Après avoir licencié des milliers de personnes, Mark Zuckerberg l’admet : la révolution des agents IA promise chez Meta n’a pas tenu le rythme annoncé.

Mark Zuckerberg reconnaît des retards dans l'IA. ©ssi77 / Shutterstock
Mark Zuckerberg reconnaît des retards dans l'IA. ©ssi77 / Shutterstock

Au début de l’année, la direction de Meta a entamé une réorganisation d’ampleur, pensée pour accélérer le développement des agents IA, ces systèmes capables d’exécuter des tâches à la place d’un utilisateur. Une initiative qui a mené à une purge sévère : 8 000 postes supprimés, soit 10 % des effectifs, et 7 000 salariés réaffectés vers des équipes dédiées à l’IA.

De quoi lourdement plomber le morale des équipes, d’autant que finalement, ce pivotement ne semble pas vraiment porter ses fruits. Il y a quelques jours, on apprenait qu’Emily Dalton Smith, chargée de piloter la consolidation des outils IA internes, quittait le navire sans aucune explication.

Le succès n’est pas (encore) au rendez-vous

Et c’est Mark Zuckerberg qui a confirmé la nouvelle lors d’une réunion générale organisée ce 2 juillet, révèle Reuters. Le grand patron a ainsi reconnu devant ses employés que la trajectoire du développement agentique n’avait «  pas vraiment accéléré » depuis au moins quatre mois, contrairement à ce qu’espéraient les dirigeants.

Mais ce n’est pas tout, « Zuck' » admet aussi que globalement, la restructuration n’a pas été aussi « propre » qu’elle aurait dû l’être, et que les paris pris ne sont, pour l’heure, pas fructueux. Des propos qui tranchent avec l’optimisme affiché en mai, lorsqu’il assurait à ses équipes qu’aucun licenciement massif supplémentaire n’était à prévoir cette année.

Malgré tout, le P.-D. G assure que les bénéfices concrets de ces investissements devraient se faire sentir « dans les trois à six prochains mois ». Une promesse qui peine à convaincre en interne, où certains salariés décrivent déjà l’unité IA comme un environnement de travail extrêmement éprouvant.

Meta.AI
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Nouveau rétropédalage

Le logiciel de surveillance des mouvements de souris et des frappes clavier illustre parfaitement ces reculs en cascade. Imposé aux employés américains dès avril, sans possibilité de le désactiver, cet outil visait à entraîner les modèles IA de Meta grâce à l’activité numérique des salariés.

Mais en juin, une fuite de données a exposé des conversations et frappes clavier d’employés à leurs collègues, forçant l’entreprise à suspendre le dispositif le temps d’une enquête interne. Et lors de la réunion, Andrew Bosworth, directeur technique chez Meta, a indiqué qu’une éventuelle réactivation du programme se ferait cette fois sur la base du volontariat.

Ces rétropédalages successifs dessinent les contours d’une entreprise encore à la recherche d’un équilibre. Entre la vitesse d’exécution qu’exige la course mondiale à l’IA et l’adhésion d'une main-d’œuvre déjà fragilisée par des mois de bouleversements, Meta semble marcher sur une ligne de crête. Reste à savoir si les bénéfices promis pour l’automne seront au rendez-vous et surtout, s’ils suffiront à recoller les morceaux…

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