Windows sur Mac : le tour des solutions disponibles

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Il y'a encore quelques années, l'idée de faire tourner Windows nativement sur un Mac était complètement farfelue, tout comme l'était le passage à des processeurs x86, le PowerPC étant considéré comme la grande force de la plate-forme. Il était évidemment possible de faire tourner Windows en émulation, grâce à Virtual PC de Connectix, racheté depuis par Microsoft, mais les besoins en ressource de l'émulation d'un processeur x86 sur une architecture PowerPC étaient tellement importants que les performances très limitées interdisaient tout usage autre qu'occasionnel. La donne a changé avec la sortie des premiers Mac équipés de processeurs Intel en janvier 2006, quelques mois après une annonce choc qui avait pris tout le monde de cours. Très vite, quelques courageux développeurs se sont lancé le défi de faire tourner une version de Windows sur un Mac.

Le défi a été relevé, mais vite rendu obsolète par Apple elle-même : la firme de Cupertino a non seulement spécifié de manière explicite qu'elle ne s'opposait pas du tout à l'exécution de Windows sur ses machines, mais n'a pas tardé à proposer sa propre solution, baptisée Boot Camp. Proposée initialement en version bêta gratuite pour les utilisateurs de Mac OS X Tiger, Boot Camp est désormais intégrée (et réservée) à Leopard et permet, très simplement, de dédier une partition du disque dur à Windows et de choisir le système à lancer au démarrage du Mac. Parallèlement, si on peut dire, plusieurs éditeurs de solutions de virtualisation, dont Parallels et VMWare, ont développé des logiciels plutôt intéressants, permettant quant à eux d'exécuter Windows à l'intérieur de Mac OS X, en virtualisation et avec quelques aménagements destinés à intégrer au mieux les applications Windows avec celles du Mac. Les deux solutions ont leurs avantages et leurs inconvénients, selon l'utilisation de Windows que l'on souhaite avoir. Quelle est la meilleure solution pour votre usage, et quel est le Mac le plus adapté à l'exécution de Windows de manière confortable ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de répondre dans ce guide.

Dual boot et virtualisation : un peu de technique

Avant d'entrer dans le vif du sujet, il semble utile de rappeler les différences techniques entre les deux solutions que nous allons étudier, à savoir le dual boot et la virtualisation. Le dual boot, fréquemment utilisé pour faire cohabiter Windows et Linux sur un PC, consiste à dédier un disque ou une partition à chaque système, et à installer sur le secteur d'amorçage de la machine un menu permettant de lancer un des deux systèmes au démarrage. Cette technique permet d'utiliser pleinement les composants et périphériques de la machine en version native. Nous verrons que c'est particulièrement important pour les jeux ou les applications multimédia. En revanche, le dual boot ne permet aucune interaction entre les deux systèmes, si ce n'est en créant une partition dans un système de fichier lu et écrit par les deux.


La virtualisation permet quant à elle d'exécuter un système « invité » à l'intérieur d'un système « hôte », en exploitant les cycles inutilisés du processeur. Contrairement à l'émulation, la virtualisation se dispense ainsi de la phase la plus consommatrice en ressources de l'émulation, à savoir la simulation d'une architecture différente. Concrètement, cela signifie que Windows, en virtualisation, tournera avec des performances tout à fait correctes. En revanche, la technologie a de grosses limites matérielles, notamment au niveau de la carte graphique. Même si vous utilisez une Geforce 9800, votre Windows virtualisé utilisera l'émulation d'une carte graphique des plus basiques.

Rappelons, dans tous les cas, que les solutions que nous détaillons dans les pages suivantes nécessitent un Mac équipé d'un processeur Intel. Le seul moyen d'utiliser Windows sur une architecture PowerPC est de passer par Virtual PC de Microsoft, dont le développement a été abandonné sur Mac.

BootCamp : faire cohabiter Windows et Mac OS X

Intégrée à Mac OS X Leopard, la fonctionnalité BootCamp permet de partager le disque dur en deux partitions et installer Windows aux côtés de Mac OS X pour lancer l'un ou l'autre au démarrage. La solution était déjà proposée sous Tiger sous forme de version bêta à durée limitée et renouvelable mais la dernière bêta ayant expiré à la sortie de Leopard, il est aujourd'hui indispensable d'utiliser ce dernier pour en bénéficier.

Installation

Boot Camp se présente sous la forme d'un assistant très simple à utiliser puisqu'il règle le problème du partitionnement en quelques clics. L'outil vous propose ainsi de redimensionner votre partition Mac OS X et crée automatiquement la partition destinée à l'installation de Windows. Par défaut, une partition de 5 Go est proposée, ce qui peut être un peu juste, mais deux autres réglages automatiques sont disponibles : attribuer 32 Go à la partition Windows, ou « découper » le disque en parts égales. Vous pouvez évidemment régler vous-même la taille de la partition.
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Une fois la partition créée, Boot Camp vous invite à insérer votre CD d'installation Windows pour poursuivre la procédure, qui s'effectue comme pour n'importe quelle version de Windows. Faites néanmoins attention à un détail : lorsqu'on vous propose de choisir une partition pour y installer Windows, sélectionnez donc la partition créée par Boot Camp.

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Après le premier démarrage de Windows, il reste encore une démarche à effectuer : installer les pilotes. Pour cela, il vous suffit d'insérer votre DVD de Leopard et de suivre les instructions. Ce DVD contient en effet les pilotes pour tout le matériel présent dans votre Mac : carte graphique, réseau, clavier, Wi-fi, Bluetooth, graveur CD/DVD ou encore webcam. La procédure installe tous les pilotes sans la moindre intervention. Après un redémarrage, vous êtes prêts à utiliser votre Mac avec Windows XP. Attention cependant à régler un petit problème : après installation de Windows, le Mac ne démarre plus sous Mac OS X par défaut, mais sous Windows. Si vous souhaitez remettre Mac OS X comme système par défaut, rendez vous dans le panneau de configuration Bootcamp et sélectionnez le disque Macintosh HD en double cliquant dessus.

Bootcamp à l'utilisation

Une fois sous Windows, votre Mac se comporte exactement comme un PC lambda. Les pilotes installés par Boot Camp ajoutent néanmoins quelques subtilités. Tout d'abord on appréciera le fait que la disposition du clavier Mac soit respectée : vous n'aurez pas à chercher les correspondances des symboles. Cela peut être perturbant, en revanche, si vous êtes habitués à une disposition « classique » Windows. L'arobase, par exemple, ne s'obtient pas par la combinaison Alt Gr+0 mais par la fameuse touche Arobase des claviers Mac. Pour les portables, l'absence de clic droit peut être palliée, comme sous Mac OS X pour les portables récents, par un clic de souris tout en plaçant deux doigts sur le trackpad. En revanche, le défilement d'ascenseur au trackpad (toujours avec deux doigts) fonctionne de manière assez erratique : il est facile de descendre, moins souvent de monter. Enfin, parmi les petits détails qui ne dépayseront pas les utilisateurs de Mac, les incrustations visuelles lors de la modification du volume, de la luminosité ou de l'éjection d'un CD, sont les mêmes que sous Mac OS X.

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Quel est le meilleur Mac pour profiter de Boot Camp ?

Boot Camp installe des pilotes pour tous les composants du Mac utilisé. Cela signifie que vous pourrez profiter notamment des pilotes graphiques, et donc de jouer. L'abondance des jeux PC (par rapport à la pénurie du côté d'Apple) est évidemment le principal intérêt d'installer Windows aux côtés de Mac OS X. Une question se pose alors, notamment pour les utilisateurs potentiels de Mac OS X : quel modèle choisir ? Pour pouvoir jouer aux jeux les plus récents, il est nécessaire de disposer d'une carte graphique suffisamment puissante. C'est très loin d'être le cas sur tous les Mac disponibles sur le marché. L'entrée de gamme d'Apple est notamment sous équipée dans ce domaine. Les Mac Mini, Macbook et MacBook Air intègrent un chipset Intel GMA (mémoire partagée), souvent insuffisant pour faire tourner pleinement des jeux récents.

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Le chipset intégré des MacBook et Mac Mini est trop léger pour les jeux PC récents


En montant dans la gamme, on trouve des configurations nettement plus robustes et dotées de cartes graphiques dédiées, mais qui restent assez légères pour les jeux les plus exigeants. Les iMac offrent un choix entre ATI Radeon 2400 XT, 2600 PRO et Nvidia Geforce 8800 GS selon les modèles. La dernière est cependant réservée aux modèles haut de gamme. Les MacBook Pro sont sans doute le meilleur compromis puisqu'ils sont tous équipés d'une Geforce 8600M GT. Là encore, il ne s'agit pas d'une carte haut de gamme, mais d'une carte permettant des performances correctes. Les Mac Pro, extensibles, ne souffrent pas de ces limitations, mais il s'agit de machines destinées uniquement aux professionnels, et les tarifs sont en conséquence : à des prix débutant à 2 500 euros TTC sans écran, il serait totalement impensable d'acheter une telle machine uniquement dans le but de disposer d'un Mac évolutif pour jouer sous Windows.

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Les MacBook Pro et iMac bénéficient de cartes graphiques dédiées


Les limitations de Bootcamp

Boot Camp crée une partition séparée sur laquelle vous exécutez Windows au démarrage de votre Mac. Vous utilisez donc soit l'un soit l'autre et les interactions entre les deux systèmes sont limitées au strict minimum, d'autant plus que le partage de fichiers d'une partition à l'autre est assez compliqué : Mac OS X permet de lire mais pas d'écrire sur une partition NTFS, et Windows est totalement incompatible avec le système de fichier HFS du Mac. Le seul contournement possible est d'installer Windows en formatant la partition en FAT32, le seul système de fichier reconnu en lecture et écriture par les deux systèmes, ou de passer par un périphérique externe au format FAT ou FAT32 (clé USB, disque dur externe...)

Virtualisation : Exécuter Windows dans Mac OS X

La virtualisation est un autre moyen d'exécuter Windows sur un Mac. Cette fois ci, il ne s'agit pas d'installer deux systèmes côte à côte mais d'installer une application Mac dans laquelle vous exécuterez Windows, avec des performances tout à fait acceptables puisque contrairement à une émulation pure et dure qui nécessite une puissance de calcul considérable pour émuler une architecture différente, la virtualisation utilise en l'occurrence les cycles inutilisés du processeur Intel des Mac. Trois solutions de virtualisation sont disponibles sur Mac : VMWare Fusion, Parallels Desktop et VirtualBox. Les deux premières ont vu le jour spécifiquement pour l'exécution de Windows à l'intérieur de Mac OS X, même s'il est possible d'installer d'autres systèmes d'exploitation tels que Linux ou Solaris. Il s'agit de logiciels commerciaux, vendus à un prix toutefois assez modeste (79 euros), et bénéficiant de nombreux raffinements qui justifient leur prix. VirtualBox est à la base un projet libre créé par Innotek, une société rachetée depuis par Sun. Il ne propose pas le même niveau d'intégration que ses concurrents payants, mais il est entièrement gratuit, tout à fait fonctionnel, et sa qualité progresse au fil des versions.

Installation : machines et disques durs virtuels

Une solution de virtualisation fonctionne avec un système hôte (ici Mac OS X) et une application qui va accueillir un système dit invité (Windows). Pour exécuter ce système, il faut créer une machine virtuelle qui se comporte exactement comme un PC, mais dont la plupart des composants, tels que la carte graphique, le disque dur ou la carte son, sont émulés. En revanche, d'autres caractéristiques utilisent les ressources matérielles du PC : il est ainsi possible de disposer de sa carte réseau ou de son lecteur de CD/DVD. La création d'une machine virtuelle passe par les mêmes étapes quelque soit le logiciel utilisé : choix du système à installer, définition de la mémoire à allouer à la machine et création du disque dur virtuel. Celui-ci peut être de taille extensible et il est recommandé d'utiliser cette possibilité pour économiser de l'espace disque, bien réel, sur le disque dur de votre Mac. De même, attention à la quantité de mémoire à allouer à une machine virtuelle. Une fois la machine créée, installez Windows comme vous le feriez pour une installation normale. Détail appréciable : Parallels Desktop et VMWare Fusion vous proposent tous deux de saisir votre numéro de série avant l'installation, que vous pourrez alors laisser tourner.

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Le processus de création d'une machine virtuelle est guidé par des étapes très simples


Windows sur Mac en virtualisation : utilisation au quotidien

Par défaut, le fonctionnement d'une machine virtuelle n'est pas très pratique : le pointeur de la souris est cantonné à l'intérieur de la fenêtre et nécessite un raccourci clavier pour jongler entre le système hôte et le système invité. Pour profiter pleinement des avantages de la virtualisation, il faut installer sur le système hôte des pilotes supplémentaires, que l'on nomme généralement « additions ». Parallels Desktop et VMWare Fusion proposent l'installation automatique de ces derniers. Les additions augmentent nettement le confort d'utilisation et apportent plusieurs fonctionnalités essentielles. La plus visible est la possibilité de capturer le pointeur de la souris. Concrètement, cela signifie que le pointeur n'est plus « prisonnier » de la fenêtre : lorsque vous survolez la fenêtre de l'application, le pointeur se transforme en pointeur Windows. Cette possibilité est accompagnée d'une autre avancée indispensable : il est possible de glisser/déposer des fichiers entre les deux systèmes et d'effectuer des copier/coller fonctionnels.

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L'intégration de Windows à Mac OS X ne s'arrête pas là, du moins pour les deux logiciels commerciaux Parallels Desktop et VMWare Fusion. Les deux logiciels se livrent une concurrence assez rude sur des fonctionnalités semblables, l'un reprenant les innovations de l'autre. La fonctionnalité la plus intéressante s'appelle Coherence chez Parallels et Unity chez VMWare. Elle permet de se passer du bureau Windows dans une fenêtre unique et de gérer chaque fenêtre indépendamment. Les applications Windows se fondent alors dans Mac OS X : les fenêtres peuvent être déplacées librement, et leurs icônes se retrouvent dans le Dock, comme des applications natives. En réalité, ce mode ne fait que masquer le bureau autour des fenêtres, en leur ajoutant une ombre portée. Il arrive fréquemment que des bugs d'affichage se produisent mais l'effet est néanmoins très réussi et transparent.

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Les fenêtres Windows s'intègrent presque parfaitement à Mac OS X


VMWare Fuision et Parallels Desktop permettent également, l'un comme l'autre, l'intégration des fenêtres Windows dans le mode Exposé de Mac OS X qui permet d'effectuer un zoom arrière sur le bureau pour y retrouver ses applications plus facilement, et même la prise en charge (tout de même assez buggée, notamment dans VMWare Fusion) de Spaces, la fonctionnalité de bureaux virtuels de Mac OS X Leopard. VirtualBox, le seul logiciel de virtualisation gratuit sur Mac, propose un mode similaire, mais moins abouti : les applications Windows n'apparaissent pas séparément dans le Dock, et le mode ne gère pas Exposé ou Spaces. Il offre en revanche tout le confort des « additions » client : intégration du pointeur, modification de la résolution à la volée ou copier/coller.

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VirtualBox est un peu moins évolué mais entièrement gratuit

Virtualisation : pour quel public ?

Par rapport au dual boot, la virtualisation comporte de nombreux avantages, mais aussi des limites. Nous évoquerons le cas un peu à part du jeu plus bas, mais il convient généralement d'exclure toute application mettant fortement à contribution la carte graphique ou la carte son (montage vidéo, musique assistée par ordinateur, 3D...). En revanche, pour des applications de bureautique, ou certaines applications internet uniquement disponibles pour Windows, il peut être préférable d'utiliser Parallels, VMWare ou VirtualBox. Plusieurs cas de figure viennent à l'esprit. On peut notamment évoquer celui des développeurs qui n'ont pas envie de jongler entre plusieurs machines pour tester leur application sous Windows, Mac OS X ou Linux. On pense notamment au développement web : passer par la virtualisation permet d'avoir une version d'Internet Explorer sous la main pour y tester le rendu d'un site. Autre avantage pour le développement et les tests en tous genres : la possibilité de sauvegarder l'état du système. Présent dans toute solution de virtualisation qui se respecte, cette fonctionnalité permet de créer une image du système avant une manipulation délicate et de revenir en arrière en cas de dysfonctionnement. C'est évidemment possible sous Windows en passant par la réalisation d'une image disque avec Norton Ghost ou Acronis True Image ou par les points de restauration, mais les « snapshots » des machines virtuelles sont sans équivalent au niveau de la souplesse et de la rapidité de réalisation. Si vous comptez utiliser Windows à des fins de tests qui ne mettent pas à contribution les périphériques émulés de manière logicielle (carte graphique, carte son...), le recours à la virtualisation comporte de sérieux avantages. Il peut aussi arriver d'avoir besoin d'une application très ciblée et spécifique disponible uniquement sous Windows, par exemple Microsoft Access ou Project qui n'existent pas pour Mac. Si cette application ne souffre pas des limitations de performances d'une machine virtuelle, il peut être nettement plus pratique d'en disposer au sein de Mac OS X que de devoir redémarrer son Mac pour l'utiliser sous BootCamp.

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Les snapshots permettent de sauvegarder et restaurer instantanément le système


Prise en charge matérielle

La virtualisation pose le problème de la compatibilité matérielle : tous les périphériques et composants du Mac ne sont pas gérés. La carte graphique et la carte son, notamment, apparaissent comme des composants génériques, même si votre Mac dispose d'une Geforce 8800 et d'une carte son professionnelle. En revanche, certains périphériques sont pris en charge, et c'est notamment le cas de tous les périphériques USB tels que les baladeurs, les PDA ou les disques durs externes. Cette compatibilité, autrefois limitée à l'USB 1.1, s'est étendue depuis à l'USB 2.0. Le fonctionnement des périphériques est assez simple même s'il varie selon les solutions. Dans les trois logiciels disponibles sur Mac, on trouve en bas de la fenêtre de l'application des icônes permettant de « s'approprier » les périphériques USB branchés sur le Mac (et qui sont utilisés par défaut par Mac OS X). Si vous branchez un disque dur externe, il faudra donc l'attribuer manuellement au système Windows, et il ne sera plus disponible sous Mac OS X pendant ce temps. Ne vous attendez pas, cependant, à des taux de transferts comparables à ce qu'on obtiendrait en « natif » : même si la vitesse reste correcte, la perte de vitesse se fait largement sentir.

L'intérêt est néanmoins de pouvoir gérer certains périphériques incompatibles avec Mac OS X, tels que les appareils Windows Mobile (même s'il existe des logiciels dédiés à cette tâche, comme Missing Sync ou Pocket Mac) ou les baladeurs nécessitant l'utilisation du protocole MTP de Windows Media Player. La prise en charge USB permet également d'utiliser certains périphériques intégrés au Mac, notamment la webcam des portables et de l'iMac, le Bluetooth ou le capteur infra rouge de l'Apple Remote.

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En installant les pilotes Boot Camp, vous pourrez utiliser la webcam iSight des portables et de l'iMac


Et les jeux dans tout ça ?

Il y'a encore deux ans, jouer avec une solution de virtualisation était complètement illusoire. La situation a néanmoins bougé avec l'arrivée de VMWare Fusion et Parallels Desktop 3.0, permettant tous deux de jouer à des jeux DirectX 8 et même 9, cette dernière version étant gérée de manière expérimentale par VMWare Fusion : les shaders ne sont actuellement pas pris en charge, ce qui devrait être le cas pour la prochaine version 2.0. Il faut donc se contenter de jeux relativement anciens, et de performances assez modestes, même si elles sont tout à fait prometteuses. Néanmoins, il faudra là encore distinguer les Mac équipés de chipsets intégrés de ceux bénéficiant d'une puce graphique dédiée : la prise en charge de l'accélération 3D est très incertaine sur les premiers, et il ne faudra pas s'étonner de comportements étranges dus à l'absence de prise en charge de certaines fonctionnalités. Dans tous les cas, l'expérience est totalement incomparable à celle obtenue avec BootCamp. Disons le clairement : le jeu en virtualisation est actuellement à un stade purement expérimental et Boot Camp est actuellement la seule solution valable pour jouer à des jeux Windows sous Mac OS X, à plus forte raison s'ils sont récents.

Le meilleur des deux mondes ?

Précisons pour finir que VMWare Fusion comme Parallels Desktop permettent d'utiliser en virtualisation une partition Boot Camp. L'intérêt est alors de bénéficier du meilleur des deux technologies : pour une utilisation au quotidien, vous pouvez rester sous Mac OS X et lancer vos applications légères (bureautique, internet...) via votre solution de virtualisation. Si vous avez besoin des ressources matérielles pour jouer ou exécuter des applications multimédia plus gourmandes, un redémarrage et vous voilà sous Windows de manière « native ». Alléchante en théorie, cette solution se heurte en pratique aux technologies d'activation de Windows XP et Vista. En effet, le passage de Boot Camp à VMWare ou Parallels induira Windows en erreur, celui ci croyant que vous avez changé de configuration matérielle. La méthode généralement préconisée est la suivante :

  • 1. Installer Windows XP/Vista avec BootCamp
  • 2. Activer Windows sous BootCamp
  • 3. Installer Parallels ou VMWare, et choisir la partition BootCamp (la démarche varie selon le logiciel)
  • 4. Installer les « additions » client (VMWare Tools ou Parallels Additions) depuis votre logiciel de virtualisation
  • 5. Redémarrer et réactiver Windows sur la machine virtuelle

Néanmoins, il faut savoir qu'il est fortement probable que l'étape 5 nécessite une réactivation par téléphone. On ne peut pas en vouloir aux éditeurs de solutions de virtualisation qui ne sont pas responsables de la politique de Microsoft en matière d'activation de logiciels. Néanmoins, on peut s'étonner du fait que cette fonctionnalité soit à ce point mise en avant par les deux éditeurs qui la permettent, sans la moindre mise en garde à ce sujet sur les documents promotionnels de VMWare Fusion ou Parallels Desktop.

Le Mac est il le PC idéal ?

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A priori, on pourrait penser qu'un Mac est en quelque sorte un PC unique puisqu'il est, officiellement, la seule machine permettant d'exécuter en toute légalité Mac OS X et Windows. Il reste malgré tout une réserve à apporter à cette affirmation. Souvent cité comme argument à l'encontre des ordinateurs Apple, le prix d'un Mac, même s'il a très nettement baissé ces dernières années, peut demeurer un obstacle, pas forcément en temps que tel, mais au vu de la configuration matérielle proposée. A 500 euros, un Mac Mini équipé d'un graveur de CD, d'un petit giga de mémoire vive et d'un rachitique chipset GMA 950 peut paraître hors de prix alors que l'on peut sans doute trouver un PC équipé d'un processeur Core2Quad, d'une carte graphique dédiée et de 2 voire 3 Go de mémoire vive pour à peine plus cher (évidemment, le faible encombrement et le silence sont deux facteurs importants en faveur du Mini). Dans la mesure où l'intérêt d'utiliser Windows sur un Mac est en partie la possibilité d'accéder à la ludothèque étendue des PC, c'est un argument à prendre en compte : un Mac susceptible de faire tourner des jeux récents de manière optimale coûte cher : en dessous de l'iMac ou du MacBook Pro, point de salut ! Evidemment, le jeu n'est pas la seule raison valable pour faire cohabiter les deux systèmes : la possibilité d'utiliser des applications spécifiques, non disponibles sur Mac, ou d'effectuer des tests pour les développeurs sont des avantages non négligeables. Dans ce cas, on se contentera tout à fait d'un Mac Mini ou d'un MacBook.


Deuxième question : faut-il passer par Boot Camp ou par une solution de virtualisation ? Là encore, tout dépend de votre usage. En ce qui concerne les jeux, malgré les progrès réalisés par VMWare ou Parallels sur le plan de l'accélération 3D, les performances restent actuellement en dessous de ce que propose une utilisation « native » sous BootCamp. Néanmoins, les avancées en la matière sont régulières et assez impressionnantes : VMWare Fusion 2.0, actuellement en version bêta, promet une prise en charge des shaders model 2 sous DirectX 9. On peut penser que d'ici un an, les choses auront encore bougé, mais à l'heure actuelle, BootCamp reste la solution privilégiée pour les jeux. En revanche, pour d'autres usages, notamment pour le développement ou l'utilisation d'applications spécifiques, les avantages de la virtualisation sont évidents : possibilité de lancer simultanément plusieurs systèmes d'exploitation (à condition de disposer de la mémoire vive nécessaire), sauvegardes de l'état du système pour revenir en arrière en cas de problème, copier/coller et glisser/déposer de fichiers entre Mac OS X et Windows... autant de détails qui rendent l'utilisation d'une solution de virtualisation beaucoup plus pratique à l'usage qu'un « multi boot ».

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Enfin, pour ceux qui auraient choisi la virtualisation, quelle solution adopter ? VMWare Fusion et Parallels Desktop bénéficient indéniablement d'un niveau de finition et d'intégration à Mac OS X tout à fait remarquable, notamment le mode Coherence/Unity qui est un véritable plaisir à utiliser. On appréciera également le fait de pouvoir installer les pilotes BootCamp et donc de disposer du Bluetooth, du capteur infra-rouge de l'Apple Remote ou encore de la webcam intégrée aux portables et à l'iMac. VirtualBox a le mérite d'être gratuit et propose des fonctionnalités tout à fait satisfaisantes. Néanmoins, le logiciel n'a pas été conçu spécifiquement dans l'optique d'une utilisation Windows/Mac, et il ne propose pas la plupart des raffinements de VMWare ou Parallels en ce qui concerne l'intégration avec Mac OS X. On se consolera tout de même avec la présence d'additions client permettant au moins les fonctionnalités principales telles que l'intégration du pointeur.

Télécharger Boot Camp pour Mac OSX.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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