L'UMP lance sa "Révolution numérique" et ses 45 propositions

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Le 29 juin 2011
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Après la récente annonce du programme du Parti socialiste, l'UMP a convoqué l'ensemble des acteurs d'Internet pour dévoiler sa vision du numérique. Le parti a donc mis sur pied 45 propositions destinées à mettre en place une « Révolution numérique » en 4 temps : la neutralité du réseau, la responsabilisation des internautes, l'Éducation et le soutien à l'Economie.

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Pour soutenir ces propositions des représentants de la majorité (Jean-François Copé, Laure de La Raudière, Franck Riester, Hervé Mariton), Eric Besson, ministre de l'Economie numérique ainsi que des professionnels du Web et du numérique (Hadopi, Cnil, CNN, Facebook...) étaient présents. La plupart d'entre eux étaient invités à débattre des 45 sujets (.pdf) mis sur la table par l'UMP.

Eric Besson a profité de son allocution pour glisser quelques tacles appuyés à l'attention de ses anciens collègues du PS et de son programme numérique :« J'ai été surpris par le PS et son programme lorsqu'il évoque la création d'un opérateur pour surveiller le déploiement de la fibre. C'est un saut de 20 ans en arrière. De même, le PS propose une contribution individuelle socialement progressive qui ressemble à un impôt sur l'accès à Internet » explique-t-il.

En dehors de ces quelques sorties de nature politique, le ministre et les représentants UMP ont donc élaboré leur action en 4 chapitres principaux. Tout d'abord, la neutralité du réseau devrait à l'avenir être inscrite dans la loi. Jean-François Copé, secrétaire général du parti souhaite « qu'une loi cadre soit énoncée sur ce sujet. Il faut une loi qui n'édicte pas à la virgule près ce qu'il faut faire ou pas mais un cadre global énonçant certains principes ».

Une loi-cadre signifie donc que le texte voté définirait les grandes lignes d'une définition de la neutralité. Le détail de la loi serait ensuite mis sur pied par décrets, ouvrant la voie à une spécification plus fine pour chaque secteur mais pouvant également rendre plus opaque l'application d'une telle loi.

Outre ce véritable « objectif politique » selon les termes utilisés par le mouvement, l'accent est également porté sur l'auto-responsabilisation des acteurs et des internautes. Un concept qui s'inscrit clairement dans le discours tenu par le chef de l'Etat lors de l'E-G8 (Nicolas Sarkozy parlait d'un Internet responsable).

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Autre mesure, l'UMP rejette « l'idée d'une surveillance généralisée du réseau » et propose d'établir une « procédure unique faisant intervenir systématiquement l'autorité judiciaire, hors circonstances exceptionnelles, pour la mise en place de blocage ou de filtrage sur le réseau ». En principe, un blocage dont les conditions seraient définies par décret ne pourrait donc pas être admis malgré les positions récentes de certains membres du gouvernement...

L'Education, point névralgique de l'Internet de demain

Pendant cette convention durant laquelle chaque participant était invité, s'il le souhaite, à troller sur les sujets débattus, l'UMP a fait le choix d'axer de nombreuses propositions sur l'éducation et l'apprentissage des technologies numériques. En ce sens, le mouvement souhaite la création au collège et au lycée d'une matière « spécifiquement dédiée à Internet et au numérique comprenant des aspects éthiques, économiques et techniques ». L'ensemble des degrés d'éducation pourrait être concerné avec la mise en place d'Espaces numériques de travail (ENT) dans le secondaire et à l'Université.

Outre ces mesures éducatives, l'UMP propose également d'instituer un programme visant à doter les français de tablettes tactiles. Un programme baptisé « Tablette tactile à 1 euro par jour » serait étudié, à l'image d'une initiative lancée voilà quelques années pour que les étudiants se dotent d'ordinateurs portables ou de netbooks.

Les professionnels, la croissance et les « investissements d'avenir »

L'angle économique fait l'objet d'un traitement particulier. En dehors des mesures d'encouragement au déploiement du très haut débit (fibre optique) déjà largement évoquées par le ministre de l'Economie numérique (objectif de 100 % du territoire couvert d'ici 2025), les députés ont insisté sur la création d'un « Small business Act » à la française.

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Concrètement, une partie des achats publics devrait être réservée aux PME du secteur des « hautes technologies, de recherche et de développement ». De même, Eric Besson confirme que le statut des JEI (Jeunes entreprises innovantes) sera revu.

Insistant sur le poids de l'Economie numérique dans la croissance française, l'UMP compte mettre à profit la récente loi Pécresse sur l'autonomie des universités afin d' « encourager le développement de pôles de compétences du Web par la création de nouvelles filières universitaires et d'incubateurs dédiés aux entreprises de l'Internet ». Selon Jean-François Copé, ce point sera primordial puisqu'il pourrait représenter « un des éléments clé du programme politique présidentiel qui sera présenté aux Français »...
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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