Le rachat qui va faire trembler l’industrie spatiale ? Rocket Lab vient de signer une opération à plusieurs milliards de dollars, qui doit lui permettre de devenir un acteur intégré capable de rivaliser avec SpaceX.

Rocket Lab poursuit son épopée pour venir titiller SpaceX. ©Sidney van den Boogaard / Shutterstock
Rocket Lab poursuit son épopée pour venir titiller SpaceX. ©Sidney van den Boogaard / Shutterstock
Rocket Lab, c’est d’abord une histoire de petites fusées. L’entreprise s’est fait un nom grâce à Electron, son lanceur dédié aux satellites de petite et moyenne taille, et planche désormais sur Neutron, une fusée plus puissante qui devrait voler pour la première fois prochainement. Mais depuis quelques années, la société tente de se muer en un acteur prépondérant du secteur spatial en multipliant les acquisitions.

Dans ce contexte, l’entreprise vient d’annoncer le rachat d’Iridium, géant des télécommunications par satellite, pour un montant colossal de 8 milliards de dollars. Le deal, qui doit encore obtenir le feu vert des autorités réglementaires, pourrait clairement redistribuer les cartes.

Rocket Lab dispose désormais d’une constellation de satellites

Car Rocket Lab met la main sur une constellation de 66 satellites en orbite basse, qui assure aujourd’hui des services de communication à plus de 2,5 millions d’abonnés à travers le monde. La firme récupère aussi un atout rare : un spectre de fréquences en bande L, valable à l’échelle mondiale et surtout, particulièrement difficile à obtenir, indique Peter Beck, fondateur et P.-D. G de l’entreprise.

Cette initiative lui permet d’éviter le très long chemin nécessaire pour devenir un opérateur de satellites à l’échelle mondiale. D’autant qu’Iridium est une entreprise rentable avec près de 872 millions de dollars de revenus et plus de 114 millions de dollars de bénéfice net l’an dernier. Rocket Lab, de son côté, reste encore dans le rouge, avec une perte nette de 198 millions de dollars en 2025. L’opération doit donc, à terme, transformer en profondeur le profil financier de l’entreprise.

Elle doit ainsi devenir une société entièrement intégrée, capable de lancer ses propres fusées, de fabriquer ses satellites, et désormais d’opérer son propre réseau de communication. De quoi ouvrir la voie à de nouveaux services, notamment dans la navigation par satellite et la connectivité directe vers les appareils mobiles, deux marchés en pleine expansion.

La coiffe de la fusée Neutron de Rocket Lab. ©Rocket Lab
La coiffe de la fusée Neutron de Rocket Lab. ©Rocket Lab

Une autre dimension

Ce rapprochement est logique, quand on sait que SpaceX doit aujourd’hui l’essentiel de sa rentabilité à Starlink. Car le secteur spatial dans sa globalité traverse une vague de consolidation sans précédent, comme en témoigne l’acquisition récente de Globalstar par Amazon pour environ 11 milliards de dollars. SpaceX, justement, a elle-même mis la main sur du spectre supplémentaire en rachetant des fréquences à EchoStar.

« Les vrais gagnants seront ceux qui sont intégrés verticalement. Peu d’entreprises peuvent le faire, mais celles qui y parviennent auront une bien meilleure capacité à faire fonctionner leur modèle économique », commente Matt Desch, P.-D. G d’Iridium.

C’est donc un fait : Rocket Lab vient clairement de changer de dimension, et pourrait très prochainement venir se frotter aux mastodontes que sont Blue Origin et surtout, SpaceX. Dans la foulée de l’année, le cours de son action a explosé de 15 %.

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