Shein a décroché l'accord du comité de cotation de la Bourse de Hong Kong pour son introduction en Bourse, attendue avant la fin de l'été, avec une valorisation visée de 40 à 50 milliards de dollars.

Ce vendredi, Shein a obtenu le feu vert du comité de cotation de la Bourse de Hong Kong, une étape décisive après des années de faux départs à New York puis à Londres. Le groupe chinois pourrait publier son premier document d'introduction dès la semaine du 27 juillet, avec un lancement possible fin août. Reste à savoir si les investisseurs suivront, alors que Shein vise désormais une valorisation deux fois moindre qu'à son pic de 2022.
Shein a obtenu le feu vert pour entrer en Bourse à Hong Kong
Selon trois sources proches du dossier citées par Reuters, Shein a décroché ce vendredi 17 juillet l'aval du comité de cotation de la place boursière hongkongaise, au terme d'une audience où l'entreprise a dû répondre aux questions des membres du comité sur son fonctionnement et ses finances. C'est forcément l'une des introductions les plus suivies de Hong Kong depuis des années, tant elle testera l'appétit des investisseurs pour les gros dossiers de consommation.
Ce feu vert ouvre la voie aux fameux roadshows, ces tournées où l'entreprise vient courtiser les investisseurs institutionnels avant de fixer le prix définitif de ses actions. D'après Reuters, Shein a même déjà commencé à organiser des rendez-vous de présentation, un signe que le calendrier, même encore incertain, s'accélère franchement en coulisses.
Cette approbation intervient en tout cas une semaine après le feu vert du régulateur chinois des marchés financiers (CSRC), obtenu le 10 juillet, qui clôturait un an d'attente depuis le dépôt confidentiel du dossier en juillet 2025. Shein viserait désormais une valorisation de 40 à 50 milliards de dollars, certes loin des 100 milliards espérés en 2022, un repli qui n'a visiblement pas découragé ses soutiens de poids comme General Atlantic, Brookfield ou le fonds souverain Mubadala.

Pendant ce temps, un contexte hostile en Europe, entre taxes et amendes
Shein presse le pas vers les marchés financiers, et l'entreprise pourrait voir cela comme une petite victoire face au Vieux cnotinent. Rappelons que depuis le 1er juillet 2026, l'Union européenne applique un droit de douane forfaitaire sur les petits colis importés hors UE, potentiellement facturé plusieurs fois par commande selon la diversité des articles achetés. Une mesure qui, selon des sources proches du dossier, commencerait déjà à peser sur la croissance des ventes et les marges de Shein, pourtant solides avec plus de 40 milliards de dollars de chiffre d'affaires mondial et près de 2 milliards de dollars de bénéfice net l'an dernier.
Et l'Europe n'en est pas à son coup d'essai. En France, la DGCCRF, autrement dit la Répression des fraudes, a infligé début juin deux nouvelles amendes à Shein pour un total de 22 millions d'euros, sanctionnant le non-respect du délai légal de rétractation et des lacunes dans la traçabilité des produits. Un total qui porte à plus de 210 millions d'euros le cumul des sanctions françaises contre l'enseigne, une somme qui inclut déjà une précédente amende de 40 millions d'euros pour fausses promotions ainsi que les 150 millions d'euros infligés par la CNIL sur le sujet des cookies.
Bruxelles poursuit d'ailleurs sa propre enquête au titre du Digital Services Act, ouverte en février dernier. Reste à voir si les investisseurs de Hong Kong se montreront plus indulgents que les régulateurs européens envers ce mastodonte de la mode à petit prix.