Après le Plaud Note il y a un an et demi puis le NotePin à l’IFA 2025, Plaud revient avec un Note Pro qui pousse le concept à son maximum : 2,99 mm d’épaisseur, écran AMOLED, quatre micros MEMS et application Plaud 3.0 enfin multimodale. Vendu 189 €, il vise les pros qui vivent en réunion.

Prendre des notes en réunion, c’est un peu comme essayer de remplir une baignoire avec une cuillère : on en perd toujours plus qu’on en garde. La promesse de Plaud, depuis le tout premier Note, c’est justement de supprimer cette corvée et de laisser une IA s’en occuper pendant qu’on se concentre sur la conversation. Sauf qu’entre la promesse marketing et la réalité du quotidien, il y avait encore une marge. Le NotePin avait déjà comblé une bonne partie du fossé l’an dernier ; reste à voir si ce Note Pro, vendu plus cher et présenté comme la version « pro », justifie vraiment son prix.
- Format carte bancaire bluffant
- Quatre micros au top, même en environnement bruyant
- Écran AMOLED utile
- Bouton « highlight » qui change la prise de notes
- Application Plaud 3.0 multimodale (photos, notes, tags sur la timeline)
- Détection automatique appel/réunion sans manipulation
- Abonnement quasi obligatoire pour un usage régulier
- Application encore perfectible côté ergonomie
Format carte bleue, écran AMOLED : le hardware monte d’un cran
Sur les deux précédents Plaud, le format faisait déjà office d’argument de vente. Le Note Pro va plus loin : une carte bancaire de 2,99 mm pour 30 grammes sur la balance, une coque en aluminium texturé qui sent immédiatement le produit fini, loin du gadget en plastique.
La vraie nouveauté par rapport au Note et au NotePin tient à un petit écran AMOLED logé en partie haute. Il n’est pas tactile, et c’est tant mieux : il se contente d’afficher l’essentiel (durée, heure, batterie) et fait apparaître un waveform discret pendant la captation. Là où la minuscule LED rouge du NotePin laissait toujours planer un doute, le Note Pro tranche net.
Côté commande, choix radical : un seul bouton physique. Pression longue pour démarrer ou arrêter l’enregistrement, pression brève pour marquer un « highlight » dans la timeline. Basique comme dirait Orelsan, mais probablement la meilleure idée d’ergonomie de toute la gamme : un simple tap pose un repère qu’on retrouve directement dans la transcription. Pour quiconque mène des interviews, le détail change la donne.
La recharge passe par un connecteur magnétique propriétaire plaqué au dos. Faute d’épaisseur, l’USB-C n’a pas pu être intégré : c’est à peu près la seule vraie concession sur le hardware. Plaud livre heureusement un étui MagSafe pour coller le Note Pro au dos d’un iPhone, ou de n’importe quel smartphone via un anneau magnétique adhésif fourni.
Quatre micros MEMS : la captation passe un cap
C’est là que le Note Pro creuse le plus l’écart avec ses prédécesseurs. Plaud passe de deux à quatre micros MEMS et annonce une portée de 5 mètres en mode performance (contre 3 mètres sur le Note et le NotePin), le tout épaulé par un beamforming acoustique qui sait isoler la voix principale du brouhaha. Sur le papier ça promet, à l’usage ça tient.
L’appareil a été poussé dans tous les contextes. En réunion d’équipe à huit, personne n’a été oublié, même ceux qui parlaient doucement à l’autre bout de la table. En open space, le bruit de fond reste sagement en arrière-plan. Le test le plus parlant restera celui de l'interview en anglais dans les allées d'un salon (le MWC à Barcelone) : malgré le brouhaha ambiant, tout a été correctement retranscrit.
Mention spéciale aussi pour la captation en appel. Une fois le Note Pro collé au dos du smartphone, un capteur d’orientation interne distingue la position verticale (appel) de l’horizontale (réunion) et bascule tout seul sur le bon mode, là où il fallait switcher manuellement sur le Plaud Note original. Seul bémol : la captation d’appel ne fonctionne ni avec casque ni avec écouteurs, il faut passer en haut-parleur.
L’autonomie est au niveau : 30 heures en haute qualité, 50 heures en mode endurance, et l’appareil tient la distance. Une session de plus de trois heures passe sans alerte, et les 64 Go internes avalent une trentaine d’heures avant synchronisation.
Plaud 3.0 : la vraie révolution se joue dans l’application
Le hardware est solide, mais ce qui change vraiment la donne, c’est la nouvelle application Plaud 3.0. Là où le Note et le NotePin se contentaient de retranscrire et résumer, le Note Pro entre dans une autre dimension.
Premier vrai saut : le multimodal. Pendant un enregistrement, il devient possible de prendre une photo (un schéma au tableau, une slide), de saisir une note ou d’ajouter un tag, et tous ces éléments viennent se fixer sur la timeline à la seconde près. Au moment de la synthèse, l’IA les replace dans le contexte. Résultat : plus de transcription plate, mais un compte rendu enrichi proche de ce qu’on aurait pris à la main, mieux structuré.
Deuxième nouveauté marquante : « Ask Plaud », un moteur de recherche conversationnel qui pioche directement dans nos enregistrements. Une question du type « qu’est-ce qu’untel a dit sur le budget Q2 ? » suffit à ramener le passage exact avec son horodatage. Pour un journaliste qui cherche une citation dans une interview de 90 minutes, le gain de temps est énorme : plus besoin de réécouter, il suffit d’interroger l’IA comme un assistant qui aurait écouté à votre place.
L’identification automatique des intervenants a aussi fait un bond : le Note Pro segmente la discussion en temps réel et attribue chaque réplique au bon locuteur avec une précision étonnante. Précieux lors d’une réunion à six ou huit voix.
Pour la mise en forme, Plaud annonce plus de 10 000 templates : compte rendu de réunion, fiche médicale, résumé exécutif, extraction de décisions… avec la possibilité de créer son propre modèle. La carte mentale automatique, déjà présente avant, reste un excellent outil pour clarifier une discussion qui part dans tous les sens.
L’IA s’appuie désormais sur GPT-5.2, Claude Sonnet 4.5 et Gemini 3 Pro, ce qui reste suffisamment rare à ce niveau de gamme pour mériter d’être souligné. Sur les 112 langues prises en charge, la transcription tient du sans-faute ou presque ; les rares erreurs concernent surtout les acronymes maison et les passages où un interlocuteur avale ses mots. L’ergonomie n’est pas parfaite (quelques flottements dans les menus, certaines fonctions un peu enterrées), mais la 3.0 marque très clairement un saut générationnel.
Prix et abonnements : le ticket d’entrée monte un peu
Le Plaud Note Pro est vendu 189 € sur le site de la marque, une vingtaine d’euros de plus que le Note et le NotePin. Comme avant, l’achat donne accès à un plan Starter gratuit avec 300 minutes par mois : correct pour découvrir, mais vite plafonné dès un usage sérieux.
Au-dessus, deux abonnements : Pro à 110,99 €/an (1 200 min par mois) ou 19,99 €/mois, et Unlimited à 224,99 €/an ou 34,99 €/mois pour du volume sans plafond.
| Fonctionnalité | Starter | Pro | Unlimited |
| Prix mensuel | 0 € | 19,99 €/mois | 34,99 €/mois |
| Prix annuel | 0 € | 110,99 €/an (9,2 €/mois) | 224,99 €/an (18,7 €/mois) |
| Minutes de transcription IA / mois | 300 min | 1 200 min | Illimitée |
À noter qu’il est aussi possible d’acheter des minutes à l’unité sans engagement, pratique pour les utilisateurs occasionnels qui ont besoin d’un coup de pouce ponctuel.
Côté connectique, Bluetooth 5.4 pour le pilotage, Wi-Fi pour la synchro cloud, et compatibilité Find My pour retrouver l’appareil en cas d’oubli — réservée à Apple comme sur le NotePin, ce qui reste dommage pour Android.
Plaud Note Pro : l’avis de Clubic
Le Note Pro ne réinvente pas Plaud, il en livre la version la plus aboutie. Le hardware force le respect, l'écran AMOLED règle le flou ergonomique du NotePin, le bouton « highlight » est une excellente idée et les quatre micros mettent un sérieux coup à la concurrence en milieu bruyant. Mais c'est surtout l'application Plaud 3.0 qui justifie l'évolution : multimodal, recherche conversationnelle, identification fine des intervenants… le Note Pro inaugure une vraie nouvelle génération d'enregistreurs IA.
À 189 €, ce n'est pas donné, et l'abonnement reste quasi obligatoire pour un usage régulier. Mais pour un journaliste, un consultant, un médecin ou un avocat qui doit transformer la parole en texte exploitable, c'est aujourd'hui ce qu'il y a de plus efficace sur le marché. Le Note avait ouvert la voie, le NotePin avait posé le format wearable ; le Note Pro range tout cet héritage dans un objet d'une maturité qu'aucun concurrent n'égale encore.
- Format carte bancaire bluffant
- Quatre micros au top, même en environnement bruyant
- Écran AMOLED utile
- Bouton « highlight » qui change la prise de notes
- Application Plaud 3.0 multimodale (photos, notes, tags sur la timeline)
- Détection automatique appel/réunion sans manipulation
- Abonnement quasi obligatoire pour un usage régulier
- Application encore perfectible côté ergonomie
