Des années d'attente, de pétitions ignorées et de frustrations viennent de voler en éclats. Un simple utilisateur a réussi là où une multinationale traîne des pieds : Photoshop tourne désormais sur Linux. Adobe appréciera.

Pour les créatifs sous Linux, l’histoire a toujours le même goût amer. Vous avez le système le plus stable du monde, mais pour retoucher une photo, vous devez soit bricoler avec GIMP, soit virtualiser Windows. Adobe, de son côté, répète inlassablement que porter sa suite Creative Cloud n'est « pas une priorité ». Mais voilà qu'un grain de sable vient enrayer cette mécanique bien huilée. Un internaute a réussi là où des équipes d'ingénieurs n'ont jamais daigné regarder. Ce n'est pas une annonce officielle, c'est mieux : c'est une leçon d'humilité.
Un simple contrôle qui bloquait tout
L’information a d’abord émergé sur Reddit, ce laboratoire à ciel ouvert où la communauté Linux aime relever les défis impossibles. Un utilisateur, identifié sous le pseudonyme HearMeOut-13 (relayé ensuite par d'autres sur r/linux), a découvert ce qui empêchait réellement l'installation de Photoshop. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le problème ne venait pas d'une incompatibilité profonde avec le noyau Linux ou d'une gestion graphique exotique.
Le blocage se situait au niveau de l'installateur lui-même. Ce dernier effectuait une vérification stricte de la version du système d'exploitation via un appel spécifique (call_with_os_version). Si la réponse ne correspondait pas exactement à une signature Windows valide, l'installation s'arrêtait net. En proposant un correctif pour Wine (la couche de compatibilité permettant de lancer des apps Windows sous Linux), ce développeur a simplement appris à l'outil à mentir correctement à l'installateur d'Adobe. Résultat ? Les versions 2021 et même la très récente 2025 de Photoshop s'installent désormais sans broncher.
Quand la communauté fait le travail d'une multinationale
L'absence de Photoshop sur Linux n'est pas une fatalité technique, mais une décision politique. En prouvant que le logiciel peut tourner (et même plutôt bien) une fois l'installateur dupé, la communauté démontre que le portage ne demanderait pas une réécriture complète du code.
Cette situation rappelle l'époque où le jeu vidéo sur Linux semblait impossible avant que Valve ne s'en mêle avec Proton et le Steam Deck. Sauf qu'ici, Adobe n'a aucune incitation financière à bouger. Avec un quasi-monopole sur les agences de création, pourquoi s'embêter à supporter une part de marché marginale ? C'est là toute l'ironie : les utilisateurs Linux payant leur abonnement Creative Cloud (souvent cher) sont obligés de recourir à des hacks communautaires pour utiliser le produit qu'ils ont acheté. Ce correctif reste toutefois fragile : une simple mise à jour de l'installateur par Adobe pourrait refermer la brèche demain matin.
Source : Videocardz
