C'est la fin de l'abondance pour les rêves de grandeur de Mark Zuckerberg. Après 70 milliards de dollars partis en fumée, la réalité rattrape violemment la division Reality Labs : licenciements massifs et gueule de bois carabinée au menu.

Meta Quest 3S - © Shutterstock
Meta Quest 3S - © Shutterstock

Le couperet est tombé, froid et métallique. Comme le rapporte The Verge, la division Reality Labs subit une saignée sans précédent. Ce n'est pas un simple ajustement comptable de début d'année, c'est un aveu d'échec retentissant pour une entreprise qui a littéralement changé de nom pour une chimère. Vous pensiez que le pivot vers l'intelligence artificielle suffirait à sauver les meubles du département VR ? Détrompez-vous, le ménage ne fait que commencer. Pour comprendre cette décision brutale, il faut regarder les chiffres en face : l'hémorragie financière était devenue insoutenable.

L'hémorragie chez Reality Labs est confirmée

Mark Zuckerberg a fini par écouter ses actionnaires plutôt que ses ambitions démiurgiques. Selon les informations relayées par la presse américaine, Meta s'apprête à licencier des milliers d'employés au sein de sa division matériel et métavers. Les coupes concerneraient environ 10 à 15% des effectifs de Reality Labs.​ Il faut dire que le bilan comptable donne le vertige. Depuis 2020, cette division a accumulé près de 70 milliards de dollars de pertes opérationnelles. Rien que sur l'année 2024, le déficit s'élevait à 17,7 milliards de dollars. À ce rythme, même la machine à cash publicitaire de Meta ne suffisait plus à éponger les dégâts.​

Concrètement, ces départs marquent l'arrêt de mort de nombreux projets expérimentaux. Si le casque Quest reste au catalogue, l'accent est désormais mis exclusivement sur les lunettes connectées (type Ray-Ban) et l'IA embarquée. Le rêve d'un monde virtuel immersif à la Ready Player One s'éloigne pour laisser place à un pragmatisme industriel beaucoup plus terre à terre. Comme nous l'analysions précédemment, et si Mark Zuckerberg avait tort depuis le début ? Le terrible aveu de Meta sur le métavers résonne aujourd'hui comme une prophétie réalisée.

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07 janvier 2026 à 14h52
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Derrière la casse sociale, le pragmatisme froid de l'IA

Pourquoi agir maintenant, en ce début 2026 ? Parce que la patience de Wall Street a des limites que l'ego de Zuckerberg a fini par toucher. Le patron de Meta avait prévenu : 2025 était l'année décisive pour le métavers. L'année est passée, le verdict est tombé, et il est sans appel. Meta ne veut plus être l'architecte d'un monde virtuel vide, mais le leader de l'intelligence artificielle générale. Les ressources libérées par ces licenciements ne sont pas économisées, elles sont simplement transférées vers l'achat de GPU et le développement de modèles Llama toujours plus gourmands.​

C'est une leçon de cynisme économique : le métavers était un pari à taux zéro. Dans un monde où où l'IA génère de la valeur immédiate, maintenir une armée d'ingénieurs sur des avatars sans jambes n'avait plus aucun sens. Zuckerberg n'abandonne pas totalement la réalité mixte, mais il la réduit à sa plus simple expression : un support pour son IA, et non plus une fin en soi.

Source : The Verge