La DSI se réconcilie avec les métiers autour de SAP HANA

Thomas Pontiroli
10 avril 2014 à 19h16
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Trois ans après son lancement, la base de données en mémoire HANA a séduit 200 clients, surtout des grands comptes. Pour son créateur, SAP, elle symbolise le renouveau du système d'information.

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SAP a réuni des directeurs des systèmes d'information (DSI) de tous horizons à son Innovation Forum 2014.
Du secteur public, de la Défense ou du prêt-à-porter, ils sont venus expliquer pourquoi ils ont adopté la base de données en mémoire ultra-rapide de l'éditeur allemand, HANA. Ils ont surtout évoqué les bénéfices obtenus parmi lesquels on retiendra une accélération conséquente des processus, un rapprochement de la DSI des métiers et l'amorçage de nouvelles transformations de l'entreprise, fonctionnant en temps réel.

Avant, petit rappel de ce qu'est HANA, pour « High-Performance Analytic Appliance ». Lancé en 2010 par SAP, c'est un système de gestion de base de données pour les entreprises, reposant sur le stockage des informations en mémoire. Cela garantit un temps de réponse bien plus court que sur disque dur. L'enjeu est de pouvoir nourrir cette base de données transactionnelles, provenant des métiers (finance, RH, marketing, ventes) et décisionnelles (servant au pilotage de l'entreprise), afin de les manipuler en temps réel.

« SAP est convaincu que pouvoir analyser en temps réel des données structurées est très important mais cela n'a qu'une valeur réduite si on ne peut pas la transformer en action en temps réel », explique Eric Verniaut, vice-président Europe, vantant en filigrane la plateforme HANA - qui approche les 200 clients.

Entre HANA et les collaborateurs, se place la couche applicative, soit les logiciels de business intelligence, servant à consolider les données de l'entreprise pour en avoir une vision stratégique, et les 11 logiciels fonctionnels de SAP, dédiés aux achats, à la chaîne logistique, à la finance, à la gestion des actifs, etc. Dans l'organisation des entreprises, ce rapprochement du décisionnel et du transactionnel a pour corollaire une implication grandissante de la DSI dans les usages métier. Elle devient de plus en plus force de proposition.




Anticiper le provisionnement des magasins

Laurent Rousset, DSI de Celio, explique que l'intégration d'HANA dans l'entreprise accompagne sa redéfinition stratégique, et l'influence. La marque de prêt-à-porter veut s'étendre en Asie, ce qui suppose d'avoir un système d'information adéquat. La nouvelle problématique de Celio est de pouvoir gérer une chaîne d'approvisionnement et de distribution étendue sur plusieurs fuseaux horaires, ce qui implique une réactivité immédiate sur tout son périmètre. C'est ce qu'il essaie de faire avec HANA depuis début 2013.

« Nous ne produisons pas nos vêtements en France et nous travaillons sur des stocks finis, ce qui demande qu'on fasse des paris sur les collections. Tant que le stock est dans l'entrepôt, il ne se déprécie pas, mais dès lors que les produits sont en magasin, les coûts logistiques font qu'on perd de la valeur », explique Laurent Rousset. L'enjeu pour Celio, et pour la distribution, est donc d'acheminer les produits au dernier moment.

Le DSI affirme qu'HANA lui permet d'exécuter des algorithmes complexes qui vont analyser une grande quantité de données rapidement. Celio doit anticiper la demande pour adapter sa logistique. « Nous devons anticiper des éléments météo locaux, cela ne sert à rien d'envoyer des bermudas dans une zone où il fait froid », illustre Laurent Rousset. Et si la société doit s'adapter à la demande, cela ne lui réclame que 2 jours.

Donner la bonne information au bon moment

Chez Givaudan, société suisse opérant dans l'industrie de la parfumerie et des arômes et captant un quart de ce secteur, l'adoption d'HANA a aussi accéléré les processus, d'après son DSI, Adrien Gonckel. « Nous évoluons dans un marché très complexe où nous travaillons avec des milliers de créateurs qui, lorsqu'ils mettent au point un parfum ou un arôme, utilisent des centaines de produits. Ils sont de plus soumis à une réglementation très fluctuante et différente selon les pays », explique le responsable des SI de Givaudan.

« Quand une création était proposée autrefois, et qu'elle ne convenait pas à une réglementation, il fallait retourner à la case départ ce qui prenait du temps. Maintenant nous utilisons un moteur de calcul développé avec SAP et reposant sur HANA. Il intègre toutes les données réglementaires, mises à jour en temps réel, pour que le créateur bénéfice de la bonne information et ne perde pas de temps. Autrefois cela demandait six mois pour adapter le produit. Désormais il ne faut que quelques heures. Ce gain de productivité illustre bien le rapprochement de la DSI - au service du business - et des métiers », considère Adrien Gonckel.


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D'ajouter qu'« en cinq ans, la complexité a été multipliée par 100 dans la réglementation des parfums, or on ne peut pas multiplier par 100 les équipes et les délais. Il fallait des solutions technologiques, même si cela n'était pas toujours facile, notamment au début où HANA a rencontré des problèmes de jeunesse ».

Ces calculs en mémoire travaillent aussi au profit de la composition des produits. L'une des problématiques du parfumeur est d'utiliser des produits frais, comme de la lavande, dont la qualité varie selon les conditions météo. « A la différence du vin, un parfum n'a pas plusieurs crus et le client veut un produit identique d'une année sur l'autre. Pour y parvenir nous créons des mélanges très complexes que nous obtenons avec des calculs prenant en compte beaucoup de données, afin d'uniformiser le parfum », explique encore le DSI.

S'attaquer d'abord aux problèmes les plus simples

De l'avis des DSI ayant adopté HANA et des intégrateurs partenaires tels que Sopra, Capgemini ou CSC, le traitement en mémoire unifiant le décisionnel au transactionnel représente la prochaine évolution de l'IT. Pour autant, il n'est pas toujours évident de cerner le retour sur investissement de ce genre de tournant.

Stéphane Mirambeau, directeur en charge de l'entité Architecture et Sécurité SAP chez CSC, observe que ses clients sont d'abord préoccupés par les besoins des utilisateurs. « Il s'agit de problèmes présents depuis des dizaines d'années comme des temps de traitement trop longs », note l'intégrateur. « HANA va permettre de résoudre de façon simple ce genre de questions, sans changer les outils existants. Dans un deuxième temps nous optimiserons les process avec de nouvelles briques. Enfin, nous sortirons des schémas classiques car une fois qu'on a résolu le problème de la performance, on se focalise sur l'innovation », souligne-t-il.

Mesurer le retour sur investissement serait rapide. « Quand on motorise le traitement des documents de vente incomplet par exemple, on accélère la performance de 1 190 fois, autant dire que le gain est facilement mesurable », ajoute-t-il. Au-delà de la vitesse, il considère que cela a un impact sur les procédés de l'entreprise. « Cela implique une série de bénéfices sur l'ensemble de la chaine, difficiles à mesurer. »

Thierry Milhe, DSI de Sagem explique ne pas avoir fait de calcul de retour sur investissement avant d'avoir adopté HANA. « Nous avions un SI obsolète qui ne pouvait plus soutenir les métiers en raison de plantages, alors il fallait remplacer ce qui ne fonctionnait plus », précise-t-il. Le temps de chargement des requêtes a été divisé jusqu'à 22 fois, et celui des bibliothèques d'objets partagée (DSO) est passé de 33 à 2 minutes.

Pour lui, « la rupture technologique provoquée par l'in-memory est devenue incontournable. D'ici cinq ans, l'ensemble des systèmes d'architecture de business intelligence passera à l'in-memory ». Mais une « rupture » encore peu présente en France. En partie en raison de son coût, souvent jugé trop élevé.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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