Alphabet prévoit de lever 80 milliards de dollars pour financer l’expansion de ses infrastructures d’intelligence artificielle (IA). Car la demande pour ses services est si forte qu’elle dépasse désormais ce que l’entreprise est capable de fournir.

On le sait, la course aux infrastructures IA n’a jamais été aussi intense. Mais les chiffres continuent de dépasser l’entendement : cette année, les quatre ogres américains, Google, Microsoft, Meta et Amazon, prévoient de dépenser collectivement plus de 700 milliards de dollars en dépenses d’investissement.
Et selon les analystes de Wall Street, ce chiffre pourrait franchir le cap des 1 000 milliards dès 2027. Dans ce contexte, Google a déjà révisé à la hausse ses prévisions de dépenses pour 2026, portées à une fourchette de 180 à 190 milliards de dollars. Et elle devrait bientôt boucler la levée de 80 milliards supplémentaires. Rien que ça.
Répondre à la demande
Car, si Google est un véritable mastodonte technologique, la demande pour ses services IA est telle qu’elle ne dispose pas d’assez de puissance de calcul pour y répondre. Et elle émane aussi bien des entreprises que des particuliers. L’objectif est clair : la firme de Mountain View veut construire plus de data centers, et vise même, à terme, un déploiement d’infrastructures dans l’espace.
Mais ces initiatives ont un coût, et il est démentiel. Et le groupe a déjà levé plus de 85 milliards de dollars de dette en un an, sur six devises et marchés différents. Les 80 milliards viendraient donc s’y ajouter, portant l’endettement total du groupe à plus de 100 milliards de dollars.
Fait notable, Berkshire Hathaway, le conglomérat de Warren Buffett, prévoit d’injecter 10 milliards lors de l’opération. Un signal fort, le milliardaire, ainsi que son successeur Greg Abel, ne misent jamais à la légère et sont connus pour leur prudence.

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Le géant de l’IA a retrouvé son souffle
Il y a encore deux ans, certains annonçaient Google dépassé par ChatGPT. C'est aujourd'hui une tout autre histoire, car le géant est revenu sur le devant de la scène grâce aux progrès de Gemini, son modèle maison, mais aussi en exploitant son énorme écosystème. Car son IA est intégrée à l'ensemble de ses produits, comme Search ou Gmail, lui permettant de facto d'atteindre des milliards d'utilisateurs.
Ce retour en force repose aussi sur un atout que peu de ses concurrents possèdent : Google développe ses propres puces, les TPU (Tensor Processing Units), conçues spécifiquement pour les charges de travail IA. Mais pour maintenir une telle cadence, il faut dépenser des sommes astronomiques.
Cette levée va survenir dans une période ô combien critique pour l’IA, avec plusieurs entrées en Bourse, dont celles d’Anthropic et d’OpenAI, qui devraient donner le ton sur l’état du marché. Une chose est sûre : les annonces de montants mirobolants qui font régulièrement les gros titres devraient perdurer un bon moment.