Espionnage industriel : un ancien salarié de Waymo puis d'Uber condamné à 18 mois de prison

Benjamin Bruel
Publié le 08 août 2020 à 13h13
Anthony Levandowski

La fin d'un long feuilleton judiciaire ? Anthony Levandowski, ancien partenaire de Uber et salarié de Waymo, filiale d'Alphabet dédiée aux voitures autonomes, a été condamné a 18 mois de prison par la justice américaine. Il intente une nouvelle poursuite contre Uber, réclamant plus de 4 milliards de dollars à l'entreprise.

Cet ingénieur star de la Silicon Valley, connu pour avoir été l'une des têtes
pensantes des technologies de voitures autonomes de Google, était au
cœur d'une affaire d'espionnage industriel entre Alphabet et Uber depuis 2017.

Une affaire rocambolesque, entre voiture autonome et start-up fictive

Cet ingénieur franco-américain fut, un temps, une superstar du monde des voitures autonomes. En 2009, il participa à la fondation de la division de Google qui devint par la suite Waymo, la filiale dédiée aux voitures autonomes du géant américain. Il fut l'une des têtes pensantes technologiques du projet, récoltant au passage 127 millions de dollars pour sa contribution.

Mais en 2016, Levandowski, accompagné de trois autres vétérans de Waymo, a quitté l'entreprise pour fonder sa propre start-up, nommée Otto.

Moins de huit mois plus tard, celle-ci fut rachetée par Uber. Deux mois après l'acquisition, Google accusait Levandowski d'avoir volé les secrets industriels de Waymo pour fonder son entreprise, considérée comme une « coquille vide » destinée, dès sa création, à être vendue. Uber s'est alors trouvé pris dans la tourmente, d'abord uniquement pour ses liens avec Levandowski, puis suite à un dépôt de plainte par Waymo contre le service de VTC.

Le résultat, c'est une affaire judiciaire qui dure depuis plus de trois ans, entre Uber, Google et Levandowski.

Les deux entreprises sont parvenues à un accord en 2018. Uber a accepté de ne pas incorporer la technologie de Waymo dans ses véhicules autonomes et s'est refusée au rachat de Otto – payant également la coquette somme de 244,8 millions de dollars à Waymo.

Anthony Levandowski n'a pas dit son dernier mot

Les procureurs ont d'abord demandé la condamnation de Levandowski à 27 mois de prison ferme. Ce dernier, après des années à réfuter les allégations, a finalement plaidé coupable, en mars dernier, d'avoir volé certains documents pour faire en sorte que les autres charges pesant contre lui soient abandonnées.

La justice américaine a finalement condamné Anthony Levandowski à 18 mois de prison, peine qui débutera après la pandémie de COVID-19, en
raison des conditions de santé de l'ingénieur.

Selon le site TechCrunch, Anthony Levandowski n'en a toutefois pas fini avec la justice. Le mois dernier, il a déposé une plainte contre Uber
réclamant au moins 4,1 milliards de dollars à l'entreprise. La raison ? Levandowski considère que Uber lui doit de l'argent pour avoir tué dans l’œuf le deal de rachat de sa propre entreprise, Otto.

Le montant paraît extravagant mais Levandowski, qui s'est déclaré en banqueroute durant le procès, pourrait entrer plus riche en prison qu'il ne l'était avant sa condamnation.

Source : Engadget

Benjamin Bruel
Par Benjamin Bruel

Journaliste spécialisé dans le numérique, l'espace, la technologie et l'innovation, je me passionne par tout ce qui a trait au futur et à la compréhension du monde de demain. J'exerce ce métier depuis quatre ans, souvent devant mon ordinateur et parfois en vadrouille entre deux pays d'Asie. Amateur de bande dessinées, de paranormal et de dark tourism, je voue aussi un culte aux œuvres de Philip Pullman et de Yoko Taro.

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