La filiale d'ArianeGroup, MaiaSpace, vient de signer son cinquième contrat commercial en quinze mois, cette fois avec la société parisienne Ride. Le lanceur réutilisable Maia, dont le vol inaugural est attendu fin 2026, pourra ainsi accueillir des charges utiles secondaires.

Vue d'artiste du lanceur Maia sur son pas de tir en Guyane, sur l'ancien site Soyouz du Centre spatial guyanais. © MaiaSpace
Vue d'artiste du lanceur Maia sur son pas de tir en Guyane, sur l'ancien site Soyouz du Centre spatial guyanais. © MaiaSpace

Définitivement, MaiaSpace ne compte pas attendre que sa fusée décolle pour remplir son carnet de commandes. Ce lundi 24 août, l'entreprise française, filiale de l'entreprise tricolore et européenne ArianeGroup, a annoncé avoir scellé un partenariat avec Ride (écrivez RIDE!), une société du « covoiturage » spatial, installée à Paris, qui va lui permettre d'embarquer des charges utiles auxiliaires à bord de ses futures missions. Voilà qui élargit un peu plus encore l'éventail de clients du lanceur, qui vise son baptême de l'air d'ici la fin de l'année.

RIDE!, un nouveau partenaire pour le covoiturage spatial de Maia, deux acteurs français

L'entreprise RIDE!, installée à Paris et fondée en 2026, a bâti sa réputation sur un métier bien particulier, qui consiste à trouver le bon lanceur pour chaque petit satellite, et de coordonner de bout en bout chaque étape du processus. La société s'appuie sur un réseau de plus de 35 fournisseurs de services de lancement répartis en Europe, aux États-Unis, en Chine et en Inde. Elle sert des clients dans plus de 50 pays, et a même déjà noué des accords-cadres avec Arianespace et l'ESA, avec le soutien du CNES, le Centre national d'études spatiales. Avec ce contrat, Maia rejoint donc son catalogue de solutions disponibles.

Concrètement, l'accord permet d'accueillir à bord du lanceur Maia des charges utiles secondaires, en complément des missions principales, dès lors que les contraintes techniques le permettent. C'est une pratique désormais courante dans l'industrie du lancement, popularisée par SpaceX avec ses missions Transporter, même si elle prend ici une dimension particulière. Elle introduit en effet une toute nouvelle catégorie de clients dans l'écosystème commercial de MaiaSpace, aux côtés des opérateurs de satellites et des fabricants de constellations. Et elle complète son modèle de vente directe.

« La flexibilité est au cœur de notre offre depuis le premier jour », dit Michael Callari, directeur du développement commercial de MaiaSpace, qui voit dans RIDE! un partenaire naturel pour concrétiser cette ambition de lanceur modulaire. L'enthousiasme est le même chez Valentin Benoit, le directeur général de RIDE!, qui loue un lanceur « capable de répondre à ces différents profils de missions », pile dans les cordes de son programme de covoiturage spatial. Le dirigeant salue plus largement l'intérêt de nouer des partenariats avec la nouvelle génération de lanceurs.

© MaiaSpace / RIDE!
© MaiaSpace / RIDE!

Cinquième contrat en quinze mois pour Maia

Ce partenariat avec RIDE! est déjà le cinquième contrat commercial décroché par MaiaSpace, en seulement quinze mois. Parmi les précédents, on retrouve notamment Exotrail en mars 2025, pour transporter son Spacevan, une sorte de « navette » capable de déposer plusieurs satellites à différentes altitudes lors d'un même vol. Puis la major Eutelsat a suivi en janvier 2026, avec une dizaine de lancements prévus pour ses satellites OneWeb à partir de 2027, avant que Loft Orbital ne s'engage à son tour cet été. Tout cela dessine peu à peu le futur manifeste de vol du lanceur, promis à bel avenir.

Reste que tous ces contrats reposent encore sur un pari qui vous a peut-être échappé, qui est de faire voler Maia avec succès. Le lanceur, haut de 50 mètres pour 3,5 mètres de diamètre, propulsé à l'oxygène et au bio-méthane liquides, promet d'emporter jusqu'à 4 tonnes en orbite basse selon sa version, consommable ou réutilisable, et grâce à son étage optionnel Colibri. Son vol inaugural est attendu en Guyane, sur l'ancien pas de tir Soyouz, avant la fin de l'année 2026, avec des opérations commerciales à suivre.

C'est en tout cas toute une filière qui se structure. MaiaSpace, fondée en avril 2022, revendique désormais plus de 400 collaborateurs et des partenaires industriels dans sept pays européens, de la France à la Pologne en passant par l'Allemagne et l'Espagne. De quoi peser, à sa mesure, face à la domination de SpaceX sur le marché du lancement, et incarner l'ambition d'une Europe spatiale plus autonome, un contrat commercial à la fois.