Anthropic a mis à jour sa politique de confidentialité pour permettre une vérification d'identité incluant des scans de documents officiels et des photos de visage pour une reconnaissance faciale.

Anthropic va utiliser la reconnaissance faciale, mais le prestataire est décrié. ©PhotoGranary02 / Shutterstock
Anthropic va utiliser la reconnaissance faciale, mais le prestataire est décrié. ©PhotoGranary02 / Shutterstock

Il y a du changement chez Anthropic, la politique de confidentialité a été corrigée. Ce, afin de pouvoir exiger de certains utilisateurs de Claude qu'ils fournissent une pièce d'identité officielle ainsi qu'un selfie ou une courte vidéo à des fins de vérification d'identité. Cette mise à jour, qui entre en vigueur le 8 juillet, ajoute une nouvelle catégorie de données personnelles collectées, parmi lesquelles figurent des modèles de géométrie faciale. Toutefois, qui sera contraint de fournir ces données ?

Une "sanction" pour ceux qui ne respectent pas les conditions d'utilisation

Le porte-parole d'Anthropic, Thariq Shihipar, a précisé que cette mesure concerne un "petit sous-ensemble d'utilisateurs" dont les comptes ont été signalés pour des violations potentielles des conditions d'utilisation, sans pour autant être bannis. La vérification d'identité leur offre ainsi une voie de recours pour conserver leur accès à la plateforme.

Les documents acceptés comprennent les passeports, les permis de conduire ou encore les cartes d'identité. Les identifiants numériques, captures d'écran et photocopies ne sont pas acceptés. Les utilisateurs soumis à cette procédure devront également fournir un selfie ou une vidéo, à partir duquel le système génère un modèle de géométrie faciale pour le comparer au document transmis.

Un prestataire controversé

Mais voilà, Anthropic ne traite pas ces données en interne. La société a recours à Persona, une entreprise de vérification d'identité basée à San Francisco, pour gérer les documents et les données biométriques. Persona est notamment soutenue par Founders Fund, le fonds de capital-risque dirigé par Peter Thiel, qui est par ailleurs investisseur dans Anthropic via ce même fonds.

En somme, est-ce que l'on tourne en rond autour des mêmes personnes ? Oui. Mais ce lien a déjà suscité des critiques. En février 2026, Discord avait sélectionné Persona pour son système de vérification de l'âge, avant de faire marche arrière face aux protestations d'utilisateurs. Ceux-ci étaient réticents à transmettre leur pièce d'identité à une entreprise associée à Peter Thiel, milliardaire controversé pour certaines de ses prises de position.

La reconnaissance faciale n'inspire pas toujours confiance. ©Prostock-studio / Shutterstock
La reconnaissance faciale n'inspire pas toujours confiance. ©Prostock-studio / Shutterstock

Par ailleurs, un incident de sécurité distinct avait révélé que des données de Persona avaient été dévoilées sur un serveur autorisé par le gouvernement américain. Environ 2500 fichiers étaient accessibles librement, par n'importe qui, sans que l'on sache réellement quelles données ils contenaient. Au moins, Anthropic l'annonce, contrairement à Meta qui injectait des programmes de reconnaissance faciale dans ses Ray-Ban, en toute discrétion.

La vérification faciale, un cadre juridique sensible

La collecte de données de géométrie faciale place Anthropic dans un terrain juridique délicat. L'Illinois Biometric Information Privacy Act (BIPA) classe la géométrie faciale comme une donnée biométrique et prévoit des sanctions allant de 1 000 à 5 000 dollars par violation pour les entreprises qui collectent ce type de données sans consentement approprié.

En 2021, Facebook avait conclu un accord de 650 millions de dollars dans le cadre d'un recours collectif fondé sur cette même loi, qui est depuis devenue la référence en matière de contentieux sur la vie privée biométrique aux États-Unis.

Source : TheNextWeb