J.-B. Descroix-Vernier : "Rentabiliweb termine sa transition"

05 juillet 2013 à 14h26
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Jean-Baptiste Descroix-Vernier a fondé Rentabiliweb en 2002 et en a fait un spécialiste de la monétisation des audiences Web. Après avoir entamé un recentrage stratégique l'an dernier autour des solutions de paiement pour les professionnels, il dresse un état des lieux de la société.

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Jean-Baptiste Descroix-Vernier
L'activité de Rentabiliweb a ralenti ces derniers mois, où en est-on ? Quelles sont vos filiales les plus rentables ?

Rentabiliweb est devenu en 2011 un établissement de paiement, agréé par la banque de France, qui encaisse les transactions par cartes bancaires. Notre activité B2B offre une approche convergente des métiers du paiement, de l'interactivité télécom et du marketing afin de permettre aux marchands et aux e-commerçants d'améliorer leur rentabilité, de fluidifier leurs cinématiques de paiement et de fidéliser leurs clients.

Ce pôle B2B est en forte croissance. La transition avec une activité micro-paiement, dont le marché est structurellement en recul, est en train de s'achever. En ce qui concerne la rentabilité, elle est toujours portée en majorité par nos filiales d'Edition (B2C) qui nous permettent d'autofinancer totalement nos ambitions dans les services aux marchands.

Pourquoi avoir opéré un virage sur le paiement B2B ?

Nous sommes à l'origine une société spécialisée dans la monétisation d'audience et le micro-paiement. Depuis quelques années, les commissions prélevées par les opérateurs téléphoniques rendent ces systèmes de paiement beaucoup moins attractifs pour les marchands qui plébiscitent la carte bancaire, beaucoup plus souple et maîtrisée que les autres systèmes d'encaissement en ligne.

Notre offre répond à un besoin essentiel des marchands auquel les acteurs traditionnels comme les banques ou les opérateurs techniques historiques ne peuvent répondre en l'état. Le paiement n'est plus simplement une histoire de technique et de tuyaux mais désormais et avant tout une histoire de marketing et de data. Avec nos solutions, un marchand a la garantie de faire plus de chiffre d'affaires, de pouvoir piloter son risque, de gérer la fraude, etc.

L'offre commerciale a été lancée en mai 2012. Notre ambition cette année est d'atteindre un run rate en fin d'année d'au moins 750 millions d'euros.

Combien votre solution Be2bill compte-t-elle de clients ? Est-ce un chiffre en progression ?

Nous ne communiquons pas pour l'instant au marché le nombre de clients. Ceci dit, plusieurs centaines de e-commerçants utilisent aujourd'hui notre solution d'encaissement par cartes bancaires et nous ouvrons de nouveaux comptes chaque semaine. Quelques exemples : Made.com, Winamax, Aquarelle, MODZ...

Quels seront les prochains outils des sites pour monétiser leur audience ?

La mobilité prendra une part de plus en plus importante dans la monétisation du Web. La convergence est aussi à surveiller de très près. La capacité à analyser les datas en sera la clé.

Quels sont vos axes de développement et comment voyez-vous l'avenir ?

Nous avons énormément investi au cours des deux dernières années pour atteindre le plus haut niveau de qualité et de sécurité en matière de transactions par cartes bancaires. Près d'un tiers de nos effectifs est désormais dédié à ce secteur. C'est la monétique associée aux métiers du marketing et des télécoms qui assurera une grande partie du succès de Rentabiliweb au cours des dix prochaines années.

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Répartition de l'activité du groupe Rentabiliweb

Comment trouvez-vous le climat actuel en France pour entreprendre ? Que manque-t-il au pays ?

C'est un climat de crise mondiale, les entrepreneurs doivent être plus prudents que d'ordinaire. On a rarement vu une période aussi difficile pour les entreprises et leurs créateurs. Il faut se dire que dans toute crise certains tirent mieux leur épingle du jeu que d'autres. Ce type de climat impose beaucoup de dynamisme et de créativité. Les plus performants s'en sortiront.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui veut lancer son projet ?

Lorsqu'on lance une entreprise, on ne joue ni aux dames, ni au poker. C'est une partie d'échecs fondée sur la stratégie et qui laisse peu de place au hasard ou à la chance. Il faut faire un business plan sérieux et un plan de charges le plus précis possible.

Je conseille d'assurer un retour sur investissement rapide. L'époque n'est plus au crédit. En 2013, un jeune qui se lance doit pouvoir quasiment s'autofinancer en moins de vingt mois. Les banques ne le suivront pas. Le capital-risque est quasiment au point mort. La crise réduit la « love money » comme peau de chagrin. Seul un retour sur investissement rapide l'assurera de la pérennité de son projet.

Enfin je conseillerais de s'accrocher... C'est beaucoup de travail. Si l'entrepreneur échoue : qu'il ne se décourage pas. S'il réussit : qu'il ne s'emballe pas. Je pense qu'un bon chef d'entreprise est un mélange de témérité et d'humilité.

À titre personnel, comment vous sentez-vous dans le milieu de l'entrepreneuriat ?

À ma place et à part.

Vous avez été vice-président du CNNum. Pensez-vous que ce sont les bonnes orientations qui sont prises dans la nouvelle mouture ?

On ne peut apprécier qu'un bilan. Laissons les travailler. Ce qui compte c'est que des hommes et des femmes se battent pour ce secteur magnifique et générateur d'emplois qu'est le numérique.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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