Meta rejoint la course aux capitaux de l’intelligence artificielle (IA), et les montants en jeu donnent le vertige : le groupe de Mark Zuckerberg ne fait pas les choses à moitié.

Meta veut lever 98 milliards de dollars. ©ssi77 / Shutterstock
Meta veut lever 98 milliards de dollars. ©ssi77 / Shutterstock

Il y a un an, Meta semblait totalement distancée dans l’IA après le flop de son modèle Llama 4. Piqué, Mark Zuckerberg s’est lancé dans une véritable chasse au sein de la Silicon Valley pour attirer les plus grands talents. 

Un pari qui a fini par payer : déployé en septembre, Muse, son agent IA capable d’agir à la place de l’utilisateur, est un véritable succès. Mais ce retour en grâce a un prix. En parallèle, le groupe continue de bâtir des data centers extrêmement coûteux, et il faut payer la facture.

Meta dépense plus qu'elle génère

Ce lundi 26 octobre, Meta a dévoilé un plan pour lever jusqu’à 95 milliards de dollars en vendant des actions. Une offre revue à la hausse dès le lendemain pour porter l’enveloppe totale à 97,5 milliards. Selon Bloomberg, il s’agit de l’une des plus grosses émissions d’actions de l’Histoire. Ce programme, qui doit démarrer au premier trimestre 2027, est parfaitement échafaudé pour permettre à Mark Zuckerberg de garder le contrôle de l’entreprise.

Nul doute sur l’usage de ces liquidités hors normes : Meta va bien entendu financer son infrastructure IA, et évoque la « superintelligence personnelle » avec Muse au centre du dispositif. Car cette année, ses dépenses d’investissement doivent atteindre 135 à 145 milliards de dollars, l’entreprise construisant quatre « superclusters » de plus d’1 gigawatt chacun. C’est à peu près la puissance d’un réacteur nucléaire.

Dans ce contexte, Meta a dépensé plus d’argent qu’elle n’en a généré au troisième trimestre : son flux de trésorerie disponible est tombé à -2,12 milliards de dollars, une première en plus de dix ans, contre un gain de plus de 10 milliards un an plus tôt. De quoi faire légèrement reculer son action.

Muse
  • Tâches complètes de bout en bout
  • Contrôles d’accès très détaillés
  • Travail autonome en arrière-plan

Des financements qui posent question

C’est une tendance qui touche l’ensemble des géants. En juin, Google a également lancé une campagne d’offre d’actions pour obtenir 85 milliards de dollars, tandis que SpaceX vient de s’endetter de 40 milliards de dollars pour acheter des puces IA. 

Pour Meta, NVIDIA devrait investir 3 milliards de dollars dans l’opération, tandis qu’AMD et Broadcom se sont aussi montrées intéressées. Un nouvel exemple de l’économie circulaire qui fait désormais tourner l’écosystème de l’IA : les fabricants de puces financent leurs plus gros clients en espérant que ces investissements seront, à terme, rentables. 

Mais cette logique fait aussi craindre le pire aux analystes, car si les dépenses dans l’IA venaient à ralentir, ces acteurs aux valorisations mirobolantes seraient frappés de plein fouet. Et désormais, ils pèsent tellement que leurs difficultés pourraient se répercuter sur l’économie.

À découvrir
Quels sont les 5 meilleures intelligences artificielles ? Comparatif 2026
Comparatifs services