SpaceX vient de détailler ce qu’il adviendra de ses futurs satellites IA une fois leur mission terminée. Si la firme promet qu’il n’y a aucun risque pour la population, certains experts ne sont pas convaincus.

Depuis sa fusion avec xAI en février, SpaceX ne cache plus son ambition de mettre l’intelligence artificielle en orbite. Dans cette optique, l’entreprise a présenté Starmind, une constellation qui pourrait compter jusqu’à 1 million de satellites de calcul. Mais un projet de cette taille pose évidemment une question : que deviendront ces engins une fois leur mission terminée ? Et le régulateur américain des télécoms, la FCC, a justement interrogé SpaceX sur le sujet. La société vient justement de lui répondre.
SpaceX veut rassurer
Chaque satellite Starmind pèsera moins de 4 000 kilogrammes, soit près de sept fois plus qu’un Starlink V2 Mini. Selon PCMag, ils seront conçus pour fonctionner cinq ans. Leur sort dépendra ensuite de leur orbite. SpaceX voudrait placer environ 80 % de la constellation sur des orbites « cimetière », ou orbite de rebut, autour de la Terre ou du Soleil. Les quelque 200 000 satellites restants devraient, eux, retomber dans l’atmosphère.
SpaceX prévoit alors une descente contrôlée loin des zones habitées, en visant l’océan. Une manœuvre qui durerait moins de 60 jours. Problème : certains morceaux pourraient résister à la chaleur de la rentrée atmosphérique. Pour encadrer ce risque, la FCC fixe un seuil de 15 joules, l’énergie d’impact en dessous de laquelle un objet est jugé inoffensif pour l’humain.
Un tel choc est comparable à celui d’un grêlon d’environ 4 centimètres, assure SpaceX, qui promet qu’« aucune partie du satellite » ne touchera le sol avec une énergie supérieure. Malgré tout, l’entreprise chiffre le risque de victime à zéro.
La communauté scientifique monte au créneau
Des calculs qui sont loin de faire l’unanimité au sein de la communauté scientifique. Samantha Lawler, astronome à l’université de Regina, juge le tableau de risque « absurde » et demande une vérification par des experts indépendants. Aaron Boley, de l'université de Colombie-Britannique, doute qu’un satellite de cette taille disparaisse entièrement. Il rappelle, par exemple, qu'un morceau d’aluminium de 2,5 kilogrammes, issu d’un Starlink, est déjà tombé dans une ferme du Saskatchewan. D’après SpaceX, il n’avait pas été correctement désorbité.
Mais le risque vient surtout du nombre d’engins qui composeront cette constellation. John Barentine, du Center for Space Environmentalism, évoque des milliers de tonnes de matière brûlée chaque année, avec des substances susceptibles d’abîmer la couche d’ozone. Les orbites cimetière inquiètent elles aussi. Des spécialistes craignent qu’y envoyer des satellites de cette taille ne fasse s’accumuler les débris.
Le régulateur doit encore trancher, mais compte tenu de la proximité d’Elon Musk au gouvernement américain, il est difficile de le voir bloquer ses ambitions dans l’IA. L’homme le plus riche du monde a récemment promis que ses premiers satellites IA seraient placés en orbite dès la fin 2027.