Crise du rouble : Apple ferme son Store en ligne russe

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Le 17 décembre 2014
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La crise monétaire dans laquelle est plongée la Russie depuis quelques jours a poussé Apple à fermer son Store en ligne, préférant éviter de subir une inflation démesurée de ses produits.

Face à la chute du rouble, la devise russe, Apple ne sait plus où donner de la tête. En attendant que la situation se calme, l'américain a simplement décidé de suspendre ses ventes en ligne dans le pays. « En raison des fluctuations extrêmes de la valeur du rouble, notre magasin en ligne en Russie est actuellement inaccessible, pendant que nous réexaminons nos prix », explique un porte-parole d'Apple auprès de l'AFP.

Depuis mardi soir, le site russe d'Apple s'excuse de son indisponibilité temporaire, et promet qu'il reviendra bientôt. Bizarrerie observée : le message est affiché dans un grand nombre de langues... sauf en russe.


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Le rouble a enregistré une chute de sa valeur sur le marché des changes de 9,5%, lundi 15 décembre, puis de 15% le lendemain. C'est du jamais vu depuis la crise financière russe de 1998. Depuis le début de l'année, le rouble s'est déprécié de 50% face au dollar. Les deux causes sont la chute du prix du baril de pétrole brut, qui a cédé la moitié de sa valeur depuis le début de l'année, et la pression occidentale sur le dossier ukrainien. Suite à l'annexion de la Crimée en mars, les sociétés russes ont beaucoup de mal à se financer à l'étranger.

Tensions monétaires mais aussi diplomatiques


Cette chute de la valeur du rouble a renforcé l'inflation, désormais estimée à 11,5% par la banque centrale. C'est dans ce contexte qu'Apple a choisi de marquer une pause pour ne pas vendre ses produits trop cher - le prix des meubles Ikea aurait grimpé de 60% dans le pays, selon l'AFP. La crise, et les tensions provoquées sur le marché des actions, ont aussi contribué à une chute du titre Apple de 7% constatée ces cinq derniers jours.

C'est un sale temps pour les entreprises technologiques américaines en Russie. Lundi 15 décembre, Google, Microsoft et Adobe annonçaient leur retrait du pays, sur fond de tension diplomatique et de protection des données personnelles. Vladimir Poutine n'apprécie pas le fait que « le trafic de Google transite via des serveurs aux États-Unis. Tout est sous contrôle là-bas ». Il en appelle à un hébergement en Russie.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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