Virgin Galactic vient de baptiser le premier vaisseau de sa nouvelle génération : Apeiron. Alors que le tourisme spatial est à l’arrêt, c’est désormais sur lui que reposent les espoirs du secteur. Encore faut-il être en mesure de répondre aux attentes…

Le futur vaisseau de tourisme spatial de Virgin Galactic. ©Virgin Galactic
Le futur vaisseau de tourisme spatial de Virgin Galactic. ©Virgin Galactic

Cela fait plus de deux ans que Virgin Galactic n’a plus emmené de passagers aux portes de l’espace. Son dernier vol, assuré par VSS Unity, remonte à juin 2024, et la compagnie a depuis tout misé sur une nouvelle génération de vaisseaux, baptisée Delta. Mais en août, elle a dû repousser le premier vol commercial de ce nouvel appareil, prévu fin 2026, à février 2027. De quoi laisser planer le doute sur le calendrier.

Apeiron, un vaisseau enfin baptisé et prêt pour les essais

L’entreprise vient enfin de franchir une étape symbolique. Ce mercredi 28 octobre, elle a dévoilé le nom du premier vaisseau de sa gamme flambant neuve : Apeiron, un mot du grec ancien qui signifie « l’illimité ». Un choix issu d’un vote public auquel des milliers de personnes ont participé, depuis 83 pays et six continents. Apeiron l’a emporté face à Horizon, Explorer et Ascend, les quatre finalistes retenus parmi 276 idées proposées par les salariés.

Il « illustre l’ambition des vols spatiaux habités et les perspectives qu’ils ouvrent pour l’humanité », assure Michael Colglazier, P.-D.G de Virgin Galactic. L’appareil pourra accueillir six personnes pour un vol suborbital qui franchira la ligne de Kármán, à 100 kilomètres d’altitude, et leur laissera quelques minutes d’apesanteur avec la Terre en toile de fond. À terme, la société espère faire voler chaque aéronef jusqu’à huit fois par mois.

Ainsi, Apeiron, fixé sous son avion porteur Eve, vient de quitter son usine de Mesa, en Arizona, pour rejoindre l’État voisin du Nouveau-Mexique. Les ingénieurs y finaliseront l’avionique et le logiciel de vol avant une vague d’essais au sol, des vols captifs sous Eve, un largage, puis un premier vol propulsé au-delà de 80 kilomètres d’altitude. Concrètement, le chemin à parcourir est encore long avant de pouvoir accueillir les premiers clients.

Virgin Galactic a le champ libre

Virgin Galactic s’apprête à reprendre du service dans un secteur très prometteur il y a quelques années, et désormais abandonné par quasi tout le monde. Aux États-Unis, aucune mission de tourisme spatial n’a eu lieu depuis dix mois, lorsque Blue Origin a décidé de mettre New Shepard en pause pour se concentrer sur New Glenn et la Lune. SpaceX, de son côté, a effectué sa dernière mission touristique avec Crew Dragon en avril 2025, et concentre aujourd’hui toute son énergie sur Starship et l’IA.

Une opportunité en or pour l’entreprise de Richard Branson, qui vise un premier vol commercial au début du deuxième trimestre 2027. Une échéance à prendre, encore une fois, avec prudence. En parallèle, un second vaisseau Delta est déjà en construction pour épauler Apeiron. Car les candidats ne manquent pas : environ 675 clients attendent toujours leur place, dont plus de cent commencent déjà leur préparation.

Mais il va aussi falloir démontrer que ce modèle est rentable. Les appareils devront ainsi être irréprochables et surtout, capables d’enchaîner les vols.