BlackBerry va supprimer 4500 postes et se recentrer sur le marché pro

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Le 21 septembre 2013
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BlackBerry a prévenu vendredi qu'il ferait état d'une perte d'exploitation de près d'un milliard de dollars sur le trimestre. Le Canadien annonce qu'il procèdera bientôt à une nouvelle réorganisation. Il supprimera 4 500 postes, soit plus du tiers de ses effectifs, et dit vouloir se désengager du marché grand public.

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La concurrence aurait-elle eu raison des ambitions de BlackBerry sur le marché des smartphones ? Le Canadien a lancé vendredi soir une alerte sur résultats qui fait état d'un constat accablant : le groupe devrait faire état, lors de la publication de ses résultats financiers le 27 septembre prochain, une perte opérationnelle de l'ordre de 950 millions de dollars, qu'il impute directement aux faibles volumes de ventes de ses smartphones Z10. Conséquence directe : il annonce une nouvelle réorganisation de grande ampleur qui devrait conduire à la suppression de quelque 4 500 postes parmi les 12 000 salariés qu'il emploie dans le monde, avec l'objectif avoué de parvenir à réduire de moitié ses frais de fonctionnement d'ici 2015.

BlackBerry procèdera dans le même temps à une réorientation stratégique, visant à recentrer la société sur le marché des entreprises et celui des prosumers (consommateurs professionnels ou avertis), ce qui signifie donc l'abandon du marché grand public. Le catalogue produits de la marque sera resserré de six à quatre appareils, avec deux terminaux haut de gamme et deux appareils plus accessibles, avec sur chaque segment un smartphone à écran tactile et un téléphone à clavier physique.

Tout juste annoncé, le Z30 sera donc positionné sur le haut de gamme, tandis que le Z10 changera de segment pour tomber dans celui de l'entrée de gamme. BlackBerry ne communique pas les volumes de vente liés à ce dernier terminal, mais laisse entendre que ce sont les faibles volumes enregistrés par ce dernier qui sont responsables de la perte opérationnelle annoncée. Le Z10 devrait donc rapidement voir son prix baisser, seul moyen pour le constructeur d'écouler ses stocks et d'espérer augmenter la part de marché de son système BlackBerry OS 10.

En parallèle, l'offre en matière d'appareils à clavier physique devrait logiquement se concentrer autour du Q10 (haut de gamme) et d'un second téléphone plus accessible : le 9720 sous BB OS 7.1 parait un candidat tout trouvé dans la mesure où cette famille est toujours très populaire, mais le Canadien pourrait aussi miser sur le Q5 pour tenter de forcer l'adoption de BlackBerry 10 OS. Sur le trimestre en cours, il indique avoir vendu 3,7 millions de terminaux et confesse, sans préciser la ventilation exacte, qu'il s'agit essentiellement de téléphones sous BlackBerry 7.

L'entreprise et les services comme voie de salut ?

La seule lueur positive réside dans les produits pour entreprise. Le groupe annonce ainsi compter désormais 25 000 serveurs BlackBerry Enterprise Service 10 (BES 10) chez ses clients, contre 19 000 au mois de juillet dernier. La dernière version de cette solution de gestion des téléphones en entreprise (BES 10.1) présente notamment l'intérêt de gérer, outre les terminaux maison, les smartphones iOS et Android. BlackBerry tâchera également de capitaliser sur le succès de sa messagerie instantanée BBM, qui doit justement être lancée de façon imminente sur Android (samedi en début d'après-midi) et iOS (dans la journée de dimanche).

Pour le troisième trimestre, BlackBerry dit tabler sur un chiffre d'affaires d'environ 1,6 milliard de dollars, dont 50% environ émanent des services.

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Thorsten Heins en mai dernier lors de la conférence BlackBerry World

« Nous prévoyons de recentrer notre solution bout-en-bout de matériel, de logiciel et de services sur les entreprises et les utilisateurs finaux professionnels ou producteurs. Cela nous remet en droite ligne avec la cible des clients qui ont aidé à faire de BlackBerry la marque leader aujourd'hui sur la sécurité, la gestion et la fiabilité en entreprise », lâche Thorsten Heins, président de BlackBerry dans un communiqué.

En parallèle, le groupe confirme être à l'étude d'autres opportunités stratégiques. Il avait déjà laissé entendre cet été ne pas être opposé à la cession de tout ou partie des activités ne constituant pas son coeur de marché. Avec une mariée habillée de la sorte, reste à savoir si le montant de la dot se révèlera suffisant pour que le groupe pérennise ses activités.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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