En quelques mois, la réorganisation de l’intelligence artificielle chez Meta a provoqué autant d’annonces de départs que de nominations prestigieuses. Derrière les bonus mirobolants et les promesses de superintelligence, l’équilibre de la nouvelle équipe semble particulièrement instable.

- Meta traverse une réorganisation chaotique de son équipe IA, entraînant des départs précoces et des tensions internes.
- Des talents renommés, comme Shengjia Zhao, menacent de quitter Meta malgré des recrutements à prix d'or.
- Zuckerberg et son équipe peinent à s'accorder sur les objectifs de la division IA, augmentant les incertitudes.
En investissant des milliards pour attirer les talents de l’intelligence artificielle, Mark Zuckerberg espérait donner un nouvel élan à Meta et combler son retard face à la concurrence sur le secteur de l'IA. Cependant, la restructuration en cours, présentée comme la plus vaste en vingt ans, s’accompagne déjà de tensions internes, de démissions précoces et de doutes sur la stratégie adoptée par le grand groupe américain.
Meta et IA : une stratégie de recrutement qui ne porte finalement pas ses fruits
Mark Zuckerberg, le patron de Meta, pensait indubitablement avoir frappé un grand coup en débauchant à prix d'or les meilleurs talents de l'IA mondiale. Pourtant, à peine quelques jours après son arrivée chez Meta, Shengjia Zhao, cocréateur de ChatGPT, menaçait déjà de claquer la porte pour retourner chez son ancien employeur. Pour le retenir, il aurait été nommé nouveau « chef scientifique de l'IA » au sein de Meta, alors qu'il était pourtant sur le point de signer les documents pour retourner chez OpenAI.
Zhao n’est vraisemblablement pas le seul à avoir hésité. Ethan Knight, spécialiste en machine learning, a quitté l’entreprise après quelques semaines. Avi Verma, ancien chercheur d’OpenAI, n’a jamais franchi le pas de son premier jour. Quant à Rishabh Agarwal, arrivé en avril, il a annoncé son départ en expliquant que si l’argumentaire de Zuckerberg et Wang était particulièrement convaincant, il souhaitait visiblement voguer vers de nouveaux horizons.
À cela s’ajoutent les départs de plusieurs figures emblématiques comme Chaya Nayak et Loredana Crisan, présentes depuis près d’une décennie dans l'entreprise.
Des tensions managériales et une réorganisation chaotique
Depuis plusieurs mois, Meta monte une équipe dédiée à l'intelligence artificielle, baptisée Meta Superintelligence Labs. Durant les six derniers mois, ce groupe, divisé en quatre équipes distinctes, a déjà fait l'objet de plusieurs restructurations, selon les informations rapportées par nos confrères de ArsTechnica.
Pour orchestrer ce vaste chantier, Zuckerberg a confié un rôle central à Alexandr Wang, ancien patron de Scale AI, recruté à la faveur d’un investissement de plus de 14 milliards de dollars. Âgé de seulement 28 ans, il pilote la division la plus confidentielle, baptisée « TBD », qui concentre les embauches de prestige. Cependant, certains pointeraient le manque d’expérience de Wang dans la gestion d’équipes au sein d’une entreprise comme Meta.
Les tensions internes autour des méthodes de management et des objectifs temporels ne semblent pas arranger les choses. Plusieurs sources décrivent Zuckerberg comme « profondément investi et impliqué » dans l'équipe TBD, tandis que d'autres le critiquent pour son micromanagement. De plus, Wang et Zuckerberg peineraient à s'entendre sur un calendrier pour atteindre la « superintelligence ».
Si Meta dément fermement toutes ces dissensions au sein de l'entreprise, force est de constater que les nombreux départs précipités ne sont pas très encourageants. Seul l'avenir nous dira si la société dirigée par Mark Zuckerberg parviendra à mettre sur pied une équipe stable et capable d'imposer sa superintelligence artificielle dans les années à venir.
Source : ArsTechnica