Piratage de Sony : entre enquête et contre-enquêtes, le rôle de la Corée du Nord en question

30 décembre 2014 à 12h06
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Les enquêteurs américains en charge de l'affaire du piratage de Sony Pictures cherchent actuellement à approfondir l'hypothèse d'une aide extérieure qu'aurait reçue la Corée du Nord pour nuire au studio hollywoodien. Pendant ce temps, des contre-enquêtes émergent et pointent du doigt d'autres coupables potentiels.

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Si le FBI considère actuellement la Corée du Nord comme responsable du piratage de Sony Pictures fin novembre, il reste de nombreux points à éclaircir concernant la manière dont les opérations ont été dirigées. Selon une source proche de l'enquête évoquée par l'agence Reuters, les investigations des autorités américaines se concentrent actuellement sur les aides éventuelles dont aurait bénéficié le pays pour mener l'attaque à bien.

Les autorités américaines conviennent aujourd'hui que la Corée du Nord « n'a pas la capacité d'avoir menée elle-même certains points de la campagne de piratage », et explorent donc les possibilités d'aides dont aurait pu bénéficier Pyongyang, notamment par le biais de contrats avec des groupes de pirates.

D'autres pistes évoquées

Si la source de Reuters n'en dit pas plus, une entreprise spécialisée en cybersécurité, Norse Corp, a une autre théorie : Sony Pictures aurait été piraté « de l'intérieur » par un groupe de hackers qui inclurait une ancienne employée du studio.

Norse Corp estime en effet que le piratage des serveurs de Sony nécessitait « une connaissance approfondie du système afin d'accéder et de naviguer au sein du réseau, et récupérer de façon sélective les données les plus sensibles. » Dans cette optique, une employée de Sony, licenciée au printemps 2014, aurait pu s'allier à des pirates pour organiser l'attaque. Des traces de communications auraient par ailleurs été relevées sur des forums où la démarche aurait été coordonnée.

Le doute persiste également du côté de la firme de consulting Taia Global. Après avoir analysé les échanges de communication des pirates présumés, le cabinet d'étude estime que la piste russe est plus probable que la piste nord-coréenne.

De quoi semer le doute dans les esprits, alors que la Corée du Nord nie avec une certaine ambiguïté sa responsabilité dans l'attaque : après avoir en premier lieu rejeté les accusations, le pays a déclaré que le film L'Interview qui tue de Sony était une offense à son gouvernement et que l'attaque informatique était donc « légitime », et potentiellement orchestrée par des sympathisants du régime. Les déclarations, plus récentes, de Barack Obama et du FBI ont déclenché la colère de Pyongyang, qui n'a pas hésité à menacer les Etats-Unis si l'enquête continuait à s'intéresser de trop près au pays.

« Je pense que le gouvernement a agi prématurément en annonçant, sans équivoque, que la Corée du Nord était responsable de tout ça » a déclaré de son côté Mark Rasch, un ancien procureur fédéral américain. « Il y a de nombreuses théories concernant l'origine de l'attaque. Le gouvernement doit explorer toutes les pistes. »

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Pendant ce temps, chez Sony...

Du côté de Sony et de la fuite de données sur Internet, l'accalmie semble de mise. Le studio, qui avait tout d'abord décidé de ne pas sortir le film L'Interview qui tue suite aux menaces de représailles à l'encontre des salles de cinéma, s'est finalement ravisé et propose désormais le film en téléchargement payant sur Internet, ainsi que dans un petit nombre de salles obscures. Et comme on pouvait l'imaginer, la comédie, qui se moque du régime de Pyongyang, fait actuellement un carton, avec 18 millions de dollars de recette engrangés en une semaine. Le film est également très piraté, preuve supplémentaire de sa popularité.

Saga médiatique de ces dernières semaines, le piratage de Sony Pictures pourrait bien être un mal pour un bien pour le studio hollywoodien, dont l'un des derniers films de l'année a bénéficié d'une publicité inattendue. Pour autant, difficile de positiver face à la quantité de données potentiellement sensibles dont dispose encore les pirates, et devant l'imbroglio que constitue les différentes enquêtes dont les conclusions pourraient mener à des tensions géopolitiques. Rarement un piratage informatique aura levé autant d'intérêt.

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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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