Premier succès pour le Parti pirate en Islande, et ailleurs ?

Ludwig Gallet
30 avril 2013 à 19h11
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Le Parti pirate a fait son entrée au sein du parlement islandais. Une première mondiale, qui sonne comme une véritable victoire pour la très jeune formation politique. Reste à savoir si la formation dispose d'une véritable assise dans le monde entier.

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Le Parti pirate a placé trois de ses candidats au parlement islandais. Une première mondiale, alors que la mouvance est tout juste naissante, n'ayant que quelques années derrière elle. Une victoire qui, couplée à celles obtenues en Allemagne et en Suède, ne suffit pas à masquer le manque de représentativité auquel il est confronté partout ailleurs dans le monde.

Le parti pirate dans un parlement national : une première mondiale



Jamais la formation n'avait réussi à faire entrer l'un de ses candidats et sous son étiquette au sein d'un parlement d'Europe ou même mondial. Voilà pourquoi ce qui vient de se passer en Islande est qualifié « d'historique » pour ses dirigeants. Un grand « Merci » trône donc sur la couverture de la page Facebook du parti. Trois députés siègent désormais au parlement islandais, sur un total de 63 élus. Le mouvement a obtenu 5,1% des suffrages au total, tout juste au-delà de la barre fatidique des 5% permettant d'être représenté.

Il faut dire que la mouvance des Partis pirates n'est que très récente. La première formation politique, le Piratpartiet, est né en Suède en 2006. Depuis lors, on peut estimer le nombre de « formations pirates » entre 50 et 60 dans le monde. Sauf qu'il est important d'apporter une nuance. Parce qu'il y a plusieurs degrés d'affiliation au mouvement.

On observe dans un premier temps les « partis pirates ordinaires », qui se sont notamment engagés à adhérer aux statuts récemment élaborés. Le tout afin de tenir un message le plus cohérent possible. A en croire le site internet du Parti Pirate International (PPI), l'organisation regroupe à ce jour 42 mouvements, dont le PPF (la celluele française).

La Suède et l'Allemagne, autres “modèles” des pirates



Reste qu'il est confronté à un réel problème de représentation. Il dispose souvent de moyens plus que limités. Avant l'Islande, le Parti pirate avait connu des victoires politiques en Suède et en Allemagne (Piratenpartei Deutschland), deux pionniers du mouvement.

En Suède, il a ainsi obtenu deux sièges de députés européens, à Strasbourg. La prise de fonction de la très jeune Amelia Andersdotter avait assez largement été relayée dans les médias. Rappelons tout de même que l'élue est à la base affiliée au Groupe des Verts/Alliance libre européenne.

En Allemagne, c'est au parlement local du Land de Berlin que le parti a obtenu en 2011 un succès électoral. Il avait tout de même obtenu 8,9% des suffrages lui attribuant 15 sièges. Des performances que la formation s'est montré capable de réitérer en obtenant en 2012 20 sièges au parlement local du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dont le siège se trouve à Düsseldorf. Dix autres parlementaires régionaux ont également été élus cette année-là, portant le total à 45.

En République Tchèque, le mouvement avait également réussi à faire élire l'un des candidats qu'il soutenait au Sénat. Sauf qu'il était à la base étiqueté indépendant et n'avait été soutenu qu'en cours de campagne.

Quelques élus locaux ailleurs dans le monde



Mis à part ces quatre cas, le parti pirate n'a pas réellement glané de victoire électorale d'importance. Il compte en revanche plusieurs conseillers municipaux dans moins d'une dizaine de pays.

Le cas de la France est intéressant. le Parti peine à se structurer et à convaincre un électorat nombreux. Aux dernières législatives, il avait ainsi présenté 101 candidats, pour aucun élu. Suite au scrutin, deux de leurs candidats s'étaient fait entendre en déposant un recours auprès du Conseil Constitutionnel, réclamant l'annulation des élections pour cause d'irrégularités, principalement liées au processus de vote électronique. Fin février, le Conseil Constitutionnel avait finalement validé le scrutin.

C'est bien en Europe que les partis pirates se montrent les plus actifs. Sur tous les autres continents, il existe au moins un mouvement pirate affilié au PPI. En Afrique, il n'est officiellement présent qu'en Tunisie. Le Maroc compte lui aussi une formation active, mais pas enregistré. Il est également actif sur la quasi-totalité du continent américain, nord et sud compris. Reste que seul le Canada dispose d'un parti officiellement affilié au PPI, sans pour autant être parvenu à glaner des élus. Le même constat s'observe en Asie.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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