Facebook espionne les internautes non-inscrits, la Cnil lui donne 3 mois pour cesser

Par Thomas Pontiroli
le 09 février 2016
 0
La Cnil met publiquement en demeure Facebook pour qu'il cesse de suivre les internautes qui ne sont pas inscrits sur son service. Encore une fois, c'est l'image du réseau social qui est en jeu.

Facebook est dans le viseur de la Cnil, qui vient de prononcer sa mise en demeure. La Commission nationale informatique et libertés reproche au réseau social de scruter le comportement de navigation d'internautes qui ne sont même pas inscrits à son service. Comment ? Après avoir visité une page publique, ils se voient installer un cookie sur leur ordinateur par Facebook, qui verra les informations de navigation, et même sur des sites tiers.

« Ce cookie permet alors au site d'identifier tous les sites Internet sur lesquels cet internaute se rend dès lors qu'ils contiennent un bouton Facebook (« J'aime » ou « Se connecter » par exemple) », souligne la Commission, qui a décidé de rendre publique cette mise en demeure « en raison de la gravité des manquements constatés et du nombre de personnes concernées » par le réseau social, à savoir plus de 30 millions d'utilisateurs en France.

Facebook a reculé (à sa manière) en Belgique



La Cnil demande à Facebook de cesser de suivre les internautes non-enregistrés dans un délai de trois mois.
Elle réclame aussi que les membres puissent choisir de s'opposer au recoupement des informations récoltées pour le ciblage publicitaire. Enfin, elle dénonce le transfert de données aux États-Unis sur base du Safe Harbor, « ce qui n'est plus possible depuis la décision de la Cour de Justice de l'Union Européenne du 6 octobre 2015 ».


03E8000008339530-photo-facebook-donn-es-personnelles.jpg


Cette mise en demeure est le résultat d'une enquête ouverte en mars 2015 consécutive au changement de politique de confidentialité de Facebook. Une opération qui a déjà porté ses fruits en Belgique, où Facebook a restreint l'accès aux pages aux seuls membres inscrits. Une façon pour le réseau social de se conformer à l'injonction dont il faisait l'objet, mais d'un autre côté... d'inciter les internautes à s'inscrire pour voir les pages.

Mais au fait, que risque Facebook s'il ne se range pas derrière les recommandations de la Cnil ? Eh bien pas grand-chose. En tout cas, d'un point de vue de groupe américain hégémonique, venant d'engranger, en 2015, un bénéfice net record de 3,7 milliards de dollars. Si le groupe américain n'agit pas sous trois mois, il encourt une sanction pécuniaire d'un montant maximal de 150 000 euros, et qui peut être rendue publique dans la presse.


À lire également :

Modifié le 01/06/2018 à 15h36
Cet article vous a intéressé ?
Abonnez-vous à la newsletter et recevez chaque jour, le meilleur de l’actu high-tech et du numérique.

Dernières actualités

Oppo : Suivez avec nous et en direct l’annonce et le lancement du nouveau flagship, Reno !
Les bots malveillants représentent plus de 20% du trafic web
Cybersécurité : plusieurs ambassades européennes auraient été victimes de pirates russes
Ouch ! La TV 8K haut de gamme de Sony coûtera pas moins de 70 000$
Les Brave Rewards débarquent officiellement sur Android
Des employés de Microsoft appellent à soutenir la révolte de travailleurs chinois sur GitHub
Tesla dévoile son nouvel ordinateur de bord pour véhicule autonome
Malgré les tumultes, Huawei a vu son chiffre d'affaires bondir au premier trimestre 2019
Selon cette enquête, les femmes progresseraient plus vite que les hommes à Dota 2
Découvrez IA4EU, la plateforme européenne collaborative sur l'intelligence artificielle
See You Yesterday : Netflix dévoile la bande-annonce du film de Spike Lee
Linux on DeX est désormais compatible avec le Galaxy S9, S10 et Tab S5e
Pour iCloud, entre autres, Apple verse plus de 30 millions chaque mois à AWS
Hideo Kojima, créateur de Metal Gear, tease un gros projet lié au cloud gaming
scroll top