NTT Docomo promet une 5G à 1 Gb/s pour 2020

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Le 02 octobre 2013
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Cap sur le Gb/s ? Au Ceatec, l'opérateur NTT Docomo illustre sa vision de ce que sera la téléphonie 5G, capable de délivrer plus vite et à une population toujours plus importante des contenus à très -mais vraiment très - haut débit.

Entre deux présentations de lunettes intelligentes, NTT Docomo a dévoilé lors du salon Ceatec de Tokyo sa vision de ce que pourrait être, d'ici 2020, l'avenir du très haut débit mobile. En attendant les fatidiques étapes de la certification au niveau international, les spécialistes du réseau parlent de téléphonie mobile de cinquième génération, soit 5G, avec la promesse de débits pouvant atteindre, voire dépasser, le seuil du Gb/s. Il s'agirait donc de multiplier par un facteur 10 les débits promis par la 4G, alors que cette dernière éclot à peine en France.

Comme tous les acteurs concernés, équipementiers et autres opérateurs, Docomo constate que le modèle d'une unique antenne chargée d'alimenter des centaines, voire des milliers d'usagers, en bande passante, a fait son temps, et ce même si l'essor des technologies dites 4G, LTE ou LTE-Advanced, autorise une bouffée d'air frais temporaire. La proposition va de soi : si puissant que soit le débit proposé par une antenne, celle-ci partage ses capacités entre tous les téléphones mobiles qu'elle alimente et comme le nombre de smartphones connectés à Internet ne cesse d'augmenter, l'expérience finit mécaniquement par se révéler décevante.

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En 3G ou 4G, la congestion des antennes est inévitable...

Au Ceatec, Docomo a confirmé qu'il envisageait donc la prochaine évolution majeure de la téléphonie mobile comme une refonte de ce modèle suivant les préceptes déjà défendus par des acteurs comme Huawei (équipementier chinois) ou Samsung (Corée du Sud).

Dans cette nouvelle configuration, on conserverait bien le principe d'une antenne relais centrale chargée de distribuer la bande passante, mais celle-ci ne parlerait plus directement aux terminaux clients : entre les deux se situerait un réseau d'antennes intermédiaires, situées à chaque carrefour, voire dans chaque immeuble d'un grand centre urbain. Les capacités réseau de l'antenne centrale seraient ainsi partagées entre ses différents relais, qui se chargeraient ensuite de les redistribuer aux mobinautes situés dans leur environ immédiat.

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...d'où cette idée d'ajouter un maillon supplémentaire à la chaîne...

Pour augmenter significativement les débits entre les différents maillons de la chaîne, Docomo imagine monter très haut en fréquence, dans cette zone du spectre aujourd'hui occupée essentiellement par les spécialistes du satellite où l'on peut demander à réserver de très larges canaux. Problème : ces très hautes fréquences subissent une très forte atténuation et sont difficiles à faire voyager sur de longues distances au niveau du sol, sans même parler de pénétrer à l'intérieur des bâtiments. Le réseau maillé, avec des antennes situées au plus près de l'utilisateur, permettrait toutefois de répondre à cette problématique, tout en résolvant celle de l'engorgement que l'on connait aujourd'hui sur les antennes mobiles en zone dense.

Une fois finalisé, le dispositif permettrait selon Docomo de servir des capacités jusqu'à mille fois supérieures à celles des réseaux actuels tout en proposant des débits de dix à cent fois plus rapides. Soit 1 Gb/s pour commencer, et pourquoi pas jusqu'à 10 Gb/s quelques années plus tard.

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...qui sur de très hautes fréquences permettrait de faire décoller capacité et débits.

Encore faut-il que les nombreux industriels concernés et les différentes instances de régulation s'entendent sur les modalités de mise en oeuvre, ce qui risque de prendre quelques années. L'opérateur japonais fixe toutefois le cap vers 2020, en rappelant qu'il ne faut pas plus de quatre ou cinq pour qu'une nouvelle génération de réseaux mobiles voie le jour après que ses spécifications ont été arrêtées. Si l'on s'en réfère au calendrier français, au sein duquel la 3G a été lancée en 2004, neuf ans que n'arrive la 4G, la cinquième génération serait donc pour 2022 ou 2023.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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