La technologie au service du sauvetage. La robotique ne finit pas d'évoluer, avec des robots d'une forme inhabituelle en Amérique du Sud, afin de sauver les victimes des décombres du terrible tremblement de terre.

Retrouver des personnes dans les décombres nécessite parfois des moyens innovants. ©ttanni / Shutterstock
Retrouver des personnes dans les décombres nécessite parfois des moyens innovants. ©ttanni / Shutterstock

Après le double séisme qui a frappé le Venezuela le 24 juin 2026, faisant plus de 5 000 morts et 16 740 blessés, des chercheurs en robotique de l'université Carnegie Mellon, à Pittsburgh, ont acheminé des robots en forme de serpent sur place pour participer aux opérations de recherche de survivants dans les bâtiments effondrés.

Une technologie conçue pour les espaces inaccessibles

Ces robots, appelés "snakebots", mesurent environ 1,20 mètre de long. Leur conception est modulaire. Chaque segment du corps peut être remplacé ou mis à niveau indépendamment. Ils sont équipés d'une caméra vidéo au niveau de la tête et alimentés par une batterie logée dans un boîtier de contrôle relié au robot par un câble. Un opérateur humain pilote l'engin à l'aide d'une manette de jeu vidéo, mais des algorithmes logiciels prennent en charge la coordination des segments corporels de manière autonome pour adapter les mouvements du robot selon le trajet à parcourir.

©frantic00 / Shutterstock
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L'intérêt principal de ces machines réside dans leur capacité à s'introduire dans des espaces très étroits, inaccessibles aux équipes humaines ou aux engins mécaniques.

"Les robots-serpents peuvent pénétrer dans des volumes très compacts que les machines et les personnes ne peuvent pas atteindre autrement. C'est important en recherche et sauvetage, car nous avons pu étendre la portée visuelle des secouristes de manière sécurisée", explique Howie Choset, responsable du laboratoire de biorobotique de Carnegie Mellon.

Il compare l'opération à "une chirurgie mini-invasive pratiquée sur une structure".

Ces robots ont été développés sur près de deux décennies par le laboratoire de Choset, dans différentes versions capables d'explorer des sites archéologiques, de nager sous l'eau ou d'assister des interventions chirurgicales. Leur première mise à l'épreuve dans un contexte de recherche post-séisme remonte au tremblement de terre qui avait touché Mexico City le 19 septembre 2017.

Un déploiement organisé en quelques heures

C'est une Vénézuélienne vivant à Atlanta, Beatriz Gonzalez, qui a pris contact avec le laboratoire après avoir obtenu ses coordonnées via Grok. Les chercheurs ont confirmé leur participation alors qu'ils étaient en coulisses d'un concert commémorant le 250ème anniversaire des États-Unis à Pittsburgh, entre deux passages sur scène. Dans les 24 heures qui ont suivi, trois robots étaient emballés et l'équipe prenait l'avion pour Miami, avant de rejoindre le Venezuela le 30 juin après avoir trouvé un jet privé via les contacts de Beatriz Gonzalez.

Sur place, les chercheurs ont rejoint des équipes internationales venues de nombreux pays pour inspecter plusieurs sites à La Guaira, ville du nord du pays parmi les plus touchées. Les opérations se sont déroulées du 30 juin au 3 juillet.

Des résultats toutefois peu probants

Les snakebots n'ont pas permis de localiser de survivants lors de cette mission. Dans un cas documenté par Choset, le robot a pénétré sur 4 à 6 mètres dans les décombres d'un immeuble sans trouver de trace d'un enfant que son père espérait retrouver vivant. Malgré tout, au total, près de 6 500 personnes ont été secourues par l'ensemble des équipes de recherche et sauvetage présentes sur place.

Ces robots restent pour l'instant des prototypes de recherche, et non des outils opérationnels standardisés. À leur retour, les chercheurs ont compilé des notes pour améliorer leurs procédures en cas de déploiement futur. Parmi les pistes envisagées figure l'ajout de capteurs lidar permettant de générer des cartographies tridimensionnelles en temps réel de l'environnement exploré par le robot, ce qui faciliterait le guidage des opérateurs et des équipes de secours.

Source : ArsTechnica