Tim Cook cède la direction générale d’Apple à John Ternus le 1er septembre, après près de quinze ans à ce poste. Bank of America maintient sa recommandation d’achat sur l’action et relève son objectif de cours à 380 dollars, soit environ 325 euros. La banque anticipe une prise de risque accrue sous sa direction, avec de possibles acquisitions.

Le 20 août, l’action Apple était à environ 317 dollars, soit environ 272 euros, en hausse de près de 16 % depuis le début de l’année. Le titre a regagné 4 % lors des deux séances précédentes, sans effacer un retard de 8 % sur son record de juillet. La marque doit présenter sa gamme d’iPhone 18 Pro en septembre, après le succès de l’iPhone 17, dont les ventes ont dépassé de 16 % celles de son prédécesseur lors de son premier trimestre complet. John Ternus, responsable du matériel informatique chez Apple depuis de nombreuses années, prendra la direction générale au moment de ce lancement.
Bank of America table sur un appétit pour le risque plus marqué
L’analyste Wamsi Mohan, de Bank of America, a réitéré sa recommandation d’achat sur Apple et relevé son objectif de cours à 380 dollars, soit environ 325 euros, un potentiel de hausse de près de 20 % par rapport au cours du 20 août. La banque retient, en particulier, l’abandon par Apple de son objectif de trésorerie nette neutre. Bank of America en déduit des dépenses de recherche et développement plus importantes, des investissements en capital accrus et de possibles acquisitions de plus grande envergure, des domaines restés secondaires sous son mandat.
Selon Bank of America, John Ternus pourrait pousser Apple plus vite vers de nouvelles catégories, des lunettes à intelligence artificielle aux bagues connectées, en passant par des AirPods équipés d’une caméra, la domotique, les assistants personnels et la robotique. Connu en interne pour trancher, à la différence de Tim Cook, le futur PDG incarnerait, selon la banque, ce basculement vers davantage d'’audace.
Apple domine le matériel, les puces, les systèmes d’exploitation et l’architecture de confidentialité, avec un parc installé d’un milliard d’appareils, et consoliderait cette avance en associant ces atouts à l’intelligence artificielle embarquée, un basculement du cloud vers des appareils plus autonomes. Sa taille immense est néanmoins son plus grand obstacle. Avec une capitalisation boursière de plus de 4 600 milliards de dollars, soit environ 3 940 milliards d’euros, davantage que le produit intérieur brut annuel de la France, un produit complémentaire réussi compterait moins dans les résultats qu’auparavant. La banque affirme que John Ternus doit préserver ce système rentable, tout en restaurant un esprit de surprise technologique plus marqué.

Quinze ans de records financiers sous Tim Cook
Selon un article de Bloomberg, Apple valait près de 350 milliards de dollars, soit environ 300 milliards d’euros, quand Tim Cook est devenu directeur général en août 2011. Le chiffre d’affaires de l’exercice 2025 a atteint 416,2 milliards de dollars, soit environ 356 milliards d'euros, contre environ 108 milliards de dollars, soit 92,5 milliards d'euros, en 2011. Un investissement de 1 000 dollars, soit environ 856 euros, au début de son mandat vaudrait aujourd’hui près de 28 000 dollars, soit environ 24 000 euros, dividendes réinvestis inclus, selon les données de Yahoo Finance.
Tim Cook a transformé la machine à produits de Steve Jobs en un moteur de revenus plus large. Les services d’Apple sont devenus une activité annuelle de 109 milliards de dollars, soit environ 93 milliards d'euros, portée par un parc de 2,5 milliards d’appareils actifs, l’Apple Watch, les AirPods et la migration des Mac vers la puce Apple Silicon. Le groupe a par ailleurs consacré plus de 880 milliards de dollars, soit environ 754 milliards d'euros, au rachat de ses propres actions depuis 2012. Lors de l’assemblée générale de Berkshire Hathaway en 2026, Warren Buffett a rappelé que les 35 milliards de dollars investis à l’origine dans Apple, soit environ 30 milliards d'euros, avaient atteint près de 185 milliards de dollars avant impôts, soit environ 158 milliards d'’euros.
Le dirigeant sortant a déclaré, lors de sa dernière conférence sur les résultats, que le traitement embarqué est un « atout concurrentiel majeur », tout en reconnaissant une hausse des dépenses liées à l’intelligence artificielle. Il a ajouté que la transition vers John Ternus avançait « sans accroc » et qu’il n’avait « jamais été aussi optimiste ».
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