Quand Prada habille les astronautes, ce n’est pas pour le tapis rouge. Le 7 juin, Axiom Space et la maison de luxe italienne ont levé le voile sur le LCVG, ou Liquid Cooling and Ventilation Garment, le sous-vêtement que porteront les astronautes d’Artemis à même la peau lors de leurs sorties sur la Lune. Un équipement discret, mais vital.

En 2024, Axiom Space et Prada dévoilaient l’AxEMU, la combinaison extravéhiculaire que porteront les astronautes de la NASA lors des futures missions Artemis sur la Lune. Un partenariat inattendu entre une maison de haute couture et une entreprise aérospatiale, mais qui repose sur une logique solide : Prada apporte son expertise en matériaux techniques et en conception, Axiom Space sa maîtrise de l’ingénierie spatiale.
Le LCVG constitue la prochaine étape de cette collaboration. Il s’agit de la couche intérieure de la combinaison, celle qui se trouve directement contre le corps de l’astronaute, et dont dépend en grande partie sa survie lors des sorties lunaires.
À la pointe de la technologie pour maintenir les astronautes en vie
Doté de la rayure rouge caractéristique de Prada, le dispositif est ainsi parcouru de tubes intégrés dans lesquels circule de l’eau froide, absorbant la chaleur produite par le corps de l’astronaute lors des sorties extravéhiculaires. Elle est ensuite évacuée vers le système de support de vie portable de la combinaison, qui la dissipe dans l’espace.
Contrairement aux modèles précédents où ces tubes étaient cousus dans un filet, ils sont ici directement intégrés au tissu, une avancée rendue possible par l’expertise de Prada en tricot technique et en modélisation 3D. Le circuit de refroidissement est par ailleurs entièrement redondant : si la boucle principale lâche, une boucle de secours prend le relais.
Un second réseau de tubes assure quant à lui la ventilation, en acheminant de l’oxygène frais sur le visage de l’astronaute tout en évacuant le CO2 expiré. Le tout est conçu pour tenir jusqu’à 8 heures à la surface lunaire, avec des fibres spécialement sélectionnées pour résister à une utilisation répétée sur des missions longue durée.

Timing serré
Cette annonce intervient dans un contexte tendu pour la NASA, alors que Washington tente à tout prix d’accélérer le programme Artemis. Et bien entendu, les combinaisons spatiales sont l’un des points névralgiques du retour des astronautes sur la Lune.
Il y a quelques mois, un rapport de l’Office of Inspector General, le service d’audit indépendant de l’agence spatiale, a pointé des retards préoccupants, jugeant les délais initiaux « trop optimistes » pour la combinaison spatiale. Axiom envoie clairement un message positif avec le LCVG. Mais entre la présentation et l’aboutissement d’une technologie entièrement fonctionnelle, le chemin est encore long.
Pour rappel, les États-Unis prévoient de marcher à nouveau sur la Lune en 2028, lors de la mission Artemis IV.