Payer avec son mobile (iOS et Android) se concrétisera en 2015

Par
Le 04 novembre 2014
 0
D'après Visa, le déploiement massif des applications bancaires de paiement sans contact est prévu pour 2016. En attendant, ces services vont commencer à émerger en France dès le début de 2015.

Si vous faites partie des Français pressés de payer en magasin avec votre smartphone, sachez que les choses devraient se préciser en 2015. Il y a d'abord Apple Pay. Le système de paiement sans contact introduit par l'iPhone 6 devrait faire ses premiers pas dans l'Hexagone en début d'année. Ce serait le moment choisi par Visa, partenaire d'Apple, pour rendre compatibles ses 1,5 million de terminaux de paiement NFC en Europe.

Parallèlement, Android n'est pas en reste. Au mois de février dernier, Visa et MasterCard avaient annoncé supporter la technologie Host Card Emulation (HCE), lancée avec Android KitKat. Aujourd'hui, Visa dévoile qu'il mènera des expériences avec les clients de plusieurs banques en France et ce, dès l'année prochaine.

Suivre une tendance de marché


Avec 83,6% de parts de marché dans l'Hexagone pour Android au troisième trimestre, selon Strategy Analytics (contre 12,3% pour iOS), le système d'exploitation mobile de Google est, de fait, incontournable pour tenter d'imposer le paiement NFC dans les usages, d'autant que près de 50 modèles en sont équipés, contre deux du côté d'Apple. Mais en septembre 2014, l'Observatoire du sans contact ne comptait que 7 millions de mobiles NFC en circulation dans le pays, et 20% des terminaux de paiement des marchands. Le NFC a-t-il un avenir ?


0190000007727333-photo-visa-cloud.jpg


Comme nous l'expliquions dans notre dossier en septembre, le paiement NFC n'a pas encore décollé en France. Alors que la moitié des cartes bancaires sont équipées d'une telle puce (30 millions), seulement 1% des transactions sont effectuées par ce biais. Pour Albert Galloy, vice-président mobile chez Visa Europe, le marché se situe « dans une phase où les usages se déplacent sur le mobile, avec de plus en plus d'achats effectués sur des sites de mobile commerce ». L'idée de Visa est d'anticiper la migration de ces pratiques.

Quand on l'interroge sur la plus-value du paiement sans contact avec mobile comparé au paiement également sans contact avec carte bancaire, il répond qu'on ne peut pas le savoir avant d'avoir essayé. Au-delà d'un avantage significatif, l'ambition des acteurs du secteur est de suivre les tendances de marché. Au cas où.

Réfutant (sans surprise) la fin programmée de la carte bancaire - dont le nombre a continué de croître de 5% cette année -, Visa explique s'être rapproché de la technologie HCE pour couvrir, avec Apple Pay, la grande majorité du parc mobile. La vision de la société est que ces deux solutions sont complémentaires entre elles, mais aussi avec les cartes bancaires actuelles. Pour l'heure, l'approche de HCE semble avoir quelques limites.

Qu'est-ce que le Host Card Emulation ?


Lorsqu'on réalise une transaction sans contact, la sécurisation du paiement s'effectue de manière physique. C'est-à-dire qu'une clé temporaire peut être stockée soit dans la carte SIM de l'opérateur (SIM-centric), soit dans une carte Micro-SD ou bien dans une puce dédiée - comme c'est le cas avec Apple Pay. Depuis Android KitKat, Google propose une autre approche : stocker cette clé dans un environnement dédié dans le cloud.

La sécurisation s'effectue au moyen de tokens (jetons) dont l'usage est limité dans le temps. Ces clés sont envoyées sur le mobile par la banque, puis sont renvoyées chez Visa, qui se chargera de déchiffrer les coordonnées bancaires afin de valider la transaction. Si ce système ne change rien pour le marchand ayant un terminal de paiement NFC, le client devra être connecté en 3G ou 4G. Sans cela, plusieurs tokens seront préchargés dans son mobile - s'il veut régler sa note sans connexion, il risque vite de se retrouver limité.


0190000007727357-photo.jpg


Albert Galloy explique que les tests détermineront le nombre de tokens à placer dans un mobile même si, selon lui, « la plupart des utilisateurs seront connectés lorsqu'ils effectuent des paiements ». Si payer avec Apple Pay demande deux secondes, on ne sait pas combien de temps réclame l'émulation de carte HCE.

Les banques proposeront des applis


Ainsi les banques partenaires proposeront leur application de paiement physique. Visa et MasterCard avaient déjà noué des partenariats avec des banques (comme V.me by Visa et BPCE...) pour créer des porte-monnaie électroniques utiles aux achats en ligne. Les deux acteurs du paiement poursuivront dans cette voie en étendant leurs services au paiement sans contact. Dans le cas de Visa, un accord a été conclu avec Worldline pour la partie authentification et cloud, « afin de livrer une solution très simple aux banques ».

Durant la phase pilote, les possesseurs de smartphones NFC et clients des banques partenaires pourront en principe installer cette application gratuitement. Mais de la même façon que les cartes bancaires sont facturées à leurs usagers, il n'est pas impossible que ces nouveaux services finissent par devenir eux aussi payants, s'ils venaient à être déployés massivement - ce que Visa ne prévoit pas avant l'année 2016.

Qu'y gagneront les commerçants ?


Pour atteindre cette adoption massive, encore faut-il que les 80% des marchands restants fassent le pas vers des terminaux NFC. Et rien ne les motive, a priori, à remplacer leurs vieux TPE pour un nouveau modèle, comme c'est le cas aux Etats-Unis, où ils migrent vers des versions compatibles avec les cartes à puce EMV.

Au-delà de la rapidité du paiement espérée (et relative ?) et de la sécurisation (qui n'est pas un problème en France car les cartes le sont déjà assez), le sujet de préoccupation des vendeurs reste la commission de 2 à 3% prélevée par Visa et MasterCard. Aux Etats-Unis, la société MCX emmenée par Wal-Mart ou Target propose une solution alternative, CurrentC - qui a déjà été piratée. Fort d'une présence auprès des marchands indiscutable, Albert Galloy rétorque que celui qui voudra concurrencer Visa « devra se lever de bonne heure ».


A lire également :




Modifié le 01/06/2018 à 15h36
scroll top