Jeff Bezos vient de boucler une levée de fonds de 12 milliards de dollars pour Prometheus, valorisant sa jeune pousse à 41 milliards de dollars. Avec cet « ingénieur général artificiel », le fondateur d’Amazon entend bien se placer à l’avant-garde de l’intelligence artificielle (IA). Mais sur un terrain bien différent de celui de ses concurrents.

Portrait de Jeff Bezos. ©FotoField / Shutterstock
Portrait de Jeff Bezos. ©FotoField / Shutterstock

L’année dernière le fondateur d’Amazon reprenait du service en tant que P.-D. G. d’une mystérieuse startup d’IA baptisée Prometheus, cofondée avec le physicien-chimiste Vik Bajaj, ancien de Google et cofondateur de Verily. À sa création, le projet avait déjà fait grand bruit avec une mise de départ de 6,2 milliards de dollars et une centaine de cerveaux débauchés chez OpenAI, Google DeepMind ou encore Meta.

Quelques mois plus tard, la jeune pousse change clairement de dimension : elle vient de finaliser un tour de table à hauteur de 12 milliards de dollars, et revendique désormais une valorisation de 41 milliards de dollars. Une somme qui en dit long sur les attentes placées dans cette IA pas comme les autres.

Une IA pour concevoir des objets ultra sophistiqués

En effet, avec Prometheus, Bezos souhaite appliquer les techniques qui ont permis de construire les chatbots au service de la conception et de la fabrication d’à peu près n’importe quelle technologie physique.

« Toute la richesse des sociétés est portée par l’invention. Il y a six mille ans, quelqu’un a inventé la charrue, et nous nous sommes tous enrichis. Puis, bien plus tard, quelqu'un a inventé la machine à vapeur, et nous nous sommes tous enrichis », étaye-t-il dans les lignes du New York Times. Selon lui, l’objectif de Prometheus est « d'offrir un ensemble d’outils qui accélère considérablement cette boucle de l’invention », un « ingénieur général artificiel ».

De son côté, Vik Bajaj prend l’exemple de la conception d’un moteur d’avion, qui peut prendre une décennie entière aux entreprises. « Une partie de notre objectif est de les armer d’outils qui leur permettent d’imaginer ces conceptions beaucoup plus rapidement », explique-t-il, avant de poursuivre : «  On ne peut pas construire quelque chose comme un moteur d’avion avec des mots seuls, pas même les mots des équations mathématiques. Il s'agit de forces et de champs multidimensionnels et de la façon dont ils évoluent dans le temps ».

Jeff Bezos devant New Shepard de Blue Origin. ©Blue Origin
Jeff Bezos devant New Shepard de Blue Origin. ©Blue Origin

Une technologie qui servirait à Blue Origin

Mais ce n’est pas tout. Prometheus chercherait également à lever des dizaines de milliards de dollars supplémentaires, voire davantage, pour une société holding qui aurait pour mission de racheter directement des entreprises jugées capables de bénéficier des technologies développées par le laboratoire.

Et sans grande surprise, Jeff Bezos compte bien faire profiter ses propres sociétés des avancées de Prometheus. Il cite logiquement son géant spatial : « Blue Origin est un exemple parfait d’entreprise qui pourrait bénéficier des outils que Prometheus construit. Toute entreprise qui construit des dispositifs sophistiqués, comme des moteurs de fusée, profiterait grandement de ce type de technologie ». Un rapprochement qui n’a rien d’anodin puisque David Limp, le P.-D. G de Blue Origin, siège également au conseil d’administration de Prometheus.

Reste à voir si le pari sera effectivement gagnant.

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