Chez Tesla, des ouvriers ont dû enfiler des combinaisons pour apprendre leurs gestes au robot Optimus, sachant qu’il était conçu pour, à terme, les remplacer. Un malaise qui s’ajoute à une liste déjà longue de difficultés pour l’humanoïde d’Elon Musk.

L'humanoïde Optimus de Tesla. ©Tesla
L'humanoïde Optimus de Tesla. ©Tesla

Les ambitions d’Elon Musk avec son humanoïde sont immenses. Il s’agira, selon lui, du «  plus grand produit de tous les temps ». Mais pour tenir ce pari, Tesla a arrêté en mai la production de ses Model S et Model X dans son usine de Fremont, en Californie, afin d’y fabriquer son robot humanoïde. 

La cadence a depuis nettement accéléré : quelques dizaines d’unités par semaine au printemps, contre plusieurs centaines en août. Mais selon une enquête du média américain The Information, cette montée en puissance est loin d’être sans accroc.

Former son propre remplaçant

Pour apprendre à travailler, Optimus observe les humains et reproduit leurs mouvements. Tesla a donc équipé des ouvriers de ses usines du Texas et de Californie de tenues de capture de mouvement, qui enregistrent chacun de leurs gestes à leur poste. Mais certains s’en seraient plaints, conscients que ces robots étaient destinés à les remplacer. Un malaise qui fait écho à la grève menée cet été par les ouvriers de Hyundai contre les robots Atlas.

La situation était telle que Tesla a depuis changé de méthode. La collecte de données est désormais confiée à des équipes dédiées, dotées de casques-caméras et réparties dans des centres de formation au Colorado, en Arizona et en Floride. Le constructeur a déjà accumulé plus de 500 000 heures de données et compte doubler ce volume d’ici la fin de l’année.

Pour l’instant, le résultat reste modeste. Il faut encore plusieurs jours à Optimus pour maîtriser une tâche basique, et son comportement devient imprévisible face à une situation inédite. Dans les usines de Tesla, les robots sont donc cantonnés à des zones très encadrées, sous étroite surveillance. Cela illustre parfaitement l’aveu récent d’Elon Musk, qui admettait que son humanoïde représentait un défi industriel sans précédent. 

Optimus en train de servir du pop-corn. ©Josiah True / Shutterstock

Des mains trop complexes

Car les mains d’Optimus, censées rivaliser avec celles d’un humain, donnent aussi du fil à retordre aux équipes du constructeur. Chaque main et son avant-bras comptent plus de 100 vis et petites pièces. Bien plus minuscules et précises que celles d’une voiture, ces pièces sont parfois mal alignées par les machines, si bien que de nombreux robots doivent être retouchés en sortie de ligne. Leurs capteurs tactiles, peu fiables, seront remplacés l’an prochain par un « gant sensoriel  » amovible, plus simple à changer.

De quoi compliquer les objectifs de Tesla. Le constructeur vise plus de 1 000 robots par semaine d’ici à la fin 2026, puis environ 20 000 à terme. Un calendrier qui rappelle d’autres promesses non tenues : début 2025, Musk annonçait 10 000 Optimus produits dans l'année. Et la présentation officielle de la version actuelle, promise pour mi-2026, n’a toujours pas eu lieu.

Pour la suite, le robot serait d’abord confié à quelques entreprises aux sites proches de ceux de Tesla dans l’idée de collecter encore plus de données. Une commercialisation grand public est évoquée pour fin 2027. Mais la concurrence, elle, ne perd pas de temps : le chinois XPeng vient de lancer sa propre ligne de production d'humanoïdes, tandis que Hyundai prévoit de déployer jusqu’à 25 000 robots Atlas.

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