Le fabricant français de mini-lanceurs Sirius Space annonce ce mercredi la réussite des premiers essais d'allumage de son moteur-fusée STAR-1, un propulseur au méthane et à l'oxygène liquide développé en interne. Le premier vol est espéré pour 2028.

Deux ans de développement auront été nécessaires au fabricant français de mini-lanceurs Sirius Space pour franchir une étape clé, comme nous l'apprenons ce mercredi 9 septembre 2026. Depuis le banc d'essai britannique d'Airborne Engineering, plusieurs séquences d'allumage de STAR-1, son moteur-fusée développé et fabriqué en interne, ont été validées avec succès cet été. Une réussite qui confirme la solidité de la feuille de route technique de l'entreprise et ouvre la voie à une nouvelle campagne d'essais, avant une étape cruciale attendue par le CNES (Centre national d'études spatiales) d'ici la fin de l'année.
Sirius Space valide l'allumage de son moteur STAR-1, une grosse avancée pour le New Space français
Sur le banc d'essai d'Airborne Engineering, situé au Royaume-Uni, les ingénieurs de Sirius Space ont enchaîné plusieurs séquences d'allumage de leur moteur STAR-1 durant l'été. Ce test technique est une vraie bascule, celle du passage de la théorie à la pratique pour ce futur propulseur des lanceurs SIRIUS. Une réussite que l'entreprise revendique comme la preuve de sa place parmi les acteurs les plus avancés du spatial européen.
Rappelons que Sirius Space Services est une start-up française du New Space spécialisée dans le développement de petits lanceurs légers et réutilisables dédiés à la mise en orbite sur-mesure de satellites de moins d'une tonne. Face à ses concurrents européens directs (comme MaiaSpace, la filiale d'ArianeGroup, Latitude ou Isar Aerospace), elle se distingue en se positionnant sur un segment intermédiaire de performance et en misant sur une intégration industrielle locale ultra-rapide, portée par le rachat d'usines françaises de pointe et l'utilisation massive de l'impression 3D.
Développé et produit intégralement en interne, son moteur STAR-1 carbure au méthane liquide et à l'oxygène liquide (LOX), un duo d'ergols de plus en plus plébiscité par le New Space, notamment pour ses atouts en matière de réutilisation des moteurs. Sa fabrication repose sur l'impression 3D métallique, technologie qui permet à Sirius Space de garder la main sur chaque étape de la production. À terme, ce moteur doit propulser les trois lanceurs réutilisables de la gamme SIRIUS, à savoir SIRIUS 1, SIRIUS 13 et SIRIUS 15, qui sont taillés pour embarquer des charges utiles de moins de 1 100 kg en orbite basse, très précisément.
« Après deux ans de travail intense, voir STAR-1 s'allumer dans sa configuration complète était un moment que nos équipes attendaient », confie Antoine Fourcade ce matin, PDG de Sirius Space. « Ce n'est pas un aboutissement, c'est un point de départ : celui de la phase de qualification, la plus exigeante, où chaque essai nous rapproche un peu plus du premier vol », poursuit-il, à la fois soulagé, et déterminé.
Cap sur 2028, sous l'œil attentif du CNES
La suite du programme promet d'être dense. Sirius Space prévoit une nouvelle campagne d'essais, toujours chez Airborne Engineering, avant de rejoindre le centre de Vernon, opéré par ArianeGroup. Son objectif est de pousser le moteur jusqu'à son régime de poussée nominal et de valider, avant la fin de l'année, l'ensemble de ses sous-systèmes, un prérequis incontournable pour décrocher le fameux jalon 1 du CNES, qui actera le basculement du programme vers sa phase de qualification.
L'allumage ponctue des mois de travail. En mars dernier, on apprenait déjà que la start-up avait validé quatre chambres de combustion en seulement trois semaines, grâce à la fabrication additive, un rythme plutôt rare pour l'Europe. Et trois mois plus tard, le CNES lui confiait l'ancien pas de tir Diamant, en Guyane, pour y faire décoller ses futurs lanceurs.
Déjà distinguée deux fois par le plan France 2030 dans la catégorie mini et micro-lanceurs, Sirius Space a vu sa structure grossir en conséquence. Elle compte désormais plus de 300 salariés répartis sur quatre sites en France, où se jouent à la fois la conception des futurs lanceurs, leur montée en cadence industrielle et leur commercialisation à l'international. Son ambition finale est de réaliser le vol inaugural en 2028 et de peser dans la course européenne à l'accès souverain à l'espace. De quoi confirmer, essai après essai, que la « nouvelle ère des lanceurs français » n'est pas qu'un slogan.