La question de la souveraineté de nos transactions financières se pose de plus en plus. Surtout que de nombreux pays européens sont très fragilisés !

Avec l'arrivée de Donald Trump, les interdépendances entre l'Europe et les États-Unis ont pris le nouveau visage de fragilités systémiques. Que faire si, d'un coup, Washington décidait de nous couper l'accès à certains services numériques ? La question se pose pour de nombreux fournisseurs, et ce, jusqu'à nos transactions financières, qui passent en grande majorité par les systèmes des Américains MasterCard et Visa.
13 pays européens n'ont pas d'alternative à Visa et Mastercard
Ça ne va pas, du côté des systèmes de paiement en Europe. Car, aujourd'hui, ce secteur vital est totalement dominé en Europe par les géants américains. Ainsi, selon un chiffre de la Banque central européenne (BCE), en 2022, les deux tiers des paiements par carte sur le Vieux Continent s'étaient faits via Visa et MasterCard.
Pire, comme le rapporte le Financial Times, aujourd'hui, la BCE compte 13 pays de l'Union qui ne possèdent tout simplement pas d'alternative nationale aux géants américains cités précédemment. Elle note par ailleurs que même dans les pays où il existe des solutions nationales, leur utilisation tend à décliner avec le temps.

L'UE pousse toujours plus fort pour l'euro numérique
À ce niveau, on peut noter que la France fait partie des rares exceptions à avoir gardé un certain niveau d'indépendance, grâce au réseau de paiement national Groupement des cartes bancaires. Ce dernier est un rival de Visa et MasterCard, et est utilisé pour la grande majorité des transactions faites par carte à l'intérieur de la France.
Et si vous regardez votre carte bancaire, vous devriez apercevoir son logo, en même temps, le plus souvent, que celui de Visa ou MasterCard. Il s'agit ici du système dit de cartes « co-badgées », qui fait que le réseau CB est utilisé en France, et ceux de Visa et MasterCard le sont le plus souvent quand il s'agit d'une transaction internationale (même si l'on reste à l'intérieur de l'Europe).
Du côté des autorités européennes, on a identifié l'euro numérique comme la meilleure solution comme alternative à ces puissantes plateformes américaines de paiement. Celui-ci pourrait « fournir cette base sur laquelle, après consolidation, l'équivalent d'une carte Visa ou Mastercard européenne pourrait potentiellement être construit » défend Aurore Lalucq. Bruxelles espère pouvoir rendre utilisable cet euro numérique d'ici à la fin de la décennie.

