Meta lance Muse, un agent IA qui exécute des tâches confiées par l'utilisateur, du tri des emails aux achats en ligne, en toute autonomie. Il est disponible aux Etats-Unis via une application dédiée, sur le web et WhatsApp, avec un abonnement payant au-delà d'un usage gratuit.
Meta tente de rattraper son retard sur OpenAI, Anthropic et Google dans la course aux agents IA. Cowork , l'agent d'Anthropic, est capable de piloter un Mac dans son ensemble. Chez Google, Gemini Spark, est capable de jongler avec l'ensemble des données sur les différents services web.
Une machine virtuelle dédiée, verrouillée par un second agent maison
L'utilisateur peut transmettre un objectif à Muse, comme organiser un voyage ou construire une liste de courses à partir de recettes sauvegardées. L'agent Muse construit un plan et continue de l'exécuter même une fois l'application fermée. Il se connecte aux services choisis par l'utilisateur, un par un, parmi une liste qui inclut Google Workspace, Ticketmaster, OpenTable, Spotify ou Apple Health. Lorsqu'il n'y a aucune API publique disponible, il peut passer par un navigateur intégré pour agir à sa place. Le tout tourne sur Muse Spark, le modèle maison de Meta.
Chaque utilisateur dispose d'une machine virtuelle dédiée dans le cloud, un ordinateur distant isolé qui ne partage ni ses données ni son historique avec les autres comptes. Muse n'a donc pas directement accès aux mots de passe ni aux moyens de paiement stockés. Un second agent maison, Sentinel, tourne sur cette même machine et doit valider toute tentative d'envoi de données vers l'extérieur.
Contrairement aux tâches jugées à faible risque, certaines actions, comme l'envoi d'un email ou un achat, nécessitent une validation manuelle. Le service reste gratuit pour l'essentiel des usages, avec deux abonnements, Power à 20 dollars par mois et Maximum à 100 dollars, pour qui dépasse son quota. Le lancement reste pour l'instant limité aux États-Unis, via une application iOS et Android, mais aussi via le site muse.ai et une intégration à WhatsApp. L'agent s'invitera plus tard sur les lunettes connectées. Rappelons que Meta vient tout juste ouvrir WhatsApp à des agents tiers connectés par clé API.
Reste qu'il va donc falloir faire confiance à Meta pour la protection des données. Autant dire qu'après le scandale Cambridge Analytica, plusieurs sanctions de la FTC depuis 2011, ou la découverte de mots de passe stockés en clair en 2019, il faudra se montrer particulièrement convaincant. Les outils IA de Meta ont d'ailleurs eux aussi connu des ratés récents, dont une fonction Discover qui avait exposé les échanges d'autres utilisateurs.