SCO Group, la bête noire du monde Linux, n’est plus

01 juin 2018 à 15h36
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Incapable de rembourser ses dettes, le « patent troll » SCO Group a finalement déclaré faillite. Spécialisé dans l'acquisition de brevets informatiques, il vivait de la concession de ses licences et des dommages et intérêts réclamés lors d'innombrables procès.

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Finalement, SCO Group est bien mort. Les tentatives de l'entreprise de rembourser ses créanciers depuis 2007 et sa réorganisation autour de la société UnXis en 2011 n'ont pas été concluantes. La banqueroute a rattrapé SCO qui s'est placé sous la protection du chapitre 7 de la loi sur les faillites américaine. Les actifs seront liquidés et l'activité cessée.

SCO, qualifié de patent troll, était spécialisé dans l'acquisition de brevets informatiques pour ensuite vivre de leur concession. En parallèle, la société s'évertuait à vérifier qu'aucune entreprise ne viole son portfolio de licences. Car son autre source de revenus était constituée des dommages et intérêts obtenus en justice...

Un temps spécialisée dans le développement de distributions Unix, SCO se fait connaître en 2003 lorsqu'il intente une action en justice contre IBM, accusé d'utiliser une partie de code Unix détenue par SCO. Ce dernier réclame pas moins de 3 milliards de dollars de dédommagement.

Ce procès devient le premier d'une série sans fin. SCO, mal en point, tente de faire valoir ses droits sur Unix, et donc sur Linux, auprès de nombreux éditeurs. Novell en sait quelque chose. En 2003, peu après l'ouverture du procès contre IBM, l'éditeur se retrouve dans le cœur de la bataille après le rachat de SuSe Linux, une distribution utilisant selon SCO du code d'Unix System V, qui lui avait été cédé en 1995.

Des fonds salvateurs venus d'Arabie saoudite

Il faut attendre l'année 2010 pour que Novell s'extirpe de ce procès fleuve, et obtienne gain de cause face à SCO. Placé sous le chapitre 11 de la loi sur les faillites américaine depuis 2007, le groupe comptait sur une victoire face à Novell pour rembourser ses créances.

Depuis 2008, la société vit en effet sur une réserve de 100 millions de dollars provenant du prince saoudien Al-Walid ben Talal, et injectée par l'intermédiaire de Stephen Norris, cofondateur du groupe Carlyle.

En 2011, et grâce à cet argent frais, SCO tente l'acharnement thérapeutique. La société se réorganise et devient UnXis. Son but est d'exploiter les distributions Unix OpenServer et UnixWare. L'entreprise n'a pas, de l'aveu de son p-dg, Richard Bolandz, « l'intention de poursuivre un quelconque litige lié aux actifs acquis par le groupe SCO. Nous voulons être des leaders en matière technologique, pas juridique ».

Sur son site pourtant, l'entreprise explique clairement qu'elle a été créée pour récupérer tous les actifs et brevets de SCO Group...

Aujourd'hui à cours de liquidités, SCO s'est placé sous le chapitre 7 de la loi sur les faillites américaine, ce qui signifie qu'il devra liquider ses actifs. Selon le site Groklaw, cette opération servira notamment à la direction d'éviter les frais administratifs induits par le chapitre 11.

Le monde Linux peut-il dormir en paix ? Eh bien pas encore. Le croque-mitaine, même avec la tête coupée, utilisera ses derniers réflexes post-mortem dans sa bataille qui l'oppose à IBM. Depuis 2003, le dossier n'est toujours pas clos, même si les chances de SCO paraissent bien minces.
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