Moodstocks : la reconnaissance d'images par une jeune pousse française

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Le 28 décembre 2010
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Dans le domaine de la reconnaissance d'images, nous entendons beaucoup parler des efforts de Google, Facebook, Apple et autres géants de la Silicon Valley. Pourtant le sujet intéresse également les entrepreneurs français à l'image de l'équipe de Moodstocks.

La société propose en effet trois applications pour iPhone : MNotes, MShopper et MContacts. La première permet de prendre un cliché, d'annoter ce dernier et de le partager au sein de la communauté ou sur un réseau tiers. MShopper sera capable d'associer les photos du mobinaute à une base d'images de produits pour lui retourner une grille tarifaire extraite de comparateurs de prix. Enfin MContacts est un gestionnaire de cartes de visite.

Afin d'en savoir plus les ambitions de Moodstocks nous nous sommes entretenus avec son co-fondateur Denis Brulé.

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Moodstocks Notes


A première vue, vos applications font penser à Google Goggles, en quoi ces dernières se distinguent-elles ?

Denis Brulé : A la différence de Goggles, chez Moodstocks nous opérons une reconnaissance, mais également une indexation, en temps réel. Aujourd'hui cet aspect n'est pas présent chez Google. Nous apportons donc une capacité à enrichir le réseau quasiment en direct. Il doit y avoir un décalage de l'ordre de 3 à 5 secondes mais nous travaillons pour améliorer davantage notre technologie.

MContacts ne fonctionne que si l'application est installée à grande échelle sur tous les iPhone. Pourquoi ne pas intégrer une technologie de reconnaissance de caractères ? Et quid du code-barre ?

D.B : Non nous ne faisons pas d'OCR. Il s'agit d'ailleurs d'une autre différence avec Goggles. Quelque part cela évite d'avoir à éditer un texte mal reconnu. Dans la mesure où nous sommes une petite équipe nous souhaitons nous focaliser sur la reconnaissance d'images.

Nous ne croyons pas trop non plus au code-barre. Si nous devions intégrer ces technologies je pense que nous ferions des partenariats avec des services déjà compétents dans leurs domaines. C'est trop contraignant pour nous.

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Moodstocks Contacts


A quoi ressemble votre infrastructure ?

D.B : Nous utilisons les services web d'Amazon. Nous avons développé un middleware baptisé Moodstocks Cloud. C'est ce dernier qui permet l'indexation. Il est très élastique et sait s'adapter à la charge d'entrée. Nous faisons de la vraie reconnaissance d'images. D'ailleurs en 2009 nous avons obtenu le lauréat du ministère de la recherche.

Pourriez-vous nous parler de votre stratégie et des outils de développement que vous mettez à disposition ?

D.B : Nous avons une interface de programmation qui permet de pouvoir indexer le contenu via une interface REST. Cette dernière retourne également les statistiques comme le nombre d'images ou le nombre de notes.

Nous avons aussi publié un kit de développement afin d'intégrer la technologie au sein des smartphones. Le SDK va donc envoyer des requêtes à cette API et s'apparente très fortement au composant natif de l'iPhone auquel nous avons rajouté notre sauce magique.

Nous ne pouvons vendre les produits que si nous les expérimentons nous-mêmes. Nous devons comprendre les difficultés éventuelles qui se posent en terme d'intégration.

Pour l'application MShopper combien d'articles avez-vous indexé ?

D.B : Il y a environ 1,5 million d'articles, tous ont été indexés par nos soins.

Souhaitez-vous vous concentrer uniquement sur l'iPhone ?

D.B : Non, nous allons prochainement développer des applications pour Android ainsi que pour Windows Phone 7.

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Moodstocks Shopper (Pikadeo)


Quelle est votre stratégie commerciale ?

D.B : Aujourd'hui tout le monde à un smartphone. Nous pensons qu'à terme, tous les terminaux intégrerons la reconnaissance d'images. Il s'agit donc de vendre notre technologie en marque blanche.

Donc vous ne monétiserez pas vos applications ?

D.B : Ce n'est pas l'objectif. Cependant si MNotes décolle, comme c'est déjà le cas actuellement, nous resterons pragmatiques et pourrions par exemple développer des applications de type B-to-C. Le plus important pour nous est qu'il y ait un usage pertinent en ajoutant de l'intelligence à la prise de photos.

MNotes est d'ailleurs votre application la plus populaire aujourd'hui, quelles sont vos ambitions pour celle-ci ?

D.B : Nous allons intégrer les différentes API des services comme Facebook et Twitter. Nous souhaitons construire un véritable réseau communautaire autour des objets. Admettons que je sois au restaurant et que je prenne en photo la bouteille de vin sur la table, je peux publier celle-ci et obtenir des commentaire sur mon mur de Facebook.

Je vous remercie.
Modifié le 01/06/2018 à 15h36

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