Rocket Lab dispose désormais d’une sonde prête à se rendre vers Vénus. Mais la fusée censée parcourir les millions de kilomètres qui nous séparent de notre voisine, Neutron, n’est toujours pas opérationnelle.

Cette mission, baptisée « Rocket Lab Mission to Venus » est déjà historique : il s’agira de la première entièrement privée à se rendre vers la deuxième planète du Système solaire. En outre, elle constitue la première étape d’un programme plus vaste porté avec le prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) et sa professeure émérite, Sara Seager, les « Morning Star Missions to Venus ».
Objectif : envoyer une petite sonde dans l’atmosphère vénusienne pour y chercher d’éventuelles traces de vie.
Neutron se fait attendre
Et justement, cette sonde est déjà achevée. Son bouclier thermique HEEET, conçu par le centre de recherche Ames de la NASA pour résister à des températures de 2 500 degrés Celsius, a été transféré à Rocket Lab dès mars 2025. La capsule de pression et la coque de l’engin l’ont depuis rejoint au siège de l’entreprise à Long Beach, en Californie. Il ne manque plus qu’un moyen de la faire décoller. Et c’est là que ça coince.
En effet, si le plan initial prévoyait un lancement sur Electron, le petit lanceur historique de la firme, Neutron lui a finalement été préféré. Problème, la fusée réutilisable, bien plus imposante que sa petite sœur, devait initialement voler dès 2024. Mais son vol inaugural n’a toujours pas eu lieu, en raison de retards dans ses tests de qualification.
Interrogé par nos confrères de Space.com, la planétologue Sara Seager a confirmé qu’il fallait attendre que la rivale du Falcon 9 de SpaceX soit « prête ». Aucune date de lancement n’est, pour le moment, prévue.

Rechercher des traces de vie dans les nuages de Vénus
Grâce à un capteur spécifique, la sonde sera capable de mesurer la taille, la forme et la composition des particules présentes dans les nuages de Vénus, à la recherche de molécules organiques. Une idée qui peut surprendre, puisque la surface de la planète est écrasée sous une chaleur de 460 degrés Celsius et une pression infernale. Mais de 48 à 60 kilomètres d’altitude, la température et la pression s’y rapprochent étonnamment de celles de la Terre. Seul bémol : ces nuages baignent dans de l’acide sulfurique concentré.
D’ailleurs, une étude parue dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) vient justement de relancer l’hypothèse d’une vie nichée dans les nuages vénusiens. « Si l'on trouve de la vie dans les nuages de Vénus, on peut alors pratiquement en déduire que la vie est assez répandue dans l'univers », commente Peter Beck, fondateur et P.-D. G de Rocket Lab.
Les yeux sont désormais rivés sur Neutron et sa coiffe révolutionnaire qui s’ouvre comme la bouche d’un hippopotame.
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