Tesla s'apprête à passer à la vitesse supérieure dans l'entraînement d'Optimus, son robot humanoïde. Et cela va commencer par une formation bien plus pointue dans sa Gigafactory d'Austin, dans le Texas.

Le robot Optimus de Tesla en train de servir du popcorn. ©Josiah True / Shutterstock
Le robot Optimus de Tesla en train de servir du popcorn. ©Josiah True / Shutterstock

Il y a quelques jours, Elon Musk, présent au forum économique de Davos, assurait que son humanoïde serait commercialisé dès 2027. Et ses espoirs sont immenses : il considère qu'Optimus deviendra, à terme, « le plus grand produit de tous les temps ». Mais un énorme travail d'entraînement doit se produire avant d'atteindre une telle prouesse.

Conditions réelles

Car actuellement, le robot est surtout entraîné à Fremont, en Californie, dans un cadre assez contrôlé, loin des cadences réelles et de la complexité d'une chaîne de production active. Les équipes y testent des scénarios simples dans des zones isolées du reste de l'usine afin d'éviter toute perturbation de la production.

Pour y parvenir, des opérateurs se filment en train de manipuler des pièces ou de travailler sur des convoyeurs, et ces vidéos servent ensuite à entraîner les modèles. Une méthode efficace pour enseigner des gestes précis, mais très limitée dès qu'il s’agit de gérer l'imprévu, les interactions humaines ou la variabilité des environnements industriels.

D'où le changement d'échelle. La Gigafactory d'Austin va servir de terrain d'entraînement en conditions réelles : Optimus sera directement confronté à des flux continus de pièces, des contraintes de sécurité, des espaces partagés avec des humains et à une cadence imposée par la production.

Le robot Optimus devant le logo de Tesla. ©Around the World Photos / Shutterstock
Le robot Optimus devant le logo de Tesla. ©Around the World Photos / Shutterstock

Comment va se passer l'entraînement

Concrètement, Tesla va commencer par collecter massivement des données directement sur le site, avec des employés volontaires, équipés de casques et de capteurs, qui se filmeront en train d'effectuer des tâches industrielles courantes. L’enjeu est double. Il faut d'abord vérifier que le robot peut s'intégrer sans ralentir la production, puis identifier quelles tâches sont réellement automatisables aujourd'hui.

De son côté, Elon Musk a fait savoir que la production sera lente à ses débuts, il est donc difficile de réellement quantifier la vitesse à laquelle le robot sera déployé, et si la demande sera réellement au rendez-vous. « Optimus éliminera réellement la pauvreté. Il offrira aux gens des soins médicaux incroyables. Optimus sera finalement meilleur que le meilleur chirurgien humain, avec un niveau de précision impossible à atteindre, qui dépasse les capacités humaines », promettait le milliardaire il y a quelques mois lors d'un événement Tesla.

Pour l'heure, la réalité est tout autre. Dans une vidéo virale diffusée en décembre, on voit l'humanoïde, chargé de distribuer des bouteilles d'eau, échouer et s'écrouler en arrière.