Amazon, en guerre ouverte contre Hachette, plombe les ventes de l'éditeur aux USA

28 mai 2014 à 13h41
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Aux Etats-Unis, le torchon brûle entre Amazon et le poids lourd de l'édition Hachette. Le cybermarchand pratique depuis plusieurs semaines un torpillage en règle des ventes d'ouvrages de l'éditeur, pour le pousser à revoir son accord commercial sur les livres électroniques.

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Que fait Amazon lorsqu'il n'est pas satisfait de ses accords avec ses partenaires commerciaux ? Réponse : il torpille ses ventes sur sa plateforme. C'est le constat étonnant réalisé par le New York Times au début du mois de mai, après avoir été interpellé sur Twitter par des auteurs publiés par Hachette.

Le 8 mai dernier, le média rapportait des déclarations d'Hachette, expliquant qu'Amazon retardait les livraisons de ses ouvrages « pour des raisons qui lui sont propres ». Le géant du commerce en ligne réserve en effet depuis plusieurs semaines un traitement particulier aux ouvrages de l'éditeur : il ne commande ses stocks qu'en très petite quantité, ce qui rallonge le délai de livraison au client. Ce dernier est ainsi encouragé à ne plus acheter d'ouvrages Hachette sur Amazon, qui les livre plus lentement que d'autres vendeurs en ligne.

En somme, Amazon ne boycotte pas les ouvrages d'Hachette, mais met tout en oeuvre pour ne pas les vendre. Une information confirmée par le cybermarchand mardi : ce dernier a expliqué qu'il commandait effectivement moins de stocks d'ouvrages Hachette, et qu'il ne proposait plus les livres de l'éditeur en précommande aux Etats-Unis. Pour les lecteurs américains, il n'y a donc aucun avantage à commander un livre d'Hachette sur Amazon : non seulement le délai de livraison est rallongé mais, en plus, le prix est plus élevé que chez les concurrents, qui commandent plus de stocks et peuvent donc prétendre à des réductions.

Chantage et livres électroniques

La raison de cette situation se trouve dans un conflit opposant Amazon à Hachette dans le secteur du livre électronique. Depuis longtemps, le cybermarchand appuie une politique de prix plafonnée à 9,99 dollars pour les livres commercialisés sur ses liseuses et tablettes Kindle. Mais si certains éditeurs ont accepté le marché, notamment après l'affaire d'entente sur les prix du livre électrique avec Apple, d'autres résistent, comme Hachette. L'éditeur refuse de baisser ses marges sur les ebooks, ce qui motive Amazon à jouer contre lui : « Les fournisseurs décident des termes selon lesquels ils veulent vendre à un distributeur. Par réciprocité, un distributeur a le droit de déterminer si les conditions de l'offre sont acceptables et de stocker les produits conformément à cet accord » explique le commerçant.

« La tactique d'Amazon confirme les pires suspicions de ses détracteurs » estime de son côté Bits, pour qui le géant du commerce en ligne abuse de sa position pour faire plier un partenaire commercial.

Amazon étant un poids lourd du commerce électronique, de très nombreux internautes se tournent vers lui pour commander leurs ouvrages. En détériorant l'expérience de l'utilisateur, Amazon le pousse à aller voir ailleurs, mais peut également le décourager d'acheter : une situation qui fait du mal à Hachette, mais, encore plus, aux auteurs qui sont publiés. Mais la démarche de l'entreprise n'est cependant pas illégale, puisque rien ne l'oblige à commercialiser les ouvrages d'Hachette, ou de commander un certain stock de ces derniers. Amazon espère que la pression des auteurs d'Hachette motivera l'éditeur à revoir sa copie : l'entreprise a par ailleurs déclaré qu'elle était prête à indemniser en partie les auteurs s'estimant lésés par sa politique de prix. Elle propose la création d'un fonds d'indemnisation financé à 50% par elle, et 50% par Hachette.

« Nous regrettons la gêne occasionnée et nous invitons à acheter les ouvrages auprès de l'un de nos vendeurs tiers ou l'un de nos concurrents » explique la firme de Jeff Bezos, qui ne se montre pas très optimiste vis-à-vis de la résolution de ce conflit. Une situation qui risque fort de nuire à l'image d'Amazon aux Etats-Unis, mais également à l'étranger où l'entreprise n'a pas forcément bonne presse concernant sa politique commerciale.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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