Chez Meta, le moral des employés n’a jamais été aussi bas : licenciements massifs, baisses de salaires et déploiement forcé d’un logiciel espion au nom de l’intelligence artificielle (IA). Pendant que Zuckerberg dépense des milliards, ce sont les humains qui paient la note.

Les décisions de Mark Zuckerberg sont loin de faire l'unanimité chez Meta. ©Creative Salim / Shutterstock
Les décisions de Mark Zuckerberg sont loin de faire l'unanimité chez Meta. ©Creative Salim / Shutterstock

2026 s’annonce historique pour Meta. Pour la première fois de son histoire, l’activité publicitaire de l’entreprise doit surpasser celle de l’ogre Google en termes de revenus. Mais, plutôt que de savourer un moment aussi charnière, les salariés sont à bout, révèle une vaste enquête de Wired. « Tout le monde est malheureux ; les seuls qui ne le sont pas sont, littéralement, les cadres », déplore un employé d’Instagram. Mais que se passe-t-il ?

Entraîner une technologie vouée à vous remplacer

Le 20 mai, Meta prévoit de se séparer de près de 8 000 personnes, soit 10 % de ses effectifs. Une perspective qui plombe l’ambiance depuis mars, date à laquelle la nouvelle a filtré en interne, bien avant toute confirmation officielle. L’attente a été longue et éprouvante, beaucoup d’employés confiant avoir passé ces semaines à tenter de prouver leur utilité, dans l’espoir d’échapper à la prochaine coupe.

D’autant que les employés savent pertinemment ce qui se joue : l’entreprise veut compenser ses dépenses mirobolantes dans l’IA en versant moins de salaires. Mark Zuckerberg a d’ailleurs reconnu publiquement que des projets mobilisant jadis des dizaines de personnes peuvent aujourd’hui être menés à bien en une semaine par une poignée de collaborateurs.

Pire encore, la direction a également déployé un logiciel de surveillance sur les ordinateurs des travailleurs. Baptisé Model Capability Initiative, il enregistre en temps réel les frappes au clavier et les clics de souris. Objectif : alimenter des modèles d’IA conçus pour reproduire des tâches humaines courantes, comme la navigation Web ou la gestion de fichiers. Son installation est obligatoire, sans possibilité de refus.

Concrètement, les employés servent, malgré eux, à former les systèmes qui pourraient les remplacer. Meta n’est pas seule dans cette logique, d’autres acteurs de la tech ont justifié des licenciements par la montée en puissance de l’automatisation cette année. Mais l’ampleur des investissements du groupe de Zuckerberg donne à la situation une tout autre dimension : entre 125 et 145 milliards de dollars de dépenses d’investissement sont programmés pour 2026, consacrés en grande partie à l’infrastructure IA.

Une mission qui perd son sens

Mais ce n’est pas tout. La frustration est aussi salariale. En février, Meta a réduit pour la deuxième année consécutive la part des augmentations versées en actions, après une première coupe l’an dernier. En conséquence, la rémunération médiane totale a reculé, mais pas chez tout le monde. Car les profils IA, eux, sont clairement avantagés.

Et la direction ne semble guère s’en émouvoir. Quand les employés ont tenté d’exprimer leur mécontentement en interne, le directeur technique, Andrew Bosworth, les a rembarrés publiquement, selon plusieurs témoignages. Une réaction qui a choqué, et renforcé le sentiment que la parole des salariés ne compte plus vraiment.

Et pour couronner le tout, les récents procès n’ont rien arrangé. En mars, deux verdicts rendus par des jurys en Californie et au Nouveau-Mexique ont condamné Meta à verser près de 380 millions de dollars en dommages et pénalités civiles, après avoir établi la responsabilité de l’entreprise dans des expériences néfastes vécues par ses jeunes utilisateurs. Ces affaires ont ravivé des questions profondes chez les salariés, notamment sur le sens de leur travail et sur ce que Meta construit vraiment au fond.

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