L'optimisation logicielle reste un facteur clé pour l'efficacité de l'architecture hybride mise en avant par Intel sur ses processeurs.

L'architecture hybride reste au cœur des projets CPU d'Intel. ©Intel
L'architecture hybride reste au cœur des projets CPU d'Intel. ©Intel

Le manque d'optimisation des jeux – par exemple – serait responsable de 10 %, 20 %, voire 30 % de performances en moins pour les processeurs Intel par rapport à ceux d'AMD. C'est Intel qui le dit en tout cas…

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Quand Intel tente de convaincre

Pendant de très nombreuses années, Robert Hallock aura été le monsieur marketing d'AMD. Celui qui prend son bâton de pèlerin pour prêcher la bonne parole et expliquer combien les puces AMD sont les meilleures.

En 2022 cependant, Robert Hallock est débauché par Intel et s'il a peut-être mis un peu de temps à se remettre en selle, le responsable marketing est aujourd'hui parfaitement opérationnel. Il a repris « la route » pour, cette fois, vanter les qualités des puces Intel face à celles du concurrent de toujours.

Ainsi, Robert Hallock est récemment intervenu pour indiquer qu'il comprenait les remarques à propos des changements presque incessants de support processeur chez Intel. Dans la foulée, il avait pris la parole pour annoncer la décision de faire durer la plateforme Raptor Lake et l'hybride DDR4/DDR5, et ce, du fait de la conjoncture actuelle.

Avant d'avoir été monsieur communication chez Intel, Robert Hallock l'a été chez... AMD ! ©Intel

À l'occasion d'une rencontre avec le média allemand PC Games Hardware, Robert Hallock est cette fois revenu sur l'écart de performances observé – en jeu particulièrement – entre les puces de dernière génération d'Intel et d'AMD avec un net avantage pour ce dernier.

Un entretien au cours duquel Robert Hallock avait déjà évoqué la possibilité d'étendre le champ de l'overclocking à toute la gamme de processeurs Intel et non plus seulement aux processeurs estampillés « K ».

L'optimisation P-cores/E-cores en jeu

Robert Hallock est aussi revenu sur les questions d'optimisation : « Je crois sincèrement, et cela pourrait me causer des ennuis, mais je crois vraiment que le marché du jeu PC en général, et surtout les passionnés, les vrais mordus de PC, sous-estiment considérablement l'importance des logiciels dans l'expérience PC. Vraiment, vraiment sérieusement. »

Souvent opposée à la simplicité des consoles, la complexité des PC est mise en avant par Robert Hallock pour qui la diversité des processeurs, des cartes graphiques et des cartes mères peut conduire à des résultats inférieurs aux performances théoriques : « Il n'existe aucun jeu au monde dont la vitesse soit uniquement due aux performances du matériel. Cela n'existe plus. C'était le cas en 2010 et 2015, mais le jeu vidéo ne fonctionne plus ainsi. »

Introduit avec Alder Lake, Thread Director est la clé de la répartition des tâches entre les cœurs. ©Intel

Une assertion qui n'est pas lancée pour rien. Robert Hallock en profite pour tacler la demande de matériels toujours plus performants par la communauté des joueurs : « Et en matière de performances, oui, vous pouvez améliorer la vitesse du jeu avec un matériel plus performant, mais il y aura toujours une perte de 10, 20, voire 30 % due au fait que le jeu n'a tout simplement pas été optimisé pour votre processeur. »

Robert Hallock répond ici en quelque sorte aux critiques quant à l'architecture hybride d'Intel. Certains n'hésitent effectivement pas à désactiver les cœurs efficaces (E-cores) de leur puce pour gagner en performances. Or, pour Robert Hallock, cela ne devrait pas être le cas.

Une question de cache ?

L'impact négatif des E-cores sur les performances en jeu est réfuté par Intel et Robert Hallock va plus loin : « Leurs [P-cores et E-cores] performances sont pratiquement identiques… la différence est d’environ 1 %. »

C'est ici que l'optimisation entre en jeu. Robert Hallock explique avoir déjà été interpellé : « Ce que les joueurs m'ont littéralement demandé, c'est : "Laissez tomber les logiciels. Concevez du matériel plus performant." En réalité, ils me demandent : "Acceptez de perdre 20 % de performances." Franchement, ce n'est pas le genre d'entreprise que je veux gérer. »

Vue d'artiste de comment le cache bLLC pour être intégré aux puces Nova Lake.

En d'autres termes, Intel refuse de se reposer sur les seuls cœurs performants (P-cores) : ses E-cores seraient largement au niveau et le problème serait lié à un défaut d'optimisation. Intel a déjà plusieurs fois mis en avant l'importance de sa technologie Thread Director pour gérer au mieux la répartition des tâches entre les différents cœurs, mais Robert Hallock semble vouloir aller plus loin.

L'avenir nous dira si oui ou non l'optimisation logicielle est la cause des soucis d'Intel sur le jeu vidéo. Reste que chez AMD aussi, il y a des processeurs plus doués que d'autres pour le jeu : là, il n'est pas question d'architecture hybride, toutes les puces Ryzen 9000 disposant d'un seul type de cœurs. En revanche, le cache supplémentaire X3D bouleverse pas mal les choses.

Avec la future génération Nova Lake et son cache bLLC, Intel devrait avoir une réponse. Une réponse qui arrivera en début d'année prochaine et, sans nier l'importance des optimisations logicielles, nous verrons à quel point la stratégie appliquée par AMD jusque-là était la bonne.

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