Coup dur pour Rocket Lab. Un test crucial de la fusée Neutron, pensée pour venir concurrencer le Falcon 9 de SpaceX, a échoué. Au point de potentiellement retarder son très attendu vol inaugural, prévu cette année.

Si SpaceX et Blue Origin font couler plus d'encre, Rocket Lab s'impose désormais comme un acteur reconnu dans le secteur spatial. Sa fusée légère Electron, opérationnelle depuis 2018, a opéré 18 lancements en février : un record pour l'entreprise. Mais elle porte désormais son attention à Neutron, un lanceur plus lourd et surtout, réutilisable.
Un test clé échoue
Dans la nuit du 21 janvier, sur le site de Wallops dans l'État de la Virginie, Rocket Lab menait justement un test clé sur le premier étage de la fusée. Il s'agissait, plus précisément, d'un essai de pression dit hydrostatique, une étape incontournable qui consiste à remplir le réservoir principal d'eau, puis augmenter progressivement la pression afin de vérifier jusqu'où la structure peut encaisser sans se déformer ni rompre.
Ce fut, malheureusement, un échec cuisant. Alors que la pression montait vers les niveaux maximaux prévus, le réservoir de Neutron a cédé brutalement, détruisant le premier étage. Si aucun dégât sérieux n'a été constaté sur les installations, c'est un revers technique majeur pour l'entreprise.
Un tel incident impose désormais une analyse approfondie des données, d'éventuelles modifications de conception et la fabrication d'un nouvel étage. Autant d'étapes qui rendent désormais hautement incertain un premier vol de Neutron au premier trimestre de 2026 comme c'était initialement prévu.

Une fusée à part
C'est une mauvaise nouvelle pour une fusée très prometteuse, qui doit directement entrer en compétition avec l'ultra fiable Falcon 9. En plus d'être réutilisable, Neutron dispose d'une caractéristique unique : sa coiffe, surnommée Hungry Hippo, est composée de deux panneaux qui s'ouvrent en 1,5 seconde comme la mâchoire d'un hippopotame, afin de cracher le second étage une fois arrivé aux limites de l'espace.
Celui-ci poursuit son chemin pour poursuivre la propulsion de la charge utile, alors que la coiffe se referme, transformant le premier étage en un seul bloc aérodynamique prêt pour la rentrée atmosphérique. Une manière pour Rocket Lab de faire chuter un peu plus les coûts lors du lancement. Reste désormais à voir quand nous pourrons observer cette technologie en action…
Sources : Rocket Lab, Space.com