L'ARCOM a annoncé mercredi cibler 31 nouveaux sites pornographiques qui ne respectent pas la vérification d'âge en France. L'action porte à 66 le nombre de plateformes concernées par la lutte du régulateur contre l'exposition des mineurs au porno en ligne.

L'ARCOM passe à la vitesse supérieure contre 31 nouveaux sites pornographiques. © Claudio Borquez Arias / Shutterstock
L'ARCOM passe à la vitesse supérieure contre 31 nouveaux sites pornographiques. © Claudio Borquez Arias / Shutterstock

Depuis un an et demi, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, l'ARCOM, a passé au crible les plateformes pour adultes les plus fréquentées par les jeunes internautes. Au total, 35 d'entre elles ont depuis instauré un contrôle d'âge, quitté le marché français ou été bloquées. Ce mercredi 29 juillet, l'ARCOM a annonce avoir mené sa plus vaste offensive à ce jour, en s'attaquant à 31 sites supplémentaires jugés hors-la-loi. Son objectif est d'empêcher que les mineurs se reportent vers ces recoins encore peu surveillés du web adulte.

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L'ARCOM renforce son offensive contre les sites pornographiques hors-la-loi

Il est de notoriété publique que l'ARCOM mène une croisade méthodique contre les sites pornographiques les plus consultés par les mineurs en France. Trente-cinq plateformes ont fini par se plier à la loi, en mettant en place un contrôle d'âge suffisamment fiable aux yeux des autorités, en se retirant purement et simplement du marché français, ou en subissant un blocage pur et simple à la demande du régulateur.

Certaines de ces plateformes n'en ont d'ailleurs pas fini avec les autorités. En tant que « très grandes plateformes en ligne » au sens du droit européen, plusieurs font l'objet d'une enquête distincte menée par la Commission européenne, chargée de vérifier que la protection des mineurs y est bien assurée à l'échelle de toute l'Union, et pas seulement sur le territoire français.

Et la liste s'allonge encore puisque ce mercredi, le régulateur a révélé cibler 31 nouveaux sites récalcitrants. Pour les contraindre à agir, l'ARCOM dispose désormais d'une double casquette. Dans le détail, elle peut s'appuyer sur la loi française SREN, qui l'autorise à exiger un blocage sur le territoire national, mais aussi sur le règlement européen sur les services numériques, le fameux DSA (Digital Services Act), qui lui permet d'agir même contre des plateformes basées ailleurs en Europe. L'action menée ces derniers est, selon l'ARCOM, la plus vaste jamais menée depuis le lancement de son offensive en 2025.

Les chiffres de Médiamétrie donnent raison à la stratégie de l'ARCOM

Et sur le terrain, les chiffres semblent donner raison à la stratégie du blocage en cascade. L'institut Médiamétrie Netratings, spécialisé dans la mesure d'audience sur internet, a comparé le temps que les mineurs passaient sur les sites pornographiques avant et après les premières interventions de l'ARCOM. Verdict : le temps passé a chuté de près d'un tiers. Un recul notable, pour un phénomène longtemps resté difficile à endiguer pour les régulateurs.

Reste un souci bien connu des régulateurs du numérique. Lorsqu'on ferme une porte, les internautes ont vite fait d'en trouver une autre restée ouverte. Concrètement, rien n'empêche un mineur recalé sur un site désormais verrouillé d'aller simplement chercher refuge sur une plateforme encore épargnée par les mesures, souvent moins connue ou moins surveillée, d'utiliser un VPN etc. L'ARCOM a bien conscience de ce risque de vases communicants et promet de garder l'œil ouvert sur ces éventuels reports de consommation vers des services non couverts par ses premières salves d'actions.

Pour l'autorité française, la bataille ne pourra pas se gagner uniquement à l'échelle de l'Hexagone. Pourquoi ? Car un site bloqué en France peut très bien continuer d'exister ailleurs en Europe, hors de portée du régulateur français. L'ARCOM, qui se présente comme le garant d'un « internet de confiance » et de la lutte contre les contenus illicites, appelle donc à une intensification de l'action au niveau européen, seul échelon, selon elle, capable d'empêcher que le web pour adultes ne se transforme en jeu du chat et de la souris sans fin, où chaque plateforme bloquée est aussitôt remplacée par une nouvelle venue.