G.Skill commence à indemniser des acheteurs américains après un recours collectif visant la présentation des vitesses de certains kits DDR4 et DDR5. Le fabricant n’a reconnu aucune faute, mais devra désormais préciser plus clairement que les performances annoncées peuvent nécessiter un passage par le BIOS.

Les G.Skill Trident Z5. © Nerces
Les G.Skill Trident Z5. © Nerces

Acheter un kit DDR5-7200 sans jamais atteindre 7200 MT/s : c’est précisément le malentendu au cœur du recours collectif engagé contre G.Skill en 2022. Les plaignants reprochaient au fabricant de mettre en avant des fréquences élevées sur certains kits Trident Z et Ripjaws sans expliquer suffisamment clairement qu’elles pouvaient nécessiter un overclocking ou des réglages dans le BIOS, typiquement via Intel XMP ou AMD EXPO.

Quatre ans plus tard, G.Skill commence à verser les indemnisations prévues par un accord de 2,4 millions de dollars conclu sans reconnaissance de faute.

DDR5-7200 sur la boîte, DDR5-4800 au démarrage : le malentendu qui a coûté cher

Le cœur du problème tient à une distinction bien connue des habitués du montage PC, beaucoup moins du grand public. La fréquence affichée sur un kit mémoire n’est pas nécessairement celle à laquelle il fonctionnera immédiatement après son installation.

Pour atteindre les vitesses annoncées, il faut souvent activer un profil XMP ou EXPO, avec un résultat qui dépend également du contrôleur mémoire du processeur et de la carte mère. Les plaignants estimaient que G.Skill ne rendait pas ces conditions suffisamment visibles et ne signalait pas clairement les éventuels risques associés à l’overclocking, comme l’instabilité du système.

G.Skill a initialement contesté, affirmant que ses produits étaient correctement étiquetés. La société a finalement conclu un accord à 2,4 millions de dollars, tout en niant les allégations. Les kits concernés couvrent les séries Trident Z et Ripjaws, DDR4 au-dessus de 2 133 MT/s et DDR5 au-dessus de 4 800 MT/s, achetés entre le 31 janvier 2018 et le 7 janvier 2026, exclusivement sur le marché américain.

Entre 4,92 et 24,60 dollars par kit : ce que les plaignants touchent concrètement

Les premiers versements tournent autour de 20 à 25 dollars. Tom’s Hardware cite notamment un paiement de 19,68 dollars et plusieurs autres de 24,60 dollars. Le montant dépend du nombre de demandes validées et du nombre de produits éligibles déclarés. Au vu de la crise du marché de la mémoire, cette maigre consolation ne risque pas d'aider les plaignants à remplacer leurs kits.

L’accord aura toutefois un effet plus durable que ces remboursements. G.Skill s’est engagé à modifier ses emballages et ses fiches produit afin d’indiquer plus explicitement que les fréquences annoncées peuvent nécessiter un overclocking ou des réglages BIOS, et que les performances maximales dépendent aussi du processeur et de la carte mère.

L’affaire met surtout en lumière une ambiguïté persistante du marché de la RAM haute performance : la vitesse inscrite en gros sur la boîte n’est pas forcément celle obtenue dès le premier démarrage. G.Skill devra désormais le préciser noir sur blanc.