La politique de confidentialité de Claude change au 8 juillet 2026. Anthropic précise comment vos données personnelles sont utilisées dans un contexte d'IA agentique, et introduit pour la première fois une collecte possible de données biométriques, sur consentement.

Anthropic change sa politique de confidentialité et les abonnés Claude sont directement concernés par ces nouveautés. © Alexandre Boero / Clubic
Anthropic change sa politique de confidentialité et les abonnés Claude sont directement concernés par ces nouveautés. © Alexandre Boero / Clubic

De façon très transparente, et c'est à saluer, Anthropic a assez largement anticipé la prochaine version de sa politique de confidentialité, qui sera appliquée à compter du 8 juillet 2027. L'entreprise qui propulse au quotidien le chatbot Claude a commencé à prévenir, par e-mail, ses nombreux utilisateurs quant aux changements à venir. Ces faeux changements, réservés aux abonnements Free, Pro et Max, sont le reflet direct d'un Claude désormais capable d'agir à votre place sur des services tiers. Si l'essentiel reste inchangé (pas de vente de données, pas de publicité), certaines nouveautés méritent qu'on y jette un œil attentif, en particulier du côté de la biométrie.

Anthropic met à jour sa politique de confidentialité, avec un Claude plus autonome, et une politique qui suit le mouvement

La précédente version de la politique de confidentialité d'Anthropic pour Claude était entrée en vigueur au mois de janvier. Celle qui la remplace, publiée ces derniers jours et applicable dès le 8 juillet 2026, concerne les abonnés des formules Free, Pro et Max. Les utilisateurs de Claude Team, Enterprise ou Platform ne sont pas visés, car leurs usages restent régis par des accords commerciaux spécifiques. Une distinction importante à garder en tête avant d'aller plus loin.

Le changement le plus structurant tient en un mot, et vous commencez pour certains à bien le connaître, je veux parler de l'agentique. Claude est désormais capable d'enchaîner des tâches complexes en plusieurs étapes, de lire des fichiers, d'envoyer des messages, d'interagir avec des applications tierces, sans que vous ayez à intervenir à chaque fois. La nouvelle politique clarifie explicitement ce qui se passe avec vos données dans ces cas-là. Certains de vos inputs et outputs peuvent être transmis directement à des services tiers pour que Claude exécute les actions demandées.

Concrètement, dès que vous activez une intégration, un Connector, un plugin, un webhook ou une API externe, Claude peut accéder à ce service tiers de façon continue, jusqu'à ce que vous coupiez manuellement la connexion dans vos paramètres. La nouvelle politique rappelle que ces services tiers ont leurs propres règles de confidentialité, sur lesquelles Anthropic n'a aucune prise. En gros, avant d'activer une intégration, la lecture de la politique du service concerné n'est pas optionnelle.

Biométrie et vérification d'identité : la vraie nouveauté de cette version

Jusqu'ici totalement absente de la politique, la vérification d'identité fait une entrée remarquée dans la version 2026. Anthropic se réserve désormais la possibilité de demander à un utilisateur de confirmer son âge ou son identité dans certaines circonstances, pour garantir la conformité aux réglementations en vigueur (sans que la politique précise lesquelles), probablement en réponse aux pressions réglementaires croissantes sur la vérification de l'âge en ligne. Si vous acceptez cette démarche, la nature des données potentiellement collectées varie selon la méthode choisie, et elle mérite qu'on s'y attarde.

La politique précise que selon la méthode de vérification choisie, Anthropic peut être amenée à recueillir une image de votre document d'identité officiel, une photo ou une vidéo de votre visage, mais aussi ce qu'on appelle des modèles de géométrie faciale. En fait, on parle ici d'une cartographie numérique de votre visage, construite à partir des distances entre vos traits, qui permet de vous identifier de manière unique. C'est pour cela que ces données sont qualifiées de « données biométriques » dans certaines juridictions, au même titre qu'une empreinte digitale. Il y a évidemment une bonne nouvelle, puisque cette collecte ne peut se faire que sur consentement explicite, et uniquement si vous engagez vous-même la démarche. Personne ne vous identifie à votre insu. La nouvelle politique introduit aussi un autre engagement. Si des données sont anonymisées, Anthropic s'interdit formellement de tenter de les ré-identifier, sauf contrainte légale tout de même. Une garantie qui n'existait tout simplement pas dans la version de janvier.

La biométrie débarque chez Anthropic et ce n'est pas sans conditions ni garanties pour vos données. © Blossom Stock Studio / Shutterstock
La biométrie débarque chez Anthropic et ce n'est pas sans conditions ni garanties pour vos données. © Blossom Stock Studio / Shutterstock

Il y a une autre catégorie formalisée pour la première fois, celle des données issues de votre participation à des études, enquêtes ou entretiens menés par Anthropic. Ces informations peuvent désormais être combinées avec d'autres données de votre compte à des fins d'analyse agrégée. Rien d'alarmant en soi, mais le fait qu'Anthropic l'inscrive noir sur blanc est un gain bienvenu de transparence réel.

Pas de vente de données, pas de pub, les engagements d'Anthropic qui ne bougent pas en 2026

Anthropic le répète, les données personnelles des utilisateurs ne sont pas vendues. Claude reste également exempt de toute publicité, une singularité qui le distingue encore de nombreux acteurs du secteur. Ces deux engagements, reconduits dans la nouvelle version du 8 juillet, peut compter pour les internautes, de plus en plus vigilants sur ce que deviennent leurs échanges avec une IA.

La protection des mineurs fait aussi l'objet d'un vrai renforcement. Là où l'ancienne version se contentait d'indiquer qu'Anthropic ne collectait pas sciemment les données des moins de 18 ans, la nouvelle politique annonce la mise en place de mesures actives de détection pour identifier et exclure les mineurs des services. Une évolution ici aussi probablement liée aux pressions réglementaires croissantes, en Europe comme aux États-Unis, sur la protection des jeunes en ligne.

En ce qui concerne l'entraînement des modèles, le principe de l'opt-out reste en vigueur, c'est-à-dire que par défaut, Anthropic peut utiliser vos inputs et outputs pour améliorer ses modèles, mais vous pouvez vous y opposer depuis les paramètres de votre compte. Il y a quand même deux exceptions. La première, c'est si vos échanges sont signalés pour une vérification de sécurité, et la seconde, si vous les avez vous-même remontés via les mécanismes de feedback. Pour les utilisateurs européens, c'est Anthropic Ireland, basée à Dublin, qui reste le contrôleur des données, avec une obligation de réponse dans un délai d'un mois pour toute demande relevant du RGPD. Dernier point à surveiller si vous utilisez Claude avec votre adresse professionnelle : la nouvelle politique précise que votre compte peut être automatiquement rattaché au compte entreprise de votre employeur, détail qui a son importance si vous souhaitez garder vos usages personnels bien séparés.

Claude AI
  • Upload de fichiers pouvant aller jusqu'à 100 000 tokens (75 000 mots environ)
  • Personnalisation avancée
  • Conception éthique
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