Il fallait s’y attendre. Face au projet européen de réservation des fréquences satellitaires, SpaceX dénonce une mesure qui pourrait fragiliser la connectivité en Europe, ainsi que sur le front ukrainien.

Starlink monte au créneau. ©Below the Sky / Shutterstock
Starlink monte au créneau. ©Below the Sky / Shutterstock

Il y a quelques semaines, on apprenait que l’Union européenne (UE) souhaitait réguler la bande 2 GHz MSS, c’est-à-dire les fréquences qui permettent à un smartphone classique de se connecter directement à un satellite, sans antenne ni équipement supplémentaire. Deux tiers seraient réservés aux opérateurs enregistrés dans l’UE, au Royaume-Uni ou en Norvège. Starlink et Amazon Leo devront eux se contenter du tiers restant, qu’ils devront en plus se partager.

La réforme doit surtout profiter à IRIS2, la future constellation européenne de 290 satellites. En amont, Bruxelles cherche aussi à réduire sa dépendance à Starlink dans un contexte où la souveraineté devient cruciale. La proposition doit encore être négociée avec les États membres et le Parlement européen avant d’entrer en vigueur.

SpaceX monte au créneau

Et SpaceX n’entend pas se laisser faire. Dans un document transmis aux autorités européennes et consulté par le Financial Times, l’entreprise d’Elon Musk affirme que cette mesure « crée un risque important que les Européens se retrouvent sans services satellitaires en connexion directe, ou que les nouvelles opérations européennes créent des problèmes d'interférence à l'échelle mondiale, y compris pour les services d'urgence comme ceux en Ukraine ».

Pour rappel, Starlink est devenu un outil de communication vital pour l’Ukraine, notamment pour les forces ARMées et les infrastructures critiques. SpaceX va même plus loin et s’attaque directement à la logique du texte européen. Selon elle, la proposition « privilégie le pays où un opérateur est enregistré, plutôt que de tenir compte des réalités économiques, techniques et réglementaires  ».

Une enquête Starlink. ©Shutterstock
Une enquête Starlink. ©Shutterstock

Les États-Unis sur le qui-vive

La Commission européenne, elle, assume sa stratégie. La cheffe du numérique, Henna Virkkunen, a défendu ce choix en expliquant vouloir « renforcer nos capacités européennes dans ce secteur ». Elle assure que le texte reste ouvert aux acteurs internationaux sur d’autres portions du spectre.

De leur côté, les États-Unis sont sur le pied de guerre. Brendan Carr, président de la Commission fédérale des communications (FCC), n’a pas exclu de possibles mesures de représailles, qui cibleraient en toute vraisemblance les acteurs européens opérant outre-Atlantique.

« Nous sommes préoccupés par certains discours concernant la souveraineté européenne en matière de satellites. Si l’Europe s’engage dans cette voie, vous savez bien que nous serons contraints de prendre, vous le savez, des mesures de rétorsion », a-t-il prévenu. Au moins, c’est clair. Reste à voir si les décideurs européens seront prêts à prendre le risque.

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