Vodkaster se lance dans le stockage et le visionnage de DVD à distance

Par
Le 06 mai 2014
 0
Le réseau social Vodkaster, centré sur le cinéma, ajoute une nouvelle corde à son arc : la plateforme propose désormais de stocker les DVD de ses membres pour leur permettre de les visionner à distance via ses serveurs. Une proposition ambitieuse, mais qui se limite aux grosses connexions.

00fa000007341868-photo-vodkaster.jpg
Lancé en 2009, Vodkaster a tout d'abord été une plateforme de visionnage de bande-annonces, avant de devenir en 2011 un réseau social de micro-critiques de films, sur un modèle proche de celui de Twitter. A partir du 6 mai, le service évolue à nouveau pour proposer à ses utilisateurs de convertir leurs DVD physiques en contenu dématérialisé, mais pas seulement.

Le goût du DVD dématérialisé

Prenons un exemple : vous avez énormément de DVD de films et de séries chez vous, et peu de place. La proposition de Vodkaster consiste à stocker vos DVD dans ses entrepôts, mais de les laisser à votre disposition, quand vous le souhaitez, via une plateforme de visionnage en streaming : toutes les fonctionnalités de vos DVD sont accessibles à distance sur PC, smartphone ou tablette, du film aux bonus en passant par les pistes audio. Les DVD continuent d'exister et de vous appartenir, seulement, ils ne sont plus chez vous. Et quand vous souhaitez vous en séparer définitivement, vous pouvez les vendre à d'autres utilisateurs, toujours via Vodkaster.

L'envoi des DVD se fait gratuitement via l'un des 4 500 Points Relais partenaires, dans toute la France. Vodkaster va même jusqu'à fournir une vignette d'envoi prépayée : le service, lui, se rémunère principalement grâce aux transactions réalisées entre ses utilisateurs qui se revendent des DVD d'occasion, à hauteur de 99 centimes par galette vendue. Quand on sait que le prix minimum de vente d'un DVD, commission incluse, est de 1,99 euro, cela signifie que le service peut ponctionner jusqu'à 50% du prix de revente d'un disque "modeste".

01f4000007341870-photo-vodkaster.jpg

Pour l'utilisateur, le service est donc synonyme de gain de place dans les étagères, parfois remplies de DVD pas ou peu visionnés. "C'est un format sur le déclin, qui est presque périmé" estime Cyril Barthet, le président de Vodkaster. "L'obsolescence technique ne doit pas pénaliser le spectateur qui a déjà lourdement investi pour bâtir sa collection de DVD. Notre offre redonne de l'usage aux supports dans l'univers numérique." Pour Cyril Barthet, tout le monde est gagnant, y compris les ayants-droit qui "sont heureux de voir une initiative visant à vendre leurs supports". De plus, contrairement à la revente d'occasion traditionnelle, les éditeurs touchent, ici, une part du gâteau. "Nous négocions actuellement avec les ayants-droit pour mettre en place des partenariats et partager la commission sur les ventes" explique Cyril Barthet. De cette manière, Vodkaster espère étoffer son offre, et notamment proposer différents types de qualité de lecture des DVD, pour s'adapter à tous les types de débits Internet.

Grosse bande passante requise

Car si la société ne s'étend pas sur la technologie mise en place pour streamer les DVD - on sait juste que le lecteur VLC fait partie de l'équation, le reste est un mystère de la R&D - le service vise principalement, pour l'heure, " les internautes disposant du très haut débit ". A défaut d'avoir la Fibre, il faut disposer d'une très bonne connexion ADSL pour espérer streamer ses DVD dans de bonnes conditions, c'est-à-dire sans avoir à attendre 5 minutes que le film ne se lance ou prenne en compte un changement de chapitre. "Avant de vendre un film, on propose à l'internaute de tester sa connexion pour s'assurer qu'il pourra le lire. On ne veut pas le léser" assure Cyril Barthet. De même, si l'application Android bénéficiera d'une mise à jour d'ici à la fin de la semaine, il ne faut pas espérer visionner des films via son smartphone ou sa tablette autrement qu'en WiFi sur une très bonne connexion.

Les limites par rapport à un service de VOD plus classique sont donc conséquentes, mais elles sont assumées : Vodkaster se défend d'ailleurs de proposer un nouveau service de vidéo à la demande. "On vend des DVD qui sont lus à distance, la logique est très différente." De même, l'utilisateur n'a pas d'abonnement à payer, et il est libre de fermer son compte lorsqu'il le souhaite, après avoir vendu tous ses films ou demandé leur restitution physique - un procédé qui peut néanmoins s'avérer coûteux puisque Vodkaster facture les frais d'envoi.

01f4000007341872-photo-vodkaster.jpg

Bien qu'ambitieux, le service va devoir prouver à des adeptes potentiels sa capacité à offrir un service fiable et pérenne. "Nous sommes au début d'une aventure" assure le PDG de la plateforme, qui espère recruter 100 000 utilisateurs en un an, et faire grossir le catalogue de films proposés de plusieurs centaines de milliers de titres d'ici à la fin de l'année.

A partir de mardi 6 mai à 17h, la page de dépôt de Vodkaster sera activée pour permettre aux internautes de télécharger un bordereau qui leur permettra d'envoyer leurs DVD via un Point Relais partenaire du service, et le site bénéficiera également d'une grosse refonte. Pour la suite, ce sera aux utilisateurs de juger si leurs DVD sont mieux loin de chez eux...
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
scroll top