi a fait un vrai travail d’adaptation, et ça se voit. Avec le clavier, l’ensemble tient la route pour de la productivité légère. Ce n’est pas une expérience PC, mais ça s’en approche suffisamment pour être utile au quotidien.

L'habituel mode multi-fenêtres pour l'utilisation bureautique : c'est fluide, ça marche ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Le bémol, c’est que HyperOS assume très clairement ses inspirations. Le dock, les icônes, le système de notifications, les gestes de navigation… tout cela rappelle très fortement iPadOS. Trop, parfois. Ce n’est pas rédhibitoire, et l’exécution est soignée, mais on aurait aimé que Xiaomi y insuffle un peu plus d’identité propre.

Un peu de personnalité ne ferait pas de mal ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Là où ça se gâte vraiment, c’est du côté des applications préinstallées. Lecteur de musique, gestionnaire de fichiers, navigateur, nettoyeur… pratiquement toutes affichent des publicités en plein écran, souvent au pire moment. Ce n’est pas un détail agaçant qu’on finit par ignorer : ça coupe réellement l’expérience, et ça tranche sévèrement avec les ambitions premium du reste de la machine. Pour un produit vendu à ce prix, c'est difficile à avaler. À cela s’ajoutent des demandes d’autorisation de données en rafale à la première utilisation de chaque app. C'est casse-pieds, même si c'est au final une bonne chose pour la vie privée : autant être informé de ce qu'on accepte ou non.

L’IA s’insère dans les notes pour rédiger des documents ou retravailler ces textes. Classique. ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

L’IA HyperAI, accessible via un compte Xiaomi, propose un ensemble de fonctions aux résultats variables. La rédaction assistée en français fonctionne bien, l’effaceur IA pour les photos est efficace pour des taches simples, et le redimensionnement intelligent fait son travail. En revanche, la fonction Art IA, qui permet de créer des images d'un prompt à la manière d'un Image Playground chez Apple, peine à convaincre avec un style très marqué, et l’amélioration HD reste en deçà des attentes.

Un éditeur d’images franchement gadget que l’on ouvre une fois, puis que l'on oublie ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

L’intégration de Gemini ne change pas vraiment la donne : on reste au niveau d’un assistant basique, sans réelle valeur ajoutée par rapport à ce qu’on trouve ailleurs. Un bilan en demi-teinte, à l’image de beaucoup de suites IA constructeur : quelques outils plutôt utiles, d’autres qui font surtout de la figuration sur la fiche technique. On les oublie rapidement pour utiliser un Gemini ou un ChatGPT à la place.

Autonomie et recharge : une endurance remarquable, une charge décevante

La batterie de 9 200 mAh tient ses promesses. En lecture et usage multimédia prolongé, la Pad 8 a tenu près de 14 heures lors de nos tests, ce qui est un excellent résultat pour une tablette de cette catégorie. Xiaomi propose également un mode endurance activé par défaut, ainsi qu’un blocage de charge à 80 % pour préserver la batterie sur le long terme. Des options appréciables pour les utilisateurs qui gardent leur tablette branchée une bonne partie du temps.

La Xiaomi Pad 8 est une tablette très endurante au quotidien ©Mathieu Grumiaux pour Clubic

Là où le bât blesse, c’est à la recharge. Malgré la compatibilité 45W annoncée, récupérer 50 % de batterie demande plus de deux heures. C'est long, vraiment long, et ça contraste avec ce qu’on attend d’une charge rapide en 2026. Pour un usage intensif, cela peut devenir contraignant.

Conclusion
Note générale
7 / 10

La Xiaomi Pad 8 est une très bonne tablette, et elle le prouve à presque chaque étape du test. L'écran est fluide et généreux, les performances sont solides, le design inspire confiance, et l'autonomie est franchement remarquable pour le format. À moins de 450 euros pour la version d'entrée de gamme, difficile de trouver une proposition aussi complète sur le marché Android. Pour les budgets qui veulent du premium sans en payer le prix fort, elle coche la quasi-totalité des cases.

Évidemment, tout n'est pas parfait. La chauffe est le défaut le plus concret, celui qui se ressent vraiment à l'usage intensif et qui plombe l'expérience en jeu. L'audio, malgré quatre haut-parleurs et le badge Dolby Atmos, manque d'équilibre et sature trop vite. Et la recharge, malgré le 45W annoncé, prend un temps déconcertant. Mais ce sont des défauts avec lesquels on peut composer. Ce qui est plus difficile à avaler, c'est l'expérience logicielle polluée par les publicités omniprésentes dans les applications Xiaomi. Sur une tablette à ce niveau de finition, ça fait tache.

La Xiaomi Pad 8 n'est pas une tablette parfaite, mais c'est une tablette honnête, puissante et bien construite, qui offre un rapport qualité/prix difficile à ignorer. Les utilisateurs prêts à faire le ménage dans les apps préinstallées et à accepter quelques compromis thermiques trouveront ici une ardoise tout à fait recommandable.

Les plus
  • Design premium, finitions de qualité
  • Écran fluide 144 Hz généreux pour le prix
  • Performances solides au quotidien
  • Autonomie excellente, près de 14 heures
  • Rapport qualité/prix difficile à battre sur Android
Les moins
  • Chauffe rapide dès que le processeur est sollicité
  • Audio déséquilibré, saturation dès le volume moyen
  • Publicités omniprésentes dans les apps Xiaomi
  • Recharge lente malgré le 45W annoncé
Sous-notes
Design et fabrication
8
Écran
8
Performances
8
Logiciel et mises à jour
7
Photo et vidéo
7
Autonomie
7

Fiche technique Xiaomi Pad 8

Résumé
ProcesseurSnapdragon 8s Gen 4
Mémoire vive (RAM)8Go
Type d'écranLCD tactile
Type de DalleIPS
Taille d'écran11.2 pouces
Mémoire interne128Go
Système d'exploitation
Système d'exploitationAndroid
Version du système d'exploitation16
Surcouche AndroidHyperOS 3
Assistant vocalGemini
Performance
ProcesseurSnapdragon 8s Gen 4
Nombre de cœurs CPU8
Fréquence CPU3.21GHz
Mémoire vive (RAM)8Go
Affichage
Type d'écranLCD tactile
Type de DalleIPS
Taille d'écran11.2 pouces
Définition d'écran2136 x 3200 pixels
Stockage
Mémoire interne128Go
Stockage externeAucun
Batterie
Autonomie14h
Batterie amovibleNon
Capacité9200 mAh
Charge rapideOui
Recharge sans-filNon
Appareil photo
Caméra8 Mpx, 13 Mpx
Nombre de capteurs2
Flash arrièreOui
Stabilisation d'imageÉlectronique
Connectivité
Wi-FiOui
Norme Wi-FiWi-Fi 7
BluetoothOui
Norme BluetoothBluetooth 5.4
Compatible réseau cellulaireSans SIM
Équipement
Connecteurs disponiblesPort USB-C
Nombre haut-parleur4
AccéléromètreOui
Caractéristiques physiques
Hauteur251.2mm
Largeur173.4mm
Profondeur5.75mm
Poids485g
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