Airbnb : San Francisco tente de limiter les abus

Thomas Pontiroli
22 octobre 2015 à 14h08
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Les loueurs Airbnb pourraient se voir muselés par un référendum à San Francisco. L'enjeu est d'empêcher que trop de propriétaires passent de la location à la location pour touristes.

La « nouvelle économie » n'en finit pas de crisper l'« ancienne ». Appelée dans certains cas « économie du partage », « collaborative » dans d'autres, elle génère parfois un business vorace... comme l'illustre Airbnb.
À San Francisco, sa ville d'origine, le site de location entre particuliers fait l'objet d'un référendum visant à réfréner l'abus de locations. Loin de l'esprit du partage, la plateforme donne naissance à de juteuses rentes.

Si bien que le 3 novembre, les citoyens de San Francisco voteront dans le cadre d'un référendum, visant à l'adoption de la « Proposition F ». Elle se résume en trois points : interdire la location de tout ou partie de son logement plus de 75 nuits par an, imposer aux loueurs de détailler leurs transactions et permettre aux habitants se considérant comme floués de réclamer des dommages et intérêts. Autant dire que cela divise.

Face aux logeurs et à la plateforme - qui a dépensé 8 millions de dollars pour faire barrage à la fameuse proposition -, les hôteliers, qui se prennent de plein fouet Airbnb, au détriment de leur activité. Mais aussi associations de quartier, qui dénoncent l'« hôtelisation » de l'immobilier. Plutôt que de louer un logement à l'année, un propriétaire aura plutôt intérêt à le louer à la semaine sur Airbnb. C'est bien plus lucratif.


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Comparaison entre Airbnb et les hôtels dans la ville d'Austin au Texas - Bank of America Merrill Lynch.

Éviter l'inflation de l'immobilier

En moyenne, un loueur de ce type gagnerait l'équivalent de 11 500 euros de bénéfices par an... Il est alors tentant de louer son logement sur Airbnb de façon permanente. Et pourquoi pas y consacrer l'ensemble des logements d'un immeuble ! Avec la multiplication de cette pratique, les résidences en location « normale » se raréfient et c'est le prix de l'immobilier qui grimpe... excluant de la ville une frange de la population.

En limitant la durée des locations, le référendum espère aider à relâcher la pression sur le parc immobilier. Et si San Francisco peut être vu comme une valeur aberrante dans les statistiques mondiales d'Airbnb, car la ville est le berceau de la Silicon Valley, ce débat a de grandes chances de s'importer en France, et notamment à Paris, où la ville compte parmi les destinations de choix des voyageurs Airbnb, et menace aussi les loyers.

Pour calmer la gronde des hôteliers, la mairie de Paris collecte depuis octobre une taxe de séjour à Airbnb.


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Modifié le 01/06/2018 à 15h36
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