La DGCCRF a infligé à Shein mercredi deux amendes administratives pour un total de plus de 22 millions d'euros. La plateforme de fast fashion est notamment sanctionnée pour violation du droit de rétractation, absence d'informations sur les microfibres plastiques et confirmations de commande non conformes.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a frappé fort contre Shein ce mercredi 3 juin 2026. Quelques mois après une sanction de la CNIL, deux entités distinctes du mastodonte du e-commerce écopent d'amendes respectives de 5,7 et 16,7 millions d'euros, pour des manquements allant du droit de rétractation aux informations environnementales obligatoires sur les produits textiles. Le géant de la fast fashion ne l'entend pas de cette oreille et conteste avec fermeté les deux sanctions.
La DGCCRF sanctionne Shein pour droit de rétractation bafoué et microfibres plastiques non signalées
La première entité à avoir écopé d'une amende est Infinite Styles Ecommerce Co Limited (ISEL), la filiale de Shein chargée de vendre les produits sur fr.shein.com. Elle écope de 5 764 500 euros d'amende pour un double manquement. D'abord, la DGCCRF lui reproche le non-respect du droit de rétractation, en clair, des clients se retrouvaient dans l'impossibilité d'annuler leur commande dans les conditions que la loi impose pour les protéger.
Le second reproche pour ISEL, c'est l'absence, encore une fois, d'informations sur la traçabilité des produits et de la mention obligatoire sur les microfibres plastiques. Tout vêtement composé à plus de 50 % de fibres synthétiques doit afficher que le produit « rejette des microfibres plastiques dans l'environnement lors du lavage », ces infimes particules de plastique libérées dans l'eau à chaque lessive. La DGCCRF déplore une récidive du géant chinois.
La seconde entité mis en cause, Infinite Styles Services Co Limited (ISSL), exploite le site fr.shein.com. Elle écope de 16 733 190 euros d'amende. Ses e-mails de confirmation de commande passaient sous silence des informations que la loi impose d'y faire figurer. La DGCCRF évoque l'absence des prix, date de livraison, coordonnées du vendeur, garanties légales, formulaire de rétractation... Autant d'éléments indispensables pour qu'un client puisse faire valoir ses droits en cas de litige.
Le groupe Shein dénonce des sanctions disproportionnées et discriminatoires
Pas question pour Shein de rester les bras croisés. Le géant nous a transmis ce mercredi une réaction officielle, qualifiant les deux sanctions de « manifestement disproportionnées et discriminatoires ». La marque souligne que la conformité des transactions, la qualité et la sécurité des produits n'ont à aucun moment été remises en cause, et qu'aucun préjudice pour les consommateurs n'a été établi.
Sur le fond, Shein avance différents arguments. En ce qui concerne les e-mails, toutes les informations sont disponibles dans l'application ou l'espace client, en temps réel, dit l'entreprise. Sur le droit de rétractation, la marque accuse la DGCCRF de confondre ce droit légal avec sa politique commerciale de retours, qu'elle juge plus avantageuse. Quant à la fiche environnementale, elle invoque un incident technique résolu spontanément le jour même.
Mais la contre-attaque la plus cinglante de Shein vise la Répression des fraudes elle-même. Shein l'accuse d'avoir eu entre les mains ses e-mails de confirmation depuis plus d'un an, et d'avoir sciemment choisi de ne rien dire « afin d'infliger la sanction la plus élevée possible », laissant ainsi le problème courir pour maximiser l'amende. Une accusation grave, que la marque entend porter jusqu'au bout.