La répression des fraudes a épinglé Volotea, à cause d'une surcharge carburant appliquée après l'achat du billet d'avion. La compagnie aérienne espagnole a dû revoir sa politique tarifaire, sous peine de sanction.

Volotea épinglée pour une pratique tarifaire jugée illégale par la DGCCRF. © Jose Luis Vega / Shutterstoc
Volotea épinglée pour une pratique tarifaire jugée illégale par la DGCCRF. © Jose Luis Vega / Shutterstoc

Volotea est dans le collimateur de la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGGCRF). Réserver un vol à prix fixe, puis voir la facture grimper quelques jours avant le départ, c'était le mauvais calcul que proposait la compagnie derrière son « engagement de voyage équitable ». Elle avait pris l'habitude d'indexer le prix du billet, déjà payé, sur les variations du cours du pétrole, à la hausse comme à la baisse. Sauf qu'en pleine flambée du baril, ce système jouait presque toujours en défaveur des voyageurs. La DGCCRF y a vu une infraction au droit européen et a exigé l'arrêt immédiat de la pratique.

Une surcharge carburant illégalement appliquée par Volotea qui pouvait grimper jusqu'à 14 euros

Le service national des enquêtes de la DGCCRF a étudié de très près les pratiques commerciales de Volotea sur son site internet. Elle a constaté que depuis la mi-mars 2026, la compagnie espagnole appliquait ce qu'elle baptisait un « engagement de voyage équitable ». Dans le détail, nous vous l'expliquions plus haut, le transporteur fait varier le prix des billets, y compris après leur achat, en fonction du cours du pétrole, alors sous tension à cause du conflit au Moyen-Orient, qui fait mécaniquement grimper le prix du carburant des avions.

Le système pointé du doigt reposait sur deux seuils, calés sur le prix du baril de pétrole brent (référence mondiale du cours du brut). En dessous de 65 dollars, Volotea remboursait une partie du billet ; au-dessus de 75 dollars, elle facturait un supplément. Le problème, c'est qu'au moment du lancement du dispositif, le baril s'échangeait déjà autour de 100 dollars, bien au-dessus du seuil de hausse.

Dans les faits, les voyageurs recevaient donc, sept jours avant leur vol, une demande de paiement supplémentaire pouvant atteindre 14 euros par passager.

Un aperçu du site internet. © Alexandre Boero / Clubic
Un aperçu du site internet. © Alexandre Boero / Clubic

Comment la DGCCRF a forcé Volotea à revoir sa politique tarifaire

La clause appliquée par Volotea contrevient frontalement à l'article 23 du règlement européen n° 1008/2008, qui impose que le prix affiché au moment de l'achat reste ferme et définitif. En clair, un billet payé doit rester payé au prix convenu, sans supplément de dernière minute, habillage marketing équitable ou pas.

La DGCCRF a donc enjoint Volotea de cesser cette pratique, sous peine d'une astreinte de 3 000 euros par jour de retard. Le procédé rapportait gros visiblement, puisque d'après les chiffres communiqués par la compagnie elle-même, près de 97 passagers sur 100 finissaient par accepter de payer plutôt que de renoncer à leur réservation. Volotea s'est depuis mise en conformité, fort heureusement, et le prix affiché devrait désormais enfin rester le prix payé.